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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2200996

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2200996

mercredi 7 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2200996
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantLEROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 14 février 2022, 7 juillet 2022 et 1er septembre 2022, M. G C, Mme D J et M. A L, représentés par Me Schneider, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Saverne a accordé à la SARL MUC Habitat un permis de construire portant sur la construction de deux bâtiments de quatorze et quatre logements, pour une surface plancher de 1 021,46 mètres carrés, sur un terrain situé rue du Maréchal Foch à Saverne ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Saverne a accordé, au bénéfice de la SCCV Les Terrasses de Gaïa, le transfert du permis du 15 décembre 2021 ;

3°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Saverne a délivré un permis de construire modificatif pour le même projet ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Saverne le versement d'une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- l'arrêté du 15 décembre 2021 est entaché d'incompétence ;

- le projet entraînera un préjudice de vue ;

- il méconnaît l'article 3 UC du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne ;

- il méconnaît l'article 7 UC du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne et l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article 9 UC du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne ;

- il méconnaît l'article 11 UC du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne ;

- il méconnaît l'article 13 UC du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne ;

- il a été pris en méconnaissance des prescriptions figurant dans l'avis rendu par la collectivité européenne d'Alsace le 6 décembre 2021 ;

- la commune de Saverne ne pouvait accorder un permis modificatif à la société Les Terrasses de Gaïa dès lors que la demande de modification de permis lui a été adressée par la société Muc Habitat.

- le permis de construire modificatif remet en cause la conception générale du projet ;

- le permis de construire modificatif comporte des incohérences quant aux parcelles sur lesquelles le projet doit s'implanter.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 juin 2022 et 4 août 2022, la commune de Saverne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2022, la SARL Muc Habitat et la SCCV Les Terrasses de Gaïa, représentées par Me Leroy, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soient solidairement versée à chacune d'entre elles par les requérants.

Elles font valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme M I,

- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,

- les observations de Me Schneider, avocat de M. G C, Mme D J et M. A L,

- les observations de M. K, directeur général des sociétés MUC Habitat et Les Terrasses de Gaïa.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande déposée le 4 octobre 2021, la société MUC Habitat a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la construction de deux bâtiments de respectivement quatorze et quatre logements, pour une surface plancher de 1 021,46 mètres carrés, sur un terrain situé rue du Maréchal Foch, à Saverne. Par un arrêté du 15 décembre 2021, le maire de Saverne a accordé le permis de construire sollicité. Par un arrêté du 18 janvier 2022, la commune de Saverne a accordé, au bénéfice de la SCCV Les Terrasses de Gaïa, le transfert du permis délivré le 15 décembre 2021. Par un arrêté du 20 juillet 2022, le maire de la commune de Saverne a délivré un permis de construire modificatif pour le même projet. Par le présent recours, M. C et autres demandent au tribunal d'annuler ces trois arrêtés.

Sur la légalité de l'arrêté du 20 juillet 2022 :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ;/ c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ". En vertu du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du même code, la demande de permis de construire comporte " l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ".

3. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte de ce qui précède que les tiers ne sauraient utilement invoquer, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, la circonstance que l'administration n'en aurait pas vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif.

4. Les requérants, qui soutiennent que la demande de permis modificatif a été déposée par la société Muc Habitat et que le pétitionnaire ne possède pas la parcelle cadastrée section 30 n° 122, ajoutée au projet en litige par le permis de construire modificatif, doivent être regardés comme ayant entendu se prévaloir de la méconnaissance des dispositions citées au point 2 du présent jugement.

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 18 janvier 2022, le maire de la commune de Saverne a accordé, au bénéfice de la SCCV Les Terrasses de Gaïa, le transfert du permis de construire accordé par l'arrêté du 15 décembre 2021. Si la demande de permis de construire modificatif a, dans un premier temps, été adressée à la commune par la société Muc Habitat, détentrice initiale de l'autorisation d'urbanisme, il ressort néanmoins des pièces du dossier qu'à la suite d'une demande de régularisation adressée par la commune de Saverne, le 10 juin 2022, la SCCV Les Terrasses de Gaïa a fourni le formulaire cerfa par lequel elle entendait obtenir la modification du permis de construire qui lui a été transféré le 18 janvier 2022. Ce même formulaire précisait que le représentant légal de la SCCV Les Terrasses de Gaïa avait qualité pour déposer la demande de permis modificatif. D'autre part, si les requérants versent au dossier un extrait du livre foncier faisant état de ce que la parcelle cadastrée section 30 n° 122, d'une surface totale de 1 954 mètres carrés, appartient à M. B H, cette seule circonstance ne saurait suffire à établir que l'adjonction de cette parcelle au projet en litige, à hauteur d'une superficie de 900 mètres carrés, revêtirait un caractère artificiel ou frauduleux, et ce alors qu'il ne ressort d'aucun élément du dossier que la commune disposait, au moment où elle a statué, d'informations de nature à lui permettre d'établir l'existence d'une fraude ou faisant apparaître que le pétitionnaire ne disposait d'aucun droit à déposer une demande englobant la parcelle en litige.

