mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2201528 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP ORIENS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 mars 2022 et le 17 août 2022, Mme B A, représentée par Me Benoit, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le garde des Sceaux, ministre de la justice, a rejeté sa demande tendant à bénéficier d'une nouvelle bonification indiciaire avec effet rétroactif au 1er octobre 2005 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder au réexamen de sa demande, de lui accorder le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire avec effet rétroactif au 1er octobre 2005 et de lui verser la somme due en conséquence assortie des intérêts de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle remplit les conditions posées par le décret du 14 novembre 2001 pour bénéficier de la nouvelle bonification indiciaire, avec effet rétroactif depuis le 1er octobre 2005 ; d'une part, le service territorial de milieu ouvert, auparavant dénommé centre d'action éducative, dans lequel elle exerce ses fonctions est situé en zone urbaine sensible et d'autre part, elle intervient dans le ressort du contrat local de sécurité de la ville de Metz ;
- l'administration ne peut pas refuser de lui allouer cette bonification au motif que les crédits disponibles seraient épuisés car elle porterait ainsi atteinte au principe d'égalité entre les fonctionnaires exerçant des fonctions identiques.
La procédure a été communiquée au garde des Sceaux, ministre de la justice, qui n'a pas présenté d'observations en défense.
Par ordonnance du 30 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 1er septembre 2022.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision implicite née du silence gardé sur la demande réceptionnée par l'administration le 18 novembre 2021, en tant qu'elle concerne la période antérieure au 1er janvier 2021, dès lors que cette décision implicite de rejet est purement confirmative de la décision rejetant implicitement la précédente demande présentée par Mme A le 16 janvier 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure,
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983,
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991,
- le décret n° 2001-1061 du 14 novembre 2001,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva,
- et les conclusions de Mme Lecard, rapporteure publique.
Les parties, régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, éducatrice de la protection judiciaire de la jeunesse, est affectée depuis le 1er octobre 2005 au sein du service territorial de milieu ouvert (STEMO) de la protection judiciaire de la jeunesse de Metz. Par courrier du 17 novembre 2021, réceptionné par l'administration le 18 novembre 2021, elle a sollicité l'attribution de la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er octobre 2005. Mme A demande au tribunal d'annulation la décision implicite de rejet né du silence gardé par le garde des sceaux, ministre de la justice sur sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions à fin d'annulation, en tant qu'elle concerne le refus d'attribution de la nouvelle bonification indiciaire pour la période antérieure au 1er janvier 2021 :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme A avait adressé une demande datée du 16 janvier 2020 et transmise par voie hiérarchique le 3 février 2020, tendant à l'attribution de la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er septembre 2004. Une décision implicite de rejet est née le 3 avril 2020 du silence gardé par l'administration sur cette demande pendant un délai de deux mois. Cette décision est devenue définitive. Par un second courrier réceptionné le 18 novembre 2021 par l'administration, la requérante a réitéré sa demande d'attribution de la NBI à compter du 1er septembre 2005. La décision implicite née du silence gardé par l'administration sur cette nouvelle demande est purement confirmative de la précédente décision née le 3 avril 2020, en tant qu'elle concerne les services accomplis au cours des années antérieures à 2020. Par suite, Mme A n'est pas recevable à demander l'annulation de la décision en litige, en tant qu'elle concerne la période antérieure au 1er janvier 2021.
En ce qui concerne le surplus des conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991 : " I. - La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret. / II. - Elle est prise en compte pour le calcul de la pension de retraite dans les conditions fixées ci-après, et elle est soumise à une cotisation pour la vieillesse. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 14 novembre 2001 : " Une nouvelle bonification indiciaire au titre de la mise en œuvre de la politique de la ville, prise en compte et soumise à cotisation pour le calcul de la pension de retraite, peut être versée mensuellement, dans la limite des crédits disponibles, aux fonctionnaires titulaires du ministère de la justice exerçant, dans le cadre de la politique de la ville, une des fonctions figurant en annexe au présent décret. "
4. En premier lieu, aux termes du 3e de l'annexe du décret précité du 14 novembre 2001, les fonctionnaires de catégories A, B ou C de la protection judiciaire de la jeunesse peuvent prétendre au bénéfice de la bonification indiciaire si, dans l'exercice de leurs fonctions, ils interviennent dans le ressort territorial d'un contrat local de sécurité.
5. Mme A soutient qu'elle intervient dans le ressort territorial du contrat local de sécurité de Metz, lequel couvrirait l'ensemble de la ville, et en particulier les quartiers de Borny et de Woippy. Toutefois, en se bornant à produire des documents attestant de l'existence d'un contrat de ville approuvé par le conseil municipal de la ville de Metz pour la période de 2015 à 2020, Mme A n'établit pas que les quartiers dans lesquels elle intervient se situent dans le ressort d'un contrat local de sécurité.
6. En deuxième lieu, aux termes du 2e de l'annexe du décret précité du 14 novembre 2001, les fonctionnaires de catégories A, B ou C de la protection judiciaire de la jeunesse peuvent prétendre au bénéfice de la bonification indiciaire s'ils exercent leurs fonctions dans un centre d'action éducative situé en zone urbaine sensible ou, depuis le 1er janvier 2015 dans un quartier prioritaire de la politique de la ville. Si les différents unités territoriales de milieu ouvert (UEMO) rattachés à un STEMO peuvent être assimilés à des centres d'action éducative, la condition pour prétendre au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire, prévue par l'annexe du décret du 14 novembre 2001, tenant à l'exercice des fonctions d'éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse en centre d'action éducative situé, jusqu'au 1er janvier 2015, en zone urbaine sensible, et, après cette date, en quartier prioritaire de la politique de la ville, est d'application stricte. Si le lieu d'affectation de Mme A, qui depuis le mois de juin 2020 est situé au 4 avenue Sébastopol, est localisé à proximité immédiate du quartier prioritaire de Borny, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il est inclus dans le périmètre d'un quartier prioritaire de la politique de la ville, au sens et pour l'application du 2° de l'annexe du décret du 14 novembre 2001. La requérante n'est par suite par fondée à soutenir qu'elle remplissait à compter du mois de juin 2020, les conditions posées par cette annexe pour bénéficier de la nouvelle bonification indiciaire.
7. En troisième et dernier lieu, si la requérante soutient que la décision attaquée méconnaît le principe d'égalité entre agents publics au regard de la situation de ses collègues qui bénéficient de la nouvelle bonification indiciaire, elle ne démontre pas que ceux-ci seraient placés dans les mêmes conditions d'exercice de leurs fonctions. Ainsi, Mme A ne saurait utilement s'en prévaloir afin de prétendre au bénéfice de la NBI dès lors qu'elle n'en remplit pas elle-même les conditions d'attribution.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, celles tendant au versement d'intérêts et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au garde des Sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
La rapporteure
S. JORDAN-SELVA
La présidente,
A. DULMET
Le greffier,
P. SOUHAIT
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026