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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2201569

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2201569

jeudi 7 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2201569
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSARACENO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 7 mars 2022, 3 août 2022, 23 décembre 2022 et 22 mars 2023 sous le n° 2201569, M. H A, Mme F A, M. E D et Mme C D, représentés par Me Brunner, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 janvier 2022 par laquelle le maire de la commune d'Uffheim a refusé de procéder au retrait de l'arrêté du 16 décembre 2021 par lequel il n'a pas été fait opposition au projet de division foncière en deux lots à bâtir de la parcelle cadastrée section 2 n° 473, sur un terrain situé rue Suttergasse, à Uffheim ;

2°) de mettre à la charge solidaire de la commune d'Uffheim et de M. B le versement d'une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils satisfont aux exigences des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- ils justifient d'un intérêt à agir ;

- les dispositions de l'article UA 3.2 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 juin 2022, 7 septembre 2022 et 21 février 2023, M. G B, représenté par Me Saraceno, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- il n'est pas justifié de ce que les formalités exigées par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ont été accomplies ;

- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 juin 2022 et 24 novembre 2022, la commune d'Uffheim, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II. Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 1er avril 2022, 3 août 2022, 23 décembre 2022 et 22 mars 2022 sous le n° 2202256, M. H A, Mme F A, M. E D et Mme C D, représentés par Me Brunner, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2022 par lequel le maire de la commune d'Uffheim a délivré à M. B un permis de construire portant sur la construction d'une maison individuelle, sur un terrain situé Suttergasse à Uffheim ;

2°) de mettre à la charge solidaire de la commune d'Uffheim et de M. B le versement d'une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils satisfont aux exigences des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- ils justifient d'un intérêt à agir ;

- les dispositions de l'article UA 3.2 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 juin 2022 et 24 novembre 2022, la commune d'Uffheim, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 juin 2022, 7 septembre 2022 et 21 février 2023, M. G B, représenté par Me Saraceno, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- il n'est pas justifié de ce que les formalités exigées par les dispositions de l'article

R. 600-1 du code de l'urbanisme ont été accomplies ;

- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

III. Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 1er avril 2022, 3 août 2022, 23 décembre 2022 et 22 mars 2022 sous le n° 2202257, M. H A, Mme F A, M. E D et Mme C D, représentés par Me Brunner, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2022 par lequel le maire de la commune d'Uffheim a délivré à M. B un permis de construire portant sur la construction d'une maison individuelle, pour une surface de plancher de 200 mètres carrés, sur un terrain situé Suttergasse à Uffheim ;

2°) de mettre à la charge solidaire de la commune d'Uffheim et de M. B le versement d'une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils satisfont aux exigences des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- ils justifient d'un intérêt à agir ;

- les dispositions de l'article UA 3.2 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 mai 2022, 16 juin 2022 et 24 novembre 2022, la commune d'Uffheim, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 juin 2022, 7 septembre 2022 et 21 février 2023, M. G B, représenté par Me Saraceno, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- il n'est pas justifié de ce que les formalités exigées par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ont été accomplies ;

- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

IV. Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 1er avril 2022, 3 août 2022, 23 décembre 2022 et 22 mars 2023 sous le n° 2202258, M. H A, Mme F A, M. E D et Mme C D, représentés par Me Brunner, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2022 par lequel le maire de la commune de Sierentz a délivré à M. B un permis de construire portant sur la construction d'une piscine, sur un terrain situé au lieudit " Birgly ", à Sierentz ;

2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Sierentz et de M. B le versement d'une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils satisfont aux exigences des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- ils justifient d'un intérêt à agir ;

- les dispositions de l'article UA 3.2 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 juin 2022, 7 septembre 2022, 22 février 2023 et 30 mars 2023, M. G B, représenté par Me Saraceno, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- il n'est pas justifié de ce que les formalités exigées par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ont été accomplies ;

- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er juin 2022, 10 mars 2023 et 27 mars 2023, la commune de Sierentz conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,

- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,

- les observations de Me Vienne, avocat de la commune d'Uffheim,

- les observations de Me Saraceno, avocat de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a déposé un dossier de déclaration préalable portant sur la division foncière en deux lots d'un terrain situé rue Suttergasse à Uffheim, en vue d'y édifier des constructions. Par un arrêté du 16 décembre 2021, le maire de la commune d'Uffheim ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. Les requérants ont, par courrier du 28 décembre 2021, formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté qui a été rejeté par une décision du maire de la commune d'Uffheim du 6 janvier 2022. Par une demande déposée le 13 décembre 2021,