6. Par suite, le moyen tiré de ce que la demande de permis modificatif a été introduite par un pétitionnaire qui n'avait pas qualité pour ce faire doit être écarté.

7. En deuxième lieu, l'autorité compétente, saisie d'une demande en ce sens, peut délivrer au titulaire d'un permis de construire en cours de validité un permis modificatif, tant que la construction que ce permis autorise n'est pas achevée, dès lors que les modifications envisagées n'apportent pas à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

8. S'il procède à l'adjonction d'une parcelle supplémentaire d'une superficie de 900 mètres carrés, portant ainsi à 2 089 mètres carrés la superficie totale du projet, et réduit la longueur du bâtiment afin que celui-ci n'excède pas 30 mètres de longueur, le permis de construire modificatif ne se traduit pas par des modifications conduisant à un bouleversement tel du projet que sa nature même s'en trouverait changée. Par suite, le moyen soulevé en ce sens par les requérants doit être écarté.

Sur la légalité de l'arrêté du 15 décembre 2021 :

9. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées à la suite de la modification de son projet par le pétitionnaire et en l'absence de toute intervention du juge ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. Dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale avant cette date, le maire est compétent, au nom de la commune, après délibération du conseil municipal. En l'absence de décision du conseil municipal, le maire est compétent, au nom de la commune, à compter du 1er janvier 2017. Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ; () / Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir ainsi que les déclarations préalables sur lesquelles il n'a pas été statué à la date du transfert de compétence restent soumises aux règles d'instruction et de compétence applicables à la date de leur dépôt. ". Selon l'article L. 422-3 du même code : " Lorsqu'une commune fait partie d'un établissement public de coopération intercommunale, elle peut, en accord avec cet établissement, lui déléguer la compétence prévue au a de l'article L. 422-1 qui est alors exercée par le président de l'établissement public au nom de l'établissement. / La délégation de compétence doit être confirmée dans les mêmes formes après chaque renouvellement du conseil municipal ou après l'élection d'un nouveau président de l'établissement public. / Le maire adresse au président de l'établissement public son avis sur chaque demande de permis et sur chaque déclaration préalable. ".

11. Si la commune de Saverne faite partie de la communauté de communes du Pays de Saverne, il ressort des statuts de cet établissement public que celui-ci n'est pas compétent pour la délivrance des autorisations d'urbanisme. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions précitées.

12. En deuxième lieu, par un arrêté du 27 mai 2020 régulièrement publié, le maire de Saverne a habilité Mme E F, adjointe, à signer les décisions en matière d'urbanisme et notamment celles relatives aux demandes de permis de construire. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'incompétence doit être écarté.

13. En troisième lieu, la circonstance, à la supposer avérée, que le projet en litige masquerait la vue sur le massif du Haut-Barr et entraînerait un préjudice de vue est sans incidence sur la légalité de l'acte attaqué. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.

14. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne : " Accès / Pour être constructible, un terrain doit bénéficier d'un accès à une voie publique ou privée. / Le nombre des accès sur les voies publiques peut être limité dans l'intérêt de la sécurité. En particulier, lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, les constructions peuvent n'être autorisées que sous réserve que l'accès soit établi sur la voie où la gêne pour la circulation sera la moindre. / Voirie / Les voies publiques ou privées à créer, doivent avoir les caractéristiques énoncées ci-dessous : / - largeur de la plate-forme : 8 mètres minimum, / - celle-ci peut être ramenée à 6 mètres lorsqu'un traitement sous forme de chaussée mixte est mis en œuvre, / Les voies nouvelles en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale pour permettre aux véhicules (privés et des services publics) de faire aisément demi-tour. ".

