jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2201703 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2022, la SAS PLP Investissement, représentée par la Selarl Cossalter, De Zolt et Couronne, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire d'un montant de 22 500 euros émis à son encontre le 25 juin 2021 par le président de la communauté de communes Haut chemin - Pays de Pange en vue du recouvrement de la participation au financement de l'assainissement collectif, ainsi que la décision du 7 janvier 2022 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes Haut chemin - Pays de Pange une somme de 2 000 euros au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre de perception est entaché d'incompétence ;
- il n'est pas signé ;
- il est insuffisamment motivé ;
- la participation au financement de l'assainissement collectif n'aurait dû porter que sur quatre logements et non cinq, et s'élever ainsi à un montant de 18 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, la communauté de communes Haut chemin - Pays de Pange conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive et, par suite, irrecevable ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu le mémoire enregistré le 20 mars 2024 pour la communauté de communes Haut chemin - Pays de Pange ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lusset, rapporteur,
- les conclusions de M. Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Bizzarri, avocat de la SAS PLP Investissement.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS PLP Investissement s'est vue délivrer le 17 janvier 2017 un permis de construire en vue de construire six logements dans une maison d'habitation à Servigny-les-Sainte-Barbe. Par un titre exécutoire émis le 25 juin 2021, le président de la communauté de communes Haut chemin - Pays de Pange l'a assujettie au paiement de la participation au financement de l'assainissement collectif pour un montant de 22 500 euros. Le 23 décembre 2021, la société a formé un recours gracieux auprès du Président de la communauté de communes, lequel a été rejeté le 7 janvier 2022. Par la présente requête, la SAS PLP Investissement demande au tribunal d'annuler le titre de perception du 25 juin 2021, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir tiré de la tardiveté de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes du 2° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, alors applicable : " L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois suivant la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite ". Il résulte de ces dernières dispositions, d'une part, que cette notification doit, s'agissant des voies de recours, mentionner, le cas échéant, l'existence d'un recours administratif préalable obligatoire ainsi que l'autorité devant laquelle il doit être porté ou, dans l'hypothèse d'un recours contentieux direct, indiquer si celui-ci doit être formé auprès de la juridiction administrative de droit commun ou devant une juridiction spécialisée et, dans ce dernier cas, préciser laquelle et, d'autre part, qu'une mention portée sur un titre exécutoire indiquant au débiteur d'une créance qu'il peut la contester devant le tribunal judiciaire ou le tribunal administratif compétent selon la nature de cette créance, suivie d'une liste d'exemples ne comportant pas celui de la créance en litige, ne peut faire courir les délais de recours.
3. Il ressort des pièces du dossier que le titre exécutoire émis le 25 juin 2021, s'il mentionne les délais de recours contentieux, indique seulement " vous pouvez contester la somme mentionnée en saisissant directement le tribunal judiciaire ou le tribunal administratif compétent selon la nature de la créance ", sans préciser quelle est la juridiction compétente. Si ce titre exécutoire cite des exemples de créances pour lesquelles est précisée la juridiction compétente, la participation pour le financement de l'assainissement collectif, en cause dans le présent litige, ne figurait pas dans cette liste. Cette notification ne saurait ainsi être regardée comme comportant l'indication des voies de recours requise par les dispositions précitées de l'article R. 421-5 du code de justice administrative, a n'a ainsi pas été de nature à faire courir le délai de recours contentieux. Par suite, la présente requête, enregistrée au greffe du tribunal le 11 mars 2022, soit dans un délai raisonnable, n'est pas tardive. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée en ce sens par la communauté de communes doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressé aux redevables () / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.
5. Si le titre exécutoire litigieux mentionne les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis, il ne comporte en revanche aucune signature, qu'elle soit manuscrite ou électronique contrairement à ce qui est soutenu par la communauté de communes Haut chemin - Pays de Pange dans ses écritures en défense. En outre, la collectivité ne produit aucun bordereau de titre de recettes comportant la signature de l'émetteur de ce titre. Dans ces conditions et alors qu'il incombe à la communauté de communes de mettre en œuvre une solution lui permettant de respecter les exigences rappelées au point 4, la SAS PLP Investissement est fondée à soutenir que le titre de perception est irrégulier en la forme.
6. En second lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". Il résulte de ces dispositions qu'un titre exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la dette, alors même qu'il est émis par une personne publique autre que l'Etat pour lequel cette obligation est expressément prévue par l'article 24 du décret du 7 novembre 2012. En application de ce principe, une collectivité publique ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge du débiteur.
7. Pour mettre à la charge de la SAS PLP Investissement la somme totale de 22 500 euros, la communauté de communes Haut chemin - Pays de Pange s'est bornée à indiquer, dans le titre de perception en litige, que la créance correspond à la participation au financement de l'assainissement collectif, sans produire, dans le titre lui-même ou un document annexé à celui-ci, le détail des sommes concernées servant de base à la liquidation. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un autre document précisant les bases de la liquidation et les éléments de calcul de la somme réclamée ait été communiqué à la société requérante avant l'émission de ce titre. Par suite, cette dernière est également fondée à soutenir qu'elle n'a pas été mise à même de discuter les bases de liquidation de sa dette.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête et sans préjudice de l'émission d'un nouveau titre respectant les exigences méconnues par le titre contesté dans cette instance, que la SAS PLP investissement est fondée à demander l'annulation du titre de recettes émis à son encontre le 25 juin 2021.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la communauté de communes Haut chemin - Pays de Pange le paiement de la somme de 1 500 euros à verser à la SAS PLP Investissement en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : Le titre exécutoire émis le 25 juin 2021 est annulé.
Article 2 : La communauté de communes Haut chemin - Pays de Pange versera la somme de 1 500 euros à la SAS PLP Investissement au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS PLP investissement et la communauté de communes Haut chemin - Pays de Pange.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
M. Lusset, premier conseiller,
Mme Malgras, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 avril 2024.
Le rapporteur,
A. LUSSET
Le président,
M. RICHARD
Le greffier,
J. FERNBACH
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026