mercredi 20 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2201619 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GORGOL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 11 mars 2022, le 10 juillet 2023 et le 15 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Gorgol, avocat, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur interrégional de l'administration pénitentiaire a rejeté sa demande de paiement de la somme de 857,77 euros bruts correspondant à l'indemnisation des congés non pris ;
2°) d'enjoindre à l'État de lui payer la somme de 857,77 euros bruts ;
3°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens de l'instance et la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'indemnité pour congés non pris à laquelle il a droit doit correspondre à 10 % de la rémunération totale brute qu'il a perçue au cours de sa dernière année de service, soit une somme de 3 911,30 euros ; l'administration ne lui a versé qu'un montant de 2 562,60 euros et il est donc fondé à demander la somme complémentaire de 942,97 euros ;
- la décision attaquée est constitutive d'une rupture d'égalité de traitement entre agents.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2023, le Garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva,
- et les conclusions de Mme Lecard, rapporteure publique.
Les parties, régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A était surveillant pénitentiaire et exerçait ses fonctions à la maison d'arrêt de Sarreguemines. Il a été placé en congé de longue durée à compter du 22 mars 2018 jusqu'au 29 octobre 2019, date de son admission à la retraite. Du fait de son placement en congé de longue durée, M. A bénéficiait d'un solde de congés non pris de respectivement
vingt-deux et trente jours et demi pour les années 2018 et 2019. Par un jugement du 9 décembre 2021, le tribunal administratif à Strasbourg a rejeté la requête présentée par M. A contre la décision par laquelle l'administration n'a procédé à un report de ses droits à congés annuels que dans la seule limite de quarante jours. Ce jugement, non frappé d'appel, est devenu définitif. Au titre de l'indemnisation de ses jours de congés non pris, M. A a perçu la somme totale de 2 979,77 euros sur les paies de juillet et septembre 2020. Estimant que le montant de l'indemnité à laquelle il a droit s'élève à 3 420,37 euros, M. A demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires a refusé de réviser le montant de l'indemnité et de procéder au versement du complément sollicité. Dans le dernier état de ses écritures, il demande le paiement de la somme complémentaire de 857,77 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si M. A soutient que l'indemnité compensatrice de congés non pris doit être égale à 10 % de la rémunération totale brute que l'agent a perçue dans l'année où son contrat se termine, il n'invoque aucun texte législatif ou règlementaire permettant d'étayer ses dires. A supposer qu'il entende se prévaloir de l'article 10 du décret du 17 janvier 1986, qui prévoit que " () L'indemnité compensatrice de congés annuels est égale au 1/10 de la rémunération totale brute perçue par l'agent au cours de sa période d'emploi, entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année en cours. ", ces dispositions sont uniquement applicables aux agents contractuels de l'État et ne peuvent utilement être invoquées par le requérant, qui était fonctionnaire titulaire de l'État. Le requérant ne se prévaut d'aucun texte législatif ou règlementaire applicable aux agents titulaires de l'État en vertu duquel le montant de l'indemnité versée en compensation de congés non pris devrait être fixée en fonction de la rémunération perçue par l'agent au cours de l'année écoulée. Le moyen doit être écarté.
3. En second lieu, si M. A se prévaut de l'exemple d'un collègue anonyme pour soutenir que la décision attaquée constitue une rupture d'égalité entre agents, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant et cet agent seraient placés dans une situation identique. Le moyen tiré de la rupture d'égalité de traitement entre agents doit être écarté comme infondé.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par
M. A, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions qu'il présente aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, la somme que M. A demande sur le fondement de ces dispositions.
7. Enfin, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par le requérant sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des Sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 21 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2024.
La rapporteure,
S. JORDAN-SELVA
La présidente,
A. DULMET
Le greffier,
P. SOUHAIT
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026