M. B a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant, d'une part, sur la construction d'une maison individuelle sur un terrain situé rue Suttergasse à Uffheim et, d'autre part, sur la construction d'une piscine, sur un terrain situé au lieu-dit " Birgly ", à Sierentz. Par un arrêté du 7 février 2022, pris respectivement par les maires de la commune d'Uffheim et de Sierentz, le permis de construire sollicité a été accordé pour chacun des deux projets. Enfin, le 13 décembre 2021, M. B a demandé à ce que lui soit délivré un permis de construire portant sur la construction d'une maison individuelle sur un terrain situé rue Suttergasse, à Uffheim. Par un arrêté du 22 février 2022, le maire de la commune d'Uffheim a fait droit à sa demande. Par les présentes requêtes, qui ont fait l'objet d'une instruction commune et qu'il convient de joindre pour y statuer par un même jugement, les requérants demandent au tribunal l'annulation de la décision du 6 janvier 2022 ainsi que des arrêtés des 7 février 2022 et 22 février 2022. La requête n° 2201569 doit également être regardée comme dirigée contre la décision initiale du 16 décembre 2021.

Sur la légalité des arrêtés des 16 décembre 2021, 7 février 2022 et 22 février 2022 :

2. Aux termes de l'article 3.2 UB du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Uffheim : " Accès aux voies ouvertes au public / Tout terrain enclavé est inconstructible à moins que son propriétaire n'obtienne un passage aménagé sur les fonds de ses voisins en application de l'article 682 du code civil dont le texte est reproduit en annexe au présent règlement. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3.2 UC du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sierentz : " Accès / Tout terrain enclavé est inconstructible à moins que son propriétaire n'obtienne un passage aménagé sur les fonds de ses voisins en application de l'article 682 du code civil. (). ".

3. Un permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si l'administration et le juge administratif doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne leur appartient pas de vérifier ni la validité de cette servitude ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique.

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'acte de vente conclu le 7 octobre 2021 au bénéfice de M. B, que ce dernier est propriétaire des parcelles cadastrées section 2 n° 681 et n° 682, situées sur le territoire de la commune d'Uffheim, ainsi que de la parcelle cadastrée section 18 n° 115, située sur le territoire de la commune de Sierentz. Cette dernière parcelle est, en outre, immédiatement contigüe aux parcelles cadastrées section 18

n° 115. Ce même acte de vente précise que M. B est propriétaire indivis de la parcelle cadastrée section 2 n° 391. Or, il ressort des pièces du dossier que cette parcelle, permettant d'accéder aux parcelles cadastrées section 2 n° 681 et n° 682 et à la parcelle cadastrée section 18 n° 115, bénéficie d'un accès à la voie publique. Alors que les autorisations d'urbanisme sont délivrées sous réserve des droits des tiers, la circonstance, à la supposer avérée, que la division en deux lots de la parcelle cadastrée section 2 n° 473 dont sont issues les parcelles cadastrées section 2 n° 681 et n° 682 ainsi que les projets de construction en litige auraient pour conséquence d'accroître le nombre de propriétaires indivis de cette servitude de passage et seraient ainsi contraires à son acte de constitution, est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées qui n'ont été délivrées qu'à l'aune du respect des règles d'urbanisme. Par suite, dès lors que les parcelles en litige disposent d'un accès à la voie publique par le biais de la parcelle cadastrée section 2 n° 391 et ne peuvent ainsi être regardées comme enclavées, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire de la commune d'Uffheim devait s'opposer à la déclaration préalable de division de la parcelle cadastrée section 2 n° 473 au motif que les dispositions précitées de l'article 3.2 UB du règlement du plan local d'urbanisme de la commune auraient été méconnues. Ils ne sont pas davantage fondés à soutenir que les arrêtés des 7 février 2022 et 22 février 2022 méconnaissent les dispositions des articles 3.2 UB du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Uffheim et 3.2 UC du règlement du plan local de la commune de Sierentz.

5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions à fin d'annulation des requérants doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge des communes d'Uffheim et de Sierentz ainsi que de

M. B qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, le versement de la somme que les requérants demandent au titre des frais liés au litige.

7. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge globale des requérants le paiement d'une somme de 500 euros, d'une part, à M. B, dans chacune des instances n° 2201569, n° 2202256, n° 2202257 et n° 2202258 et, d'autre part, à la commune d'Uffheim, dans chacune des instances n° 2201569, n° 2202256 et n° 2202257.

D E C I D E :

Article 1 : Les requêtes n° 2201569, n° 2202256, n° 2202257 et n° 2202258 sont rejetées.

Article 2 : M. A et autres verseront à M. B une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans chacune des instances n° 2201569,

n° 2202256, n° 2202257 et n° 2202258.

Article 3 : M. A et autres verseront à la commune d'Uffheim une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans chacune des instances n° 2201569, n° 2202256 et n° 2202257.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. H A, représentant les requérants pour l'application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à

M. G B, à la commune de Sierentz et à la commune d'Uffheim.

Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Richard, président,

M. Lusset, premier conseiller,

Mme Eymaron, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.

La rapporteure,

A.-L. EYMARON

Le président,

M. RICHARD

La greffière,

J. BROSÉ

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

2, 2202256, 2202257, 2202258

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