15. Les requérants soutiennent que le projet méconnaît les dispositions précitées en ce qu'il prévoit la création de sept sorties de stationnement sur une route départementale alors que seulement dix-huit logements seront créés. Toutefois, contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, la collectivité européenne d'Alsace, dans l'avis rendu le 6 décembre 2021, a uniquement précisé qu'il convenait de préserver la visibilité au droit d'accès du projet et de veiller à ce que celui-ci ne favorise pas les arrêts et manœuvres de véhicules sur la voie publique. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la création de sept voies d'accès, dont quatre pour les voitures, présenterait, eu égard à la configuration des lieux, une dangerosité particulière et ne permettrait pas de satisfaire aux prescriptions de la collectivité européenne d'Alsace. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 3 UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme doit être écarté.

16. En cinquième lieu, aux termes de l'article 7 UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives / Dans toute la zone à l'exception du secteur UCn / Implantation par rapport aux limites séparatives latérales / Dans une profondeur de 25 mètres par rapport à l'alignement, à moins que la construction ne jouxte la limite séparative, la distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point de la limite séparative latérale qui en est le plus rapprochée doit être au moins égale à 3 mètres. () / Implantation par rapport aux limites séparatives de fond de parcelles / Les constructions respecteront un recul minimal de 5 mètres. (). ".

17. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation de garages souterrains. Ces derniers, dont il n'est pas contesté qu'ils ne dépasseront pas le niveau du sol, ne sont dès lors pas soumis à la règle de recul définie par les dispositions précitées. D'autre part, il ressort du plan de masse joint au dossier de demande de permis de construire que la distance entre la façade du bâtiment, le garde corps et la limite séparative nord-ouest est au minimum de 3 mètres. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions précitées de l'article 7UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne.

18. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " () les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ". Au regard du plan local d'urbanisme applicable sur le territoire de la commune de Saverne, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.

19. En septième lieu, aux termes de l'article 9 UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne : " Emprise au sol / L'emprise au sol des constructions représentera au maximum 50 % de l'emprise foncière. (). ".

20. En l'absence de prescriptions particulières dans le règlement du document local d'urbanisme précisant la portée de cette notion, la notion d'emprise au sol s'entend, en principe, comme la projection verticale du volume tous débords et surplombs inclus ainsi que le prévoit l'article R. 420-1 du code de l'urbanisme. Les requérants ne sauraient ainsi utilement se prévaloir de ce qu'il n'a pas été tenu compte des garages souterrains pour déterminer l'emprise au sol du projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

21. En huitième lieu, aux termes de l'article 11 UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne : " Aspect extérieur des constructions / L'autorisation de construire peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrage à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, ainsi qu'aux paysages naturels ou urbains. / Architecture / A l'exception des constructions publiques ou d'intérêt général, la longueur maximale des constructions est limitée à 30 mètres. (). ". Par ailleurs, aux termes de l'article 13 UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne : " Espaces libres et plantations / 30 % au moins de l'emprise foncière doit être maintenue non imperméabilisée. ".

22. Les requérants ne peuvent utilement se prévaloir ni de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 11 UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la commune de Saverne ni de celles de l'article 13 UC de ce même règlement dès lors qu'il n'est pas contesté que le permis de construire modificatif délivré le 20 juillet 2022 a régularisé les vices entachant l'arrêté de permis initial et relatifs à la longueur du projet et à la superficie de son emprise foncière non imperméabilisée.

23. En dernier lieu, les requérants soutiennent que, du fait de la présence d'un emplacement dédié aux poubelles et aux vélos, la sortie du parking souterrain présente des risques en termes de visibilité et ne satisfait ainsi pas aux préconisations posées par la collectivité européenne d'Alsace dans son avis du 6 décembre 2021. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas du plan de masse, que la présence d'un emplacement dédié aux poubelles et aux vélos le long de la sortie du parking souterrain présente un risque particulier et serait notamment susceptible de contraindre les véhicules à effectuer des manœuvres dangereuses sur la voie publique. Par suite, le moyen soulevé et tiré de l'absence de prise en compte des préconisations de la collectivité européenne d'Alsace doit être écarté.

24. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés des 15 décembre 2021, 18 janvier 2022 et 20 juillet 2022 présentées par M. C et autres doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Saverne qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. C et autres demandent au titre des frais liés au litige.

26. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de M. C et autres le paiement à la SCCV Les Terrasse de Gaïa de la somme globale de 1 500 euros.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. C et autres est rejetée.

Article 2 : M. C et autres verseront à la SCCV Les Terrasses de Gaïa une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G C, à Mme D J, à M. A L, à la SCCV Les Terrasses de Gaïa, à la société MUC Habitat et à la commune de Saverne.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Iggert, président,

Mme Kalt, première conseillère,

Mme Eymaron, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2022.

La rapporteure,

A.-L. I

Le président,

J. IGGERT

La greffière,

J. BROSÉ

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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