mercredi 28 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2201806 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | SELAS OLSZAK & LEVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 18 mars 2022, le 13 février 2023 et le 2 mars 2023, M. A B, représenté par Me Mathieu, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Florange a rejeté sa demande du 30 novembre 2021 de mise en œuvre des pouvoirs visant la parcelle cadastrée section 7 n°485 rue Marie Curie ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Florange de prendre toutes mesures utiles pour assurer la commodité de passage sur la rue Marie Curie jusqu'à la parcelle 496, et à cette fin, de mettre en demeure les riverains ayant implanté des éléments immobiliers sur la voie publique de les démolir puis, si cette mesure n'est pas suivie d'effet, de faire dresser un procès-verbal de contravention de voirie afin de mettre l'autorité judiciaire en mesure d'en ordonner la démolition, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Florange une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée méconnaît les articles L. 2212-1 et L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'il appartient au maire dans le cadre de ses pouvoirs de police visant la protection du domaine public routier, de faire cesser un empiètement illégal qui empêche l'accès d'un riverain à la voie publique.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 février et le 3 mars 2023, présentés par la SELAS Olszak et Levy, la commune de Florange, représentée par son maire, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce que la contestation du refus du maire de prendre, à la demande d'un propriétaire riverain, des mesures permettant la conservation et l'entretien d'une dépendance du domaine privé de la commune relève de la compétence du juge judiciaire ;
- la requête est irrecevable en application l'article R. 421-1 du code de justice administrative dès lors que la requête n'a été précédée d'aucune demande préalable tendant à la mise en œuvre par le maire de ses pouvoirs de police ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 17 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 3 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gros,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- et les observations de Me Houver, substituant Me Mathieu et représentant M. B, et de Me Hamm, représentant la commune de Florange.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est propriétaire de la parcelle cadastrée section 7 n° 496 sur la commune de Florange au droit de laquelle se situe sa maison d'habitation. Par lettre notifiée le 30 novembre 2021, il a demandé au maire de Florange de réintégrer la partie de voirie communale de la rue Marie Curie cadastrée section 7 n°485 dans le domaine public au motif que l'aménagement d'un espace de stockage de poubelles et d'un muret par les consorts C, eux-mêmes propriétaires de la parcelle voisine cadastrée section 7 n°484, empiétait sur cette parcelle communale et lui obstruait le passage. Une décision implicite de rejet est née le 30 janvier 2022 du silence gardé par la commune. Par sa requête, M. B conclut à l'annulation de cette décision implicite.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public. ". Aux termes de l'article L. 2111-14 du même code : " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens appartenant à une personne publique mentionnée à l'article L. 1 et affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées. ".
3. Un passage qui n'est pas affecté à la circulation générale ne présente pas le caractère d'une voie publique. En outre, une parcelle communale ne peut être regardée comme affectée à l'usage direct du public en l'absence d'intention de la commune de l'y affecter.
4. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales applicables dans le département de la Moselle : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées ; (). ".
5. Les pouvoirs de police de la circulation du maire ne concernent que des parcelles revêtant les caractéristiques d'une voie effectivement ouverte à la circulation du public.
6. Il ressort des pièces du dossier que si la parcelle en litige cadastrée section 7 n°485 est accessible au public, elle se limite à une bande de terre non aménagée, nonobstant la proximité d'un lampadaire implanté sur une autre parcelle, ne mesure à tout le moins que 1,07 mètre de large sur 2,50 mètre de long et se situe dans le prolongement de la rue Marie Curie qui dessert plusieurs habitations du lotissement, sans être comprise dans les limites de la voirie. Elle se borne en outre à desservir la parcelle n°496 appartenant à M. B par la partie jardin. Enfin, il résulte des motifs de la délibération du 22 novembre 2022, par laquelle le conseil municipal de Florange a autorisé la cession de la parcelle en litige, que la constitution de cette parcelle résulte d'une erreur d'arpentage dans le cadre de la constitution d'un lotissement. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intention de la commune de Florange aurait été d'affecter cette parcelle aux besoins de la circulation terrestre.
7. Il s'ensuit que M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il appartenait au maire de réintégrer la parcelle n°485 dans le domaine public et, ce faisant, de faire cesser l'empiètement illégal allégué dans le cadre de ses pouvoirs de police visant la protection du domaine public routier. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Florange, les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite du 30 janvier 2022 ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence les conclusions aux fins d'injonction doivent être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Florange, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Florange et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Florange une somme de 500 (cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Florange.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2024.
Le rapporteur,
T. GROS
Le président,
C. CARRIERLe greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026