vendredi 5 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2201669 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS ASSOCIÉS KARM ZAIGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2022, et un mémoire complémentaire
du 2 juin 2022, M. E B, représenté par la Selarl Dôme (Me Verdin), demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du 1er mars 2022 du conseil municipal de Mutterscholtz en tant qu'elle attribue à des exploitants autres que M. B des baux ruraux à clause environnementale et qu'elle autorise le maire à signer ceux-ci ainsi que tout autre document à intervenir ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Mutterscholtz de recommencer la procédure en vue d'attribuer la location des biens communaux en cause sur le fondement de l'article L. 114-15 du code rural et de la pêche maritime, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Muttersholtz le versement de la somme de 1 500 euros au titre des frais de l'instance ;
4°) de mettre à la charge de MM. Michael et Aurélien C le versement de la somme de 1 500 euros au titre des frais de l'instance.
M. B soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que chaque décision d'attribution à bail de parcelles à chaque bénéficiaire est un acte distinct ;
- il n'est pas justifié que les membres du conseil municipal aient été convoqués dans le délai prescrit à l'article L. 2541-2 du code général des collectivités territoriales ;
- le conseil municipal n'a pas procédé à l'examen des règles de priorité avant d'adopter la délibération en litige ;
- la décision en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 411-15 du code rural.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2022, la commune de Muttersholtz, représentée par Me Muller-Pistré, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 1 500 euros au titre des frais de l'instance.
La commune soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, elle est mal fondée.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mai 2022, MM. Michael et Aurélien C, représentés par Me Karm, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 1 500 euros au titre des frais de l'instance.
Ils soutiennent que :
- à titre principal, les conclusions en annulation de M. B sont irrecevables, en tant qu'elles portent sur l'annulation partielle d'un acte indivisible ;
- à titre subsidiaire, lesdites conclusions ne sont pas fondées, dès lors qu'il ne justifie pas de sa situation au regard de la réglementation relative au contrôle des structures agricoles.
Par ordonnance du 7 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 juin 2022.
Un mémoire complémentaire, présenté pour la commune de Muttersholz, a été enregistré le 21 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu l'ordonnance n° 2201670 du juge des référés du 5 avril 2022.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 juillet 2022 :
- le rapport de Mme Merri, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Dulmet, rapporteure publique,
- et les observations de :
* Me Verdin, représentant M. B,
* Me Karm, représentant MM. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, exploitant agricole à Mussig, s'est porté candidat en vue de l'attribution à bail de parcelles agricoles situées sur le territoire de la commune de Mutterscholtz. Par une délibération du 1er mars 2022, la commune de Mutterscholtz a attribué une parcelle à M. B et trois autres parcelles à d'autres candidats. M. B demande l'annulation de cette délibération, en tant qu'elle attribue des parcelles à d'autres candidats.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 411-15 du code rural et de la pêche maritime régissant l'établissement des baux ruraux : " Lorsque le bailleur est une personne morale de droit public, le bail peut être conclu soit à l'amiable, soit par voie d'adjudication. / () / Quel que soit le mode de conclusion du bail, une priorité est réservée aux exploitants qui réalisent une installation en bénéficiant de la dotation d'installation aux jeunes agriculteurs ou, à défaut, aux exploitants de la commune répondant aux conditions de capacité professionnelle et de superficie visées à l'article L. 331-2 du présent code, ainsi qu'à leurs groupements. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le propriétaire de terres agricoles destinées à être données à bail est une commune ou un établissement public communal, le conseil municipal ou la commission administrative, en présence de plusieurs demandes concurrentes d'attribution du bail, doit procéder à un choix en respectant les procédures et l'ordre de priorité qu'elles prévoient. L'exercice de ce pouvoir d'appréciation implique nécessairement que lesdits organes délibérants aient connaissance de l'ensemble des candidatures en présence et procèdent à leur examen. Dès lors, compte tenu du caractère global de l'appréciation ainsi portée sur les droits respectifs de chacun des candidats à l'attribution du bail, les dispositions d'une délibération désignant les personnes attributaires et répartissant les terrains donnés à bail présentent un caractère indivisible.
4. En l'espèce, il est constant que la délibération litigieuse, qui n'accorde à M. B qu'une des parcelles parmi les quatre dont il sollicitait l'attribution à bail, est ainsi composée de quatre décisions distinctes Par suite, la fin de non-recevoir tirée du caractère indivisible de cette délibération ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, M. B soutient qu'en sa qualité de jeune agriculteur, il était prioritaire au regard des dispositions de cet article. La commune de Mutterscholtz soutient que le caractère prioritaire de la demande de M. B ne saurait valoir droit à l'exclusivité de l'attribution des parcelles communales.
6. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a adressé à la commune de Mutterscholz des candidatures pour chacune des quatre parcelles mises à bail, en précisant sa qualité de jeune agriculteur bénéficiaire de la dotation jeune agriculteur (DJA) pour installation. Par suite, et alors qu'au surplus la commune ne justifie, en défense, ni de la régularité de la délibération contestée, ni de l'examen par le conseil municipal des candidatures dans l'ordre des priorités prescrit par les dispositions précitées, M. B est fondé à soutenir que la délibération contestée a méconnu le caractère prioritaire de ses demandes sur chacune des parcelles, et est ainsi entachée d'une erreur de droit.
7. En second lieu, si les consorts C sollicitent la substitution des motifs de la délibération en litige par les dispositions de l'article L. 331-6 du code rural relatives au contrôle des structures, et par celles des articles L. 331-6 et L. 2544-14 du code général des collectivités territoriales relatives aux exclusions d'accès aux baux communaux, une substitution de motifs ne peut être demandée au juge de l'excès de pouvoir que par l'administration auteure de la décision attaquée.
8. En tout état de cause, le défaut de qualité d'exploitant de la commune, et la régularité de la situation du requérant au regard de la réglementation relative au contrôle des structures, non justifiés, sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
9. Il y a lieu, dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, d'annuler la délibération du 1er mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement qui annule la délibération du 1er mars 2022 du conseil municipal de la commune de Mutterscholtz, implique seulement qu'il soit enjoint à la commune de procéder au réexamen des candidatures.
Sur les frais d'instance :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Mutterscholtz et de MM C, le versement d'une somme de 1 000 euros chacun, à payer à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante, le versement d'une somme à ce titre.
D E C I D E :
Article 1 : La délibération du 1er avril 2022 de la commune de Mutterscholtz est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Mutterscholtz de procéder au réexamen des candidatures relatives à la prise à bail rural des parcelles cadastrées section 42 n° 57, section 44 n° 16 et section 44 n° 103 et 104.
Article 3 : La commune de Muttersholtz versera à M. E B une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : MM. Aurélien et Michael C verseront à M. E B une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à MM. Aurélien et Michael C, à M. D A et à la commune de Mutterscholtz.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Boutot, premier conseiller,
Mme Merri, première conseillère,
Rendu public, par mise à disposition au greffe, le 5 août 2022.
La rapporteure,
D. MERRI
Le président,
F. SILVESTRE-TOUSSAINT-FORTESA
La greffière,
M.-C. SCHMIDT
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Marie-Claude SCHMIDT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026