mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2201033 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARLPARME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 février 2022, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette a mis à sa charge la somme de 200 euros toutes taxes comprises au titre des frais d'enlèvement d'un dépôt irrégulier de déchets ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme mise à sa charge ;
3°) de condamner la commune à lui payer la somme de 50 euros en réparation du préjudice subi et au titre des frais qu'elle a exposés dans la présente instance.
Elle soutient que la facture d'un montant de 200 euros mise à sa charge est injustifiée dès lors, d'une part, qu'aucune information n'avait été donnée au préalable sur le changement intervenu dans les consignes de tri et, d'autre part, que, si elle admet avoir commis une erreur de tri isolée, elle ne peut pas être tenue responsable du dépôt de l'ensemble des déchets en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2023, la communauté de communes du Pays Haut Val d'Alzette, représentée par Me Noel, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute de liaison du contentieux en l'absence de demande indemnitaire préalable ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva,
- les conclusions de M. Therre, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B réside dans la commune d'Aumetz en Moselle, qui fait partie de la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette. Elle doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision par laquelle la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette a mis à sa charge la somme de 200 euros au titre de frais d'enlèvement de déchets encombrant la voie publique.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées ; () ". Aux termes de l'article 5.6 du règlement de collecte des déchets ménagers et assimilés, adopté le 2 juillet 2019 par délibération du conseil communautaire de la communauté de commune Pays Haut Val d'Alzette (CCPHVA) : " La CCPHVA se réserve le droit d'inspecter à tout moment le nombre et le contenu des bacs présentés à la collecte et de faire procéder à une caractérisation (vérification du conteneur et de la nature des déchets) le cas échéant. () sera considéré comme non-conformité () / - Déchets déposés au pied d'un bac : Ces non-conformités sont considérées comme des dépôts irréguliers s'ils sont situés sur le circuit de collecte des déchets ménagers. Ces dépôts nécessitent une évacuation pour libérer le domaine public, pour des raisons de circulation ou de salubrité. La CCPHVA fait appel à la Police municipale ou à la BIV ou à un agent assermenté afin de dresser un constat suivi d'une facturation des frais d'enlèvement au contrevenant conformément à la décision de l'assemblée délibérante qui fixe ce coût forfaitaire d'évacuation des déchets à 200 euros pour un dépôt de 1m3 maxi. Au-delà de 1m3, il sera rajouté 100€ par m3 supplémentaire. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que des agents assermentés mandatés par la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette ont constaté, le 11 janvier 2022, que des déchets avaient été déposés devant le point d'apport volontaire sis rue Paul Verlaine à Aumetz (57710) dans des conditions non conformes au règlement de collecte des déchets ménagers. Le rapport d'enlèvement dressé à cette occasion indique qu'ont été trouvés parmi ces déchets des documents sur lesquels figuraient les nom, prénom et coordonnés postales de la requérante. Les agents ont procédé à l'enlèvement de ces déchets et une facture a été émise par la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette pour mettre à la charge de Mme B le coût de cette opération. Si Mme B soutient qu'elle ignorait que de nouvelles consignes de tri prohibaient le dépôt en vrac de cartons qui doivent désormais être emballés dans un sac de tri et concède avoir ainsi commis une erreur de tri concernant deux ou trois cartons déposés dans le point d'apport volontaire, elle conteste avoir déposé ces cartons au pied du bac et être à l'origine du dépôt irrégulier des autres déchets ayant nécessité un enlèvement par les autorités compétentes. Elle produit des attestations de voisins confirmant que les déchets ne respectant pas les consignes de tri sont systématiquement laissés en dehors du point de collecte volontaire par les agents en charge du ramassage des ordures. En l'absence d'éléments contraires produits par l'administration, le seul constat du nom figurant sur l'un des cartons en litige ne suffit pas à établir que le dépôt irrégulier de déchets serait imputable à Mme B. La requérante est fondée à demander l'annulation de la décision mettant à sa charge les frais forfaitaires d'enlèvement de ces déchets, et par voie de conséquence, de voir prononcer la décharge de la somme ainsi mise à sa charge.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif.
5. Il ne résulte pas de l'instruction, en particulier du recours gracieux
formé par lettre du 17 janvier 2022, que Mme B aurait présenté au président de la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette une demande tendant à l'indemnisation du préjudice qu'elle estime avoir subi. Par suite, en l'absence de décision de rejet préalable de l'administration de nature à lier le contentieux, y compris en cours d'instance, les conclusions indemnitaires de Mme B sont irrecevables, ainsi que la communauté de communes le fait également valoir en défense, et doivent, dès lors et en tout état de cause, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette sur le fondement de ces dispositions. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette la somme de 50 euros que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette a mis à la charge de Mme B la somme de 200 euros au titre des frais d'enlèvement d'un dépôt irrégulier de déchets est annulée.
Article 2 : Mme B est déchargée de l'obligation de payer la somme de 200 euros mise à sa charge par la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette.
Article 3 : La communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette versera à Mme B la somme de 50 (cinquante) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
M. Boutot, premier conseiller,
Mme Jordan-Selva, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
S. Jordan-Selva
Le président,
S. Dhers
La greffière,
N. Adjacent
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026