vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2201536 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABAILLOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mars 2022 et 26 septembre 2024, la SCCV Le Vallon de Saint-Julien, représentée par Me Lombard, demande au tribunal :
1) avant dire-droit, d'ordonner une expertise ;
2) d'annuler l'arrêté du 13 août 2021 par lequel le préfet de la Moselle a refusé de délivrer une autorisation de défrichement d'une surface de 0,8326 ha, ainsi que la décision implicite de rejet de recours gracieux ;
3) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer l'autorisation de défrichement sollicitée dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ;
4) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- l'arrêté du 13 août 2021 est entaché d'un vice d'incompétence ;
- le préfet a méconnu l'article R. 341-5 du code forestier dès lors qu'elle n'a pas reçu notification du procès-verbal du 28 juin 2021 ;
- elle bénéficie d'une décision implicite d'autorisation en application de l'article R. 341-4 du code forestier ;
- le préfet de la Moselle s'est fondé sur des craintes sans démontrer l'existence d'un danger ou d'un risque, alors que les études qu'elle a produites ont démontré l'absence de risque ;
- le préfet aurait pu délivrer une autorisation sous conditions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code forestier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Laurent Boutot,
- les conclusions de M. Alexandre Therre, rapporteur public,
- les observations de Me Lombard, avocate de la SCCV Le Vallon de Saint-Julien.
Considérant ce qui suit :
1. En vue de la construction de trois bâtiments collectifs d'habitation à Saint-Julien-lès-Metz, la société civile de construction vente (SCCV) Le Vallon de saint-Julien a déposé, le 11 août 2020, une demande d'autorisation de défricher une surface de 0,8326 hectares portant sur des parcelles situées section 14, nos 83, 86 et 87 à Saint-Julien-lès-Metz. Par un arrêté du 13 août 2021, le préfet de la Moselle a rejeté sa demande. La SCCV Le Vallon de Saint-Julien demande d'annuler cet arrêté ainsi que la décision implicite du préfet de la Moselle rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 345-1 du code forestier, dont le préfet de la Moselle a fait application : " L'autorisation de défrichement peut être refusée lorsque la conservation des bois et forêts ou des massifs qu'ils complètent, ou le maintien de la destination forestière des sols, est reconnu nécessaire à une ou plusieurs des fonctions suivantes : / 1° Au maintien des terres sur les montagnes ou sur les pentes ; () 9° A la protection des personnes et des biens et de l'ensemble forestier dans le ressort duquel ils sont situés contre les risques naturels, notamment les incendies et les avalanches ". La société SCCV Le Vallon de Saint-Julien soutient que le préfet de la Moselle n'établit pas la réalité des risques allégués.
3. Il ressort des termes de la décision contestée que, pour refuser l'autorisation de défrichement sollicitée, le préfet de la Moselle s'est fondé sur les circonstances que les parcelles d'assiette du projet immobilier de la SCCV Le Vallon de Saint-Julien présentaient un dénivelé " assez marqué ", ainsi qu'une forte sensibilité aux glissements de terrain compte tenu de la nature argileuse du sol et d'un précédent glissement de terrain " à moins de 200 mètres du projet ". Le préfet de la Moselle a également pris en compte l'expertise du bureau de recherches géologiques et minières (ci-après : BRGM) qui a jugé insuffisantes les études géotechniques de la société requérante.
4. En l'espèce, d'une part, les motifs tirés d'un dénivelé " assez marqué " et d'une forte sensibilité aux glissements de terrain en raison de la nature du sol demeurent généraux et peu circonstanciés, alors même qu'il est constant que le projet se situe dans une zone constructible où l'aléa de sismicité est très faible et où le phénomène de retrait-gonflement des argiles a le caractère d'un aléa faible à moyen sans que le règlement du plan de prévention des risques y interdise par principe la réalisation de constructions.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la SCCV Le Vallon de Saint-Julien avait présenté, au soutien de sa demande, une étude géotechnique du bureau Compétence géotechnique Grand Est comportant une étude complète de stabilité du site et concluant à l'absence de problèmes de stabilité lors de la réalisation des travaux. Par deux avis en date des 22 décembre 2020 et 14 juin 2021, le BRGM, dont le préfet de la Moselle a sollicité l'expertise, a reproché à ces études l'absence de sondages et d'essais pénétrométriques permettant de déterminer, notamment, la valeur de cohésion des sols et l'angle de frottement des terrains potentiellement concernés par les glissements de terrain. Le BRGM a également estimé que le périmètre de l'étude était limité à la seule emprise du chantier et que les données hydrogéologiques n'avaient pas été suffisamment prises en compte.
6. Toutefois, il appartient à l'autorité administrative qui refuse une autorisation de défrichement pour l'un ou plusieurs des motifs de l'article L. 345-1 du code forestier d'établir la légalité des motifs dont elle se prévaut et, en l'espèce et s'agissant du projet en litige, de la réalité du risque qu'elle invoque, sans pouvoir exiger du pétitionnaire qu'il démontre une absence de risque. Or, il résulte des termes des avis rendus par le BRGM que celui-ci a conclu que les études de la SCCV Le Vallon de Saint-Julien ne permettaient pas de " pouvoir juger des risques que pourrait entraîner le projet de construction ". Dans la décision contestée, le préfet de la Moselle, qui s'est approprié la teneur de ces avis, a estimé que les études de la société requérante " ne permettaient pas d'évaluer de façon satisfaisante les risques de mouvements de terrain ". Ce faisant, toutefois, le préfet a inversé la charge de la preuve. Par ailleurs, si le préfet rappelle l'existence d'un plan de prévention du risque et la survenance, à proximité, d'un glissement de terrain, il ne produit aucun élément suffisamment probant de nature à établir, comme il lui incombe, que la destination forestière du terrain d'assiette est nécessaire au maintien des terres ou à la protection des personnes et des biens contre les risques naturels. Par suite, la SCCV Le Vallon de Saint-Julien est fondée à soutenir qu'en lui refusant l'autorisation de défrichement sollicitée, le préfet a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 345-1 du code forestier.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête ni d'ordonner une expertise avant dire-droit, que la décision du 13 août 2021 doit être annulée, de même que la décision rejetant le recours gracieux de la SCCV Le Vallon de Saint-Julien.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard au moyen d'annulation retenu, et en l'absence de tout autre motif de nature à y faire obstacle, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Moselle de délivrer à la SCCV Le Vallon de Saint-Julien l'autorisation de défrichement en cause, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du préfet de la Moselle du 13 août 2021, ainsi que la décision rejetant le recours gracieux de la SCCV Le Vallon de Saint-Julien, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Moselle de délivrer à la SCCV Le Vallon de Saint-Julien une autorisation de défricher une surface de 0,8326 hectares sur les parcelles section 14 nos 83, 86 et 87 à Saint-Julien-lès-Metz, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV Le Vallon de Saint-Julien et au préfet de la Moselle.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
M. Boutot, premier conseiller,
Mme Jordan-Selva, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 décembre 2024.
Le rapporteur,
L. BoutotLe président,
M. Richard
La greffière,
P. Kieffer
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026