lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2201874 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL WALGENWITZ AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés le 21 mars 2022, le 2 juin 2023 et le 9 février 2024, M. A B demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier régional de Metz-Thionville à lui verser la somme de 65 353,48 euros en réparation des préjudices professionnels subis, la somme de 4 000 euros au titre des pertes de salaires pour la période du 17 novembre 2016 au 18 novembre 2016 et du 24 novembre 2016 au 26 février 2017, et la somme de 1 000 euros au titre du préjudice moral et des souffrances endurées ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional de Metz-Thionville une somme de 1 106 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors notamment qu'il avait saisi en mars 2018 la caisse primaire d'assurance maladie de Metz d'une demande indemnitaire préalable et qu'il avait saisi le tribunal des affaires de sécurité sociale de la Moselle d'un recours dirigé contre le centre hospitalier ;
- il est fondé à solliciter la réparation de ses préjudices, résultant de sa maladie reconnue imputable au service par une décision du 19 décembre 2017 et de son accident de service du 18 avril 2018, à raison de la faute du centre hospitalier résultant de l'absence de document unique d'évaluation des risques professionnelles opératoire et des conditions de travail dégradées au sein du bloc opératoire de l'hôpital de Mercy où il était affecté ; il est fondé à obtenir la réparation de ses préjudices non patrimoniaux même en l'absence de faute du centre hospitalier.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 9 mai 2023 et le 16 janvier 2024, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, représenté par Me Walgenwitz, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que soit allouée à M. B une somme de 1 000 euros en réparation de son préjudice moral et des souffrances endurées.
Il fait valoir que :
- la requête de M. B est irrecevable ;
- les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, le requérant est simplement fondé à solliciter une somme de 1 000 euros en réparation de son préjudice moral et des souffrances endurées.
Par un mémoire enregistré le 24 janvier 2024, la Caisse des dépôts et consignations conclut à la condamnation du centre hospitalier régional de Metz-Thionville à lui verser, en sa qualité de gestionnaire du fonds de l'allocation temporaire des agents des collectivités locales, une somme de 45 701,27 euros au titre de la perte des gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle, ainsi qu'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La Caisse soutient qu'elle est fondée, en tant que subrogée dans les droits de M. B, à obtenir l'indemnisation des sommes versées à ce dernier au titre de la perte de gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle, compte tenu de la faute de l'employeur.
Par un nouveau mémoire en défense enregistré le 5 mars 2024, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, représenté par Me Walgenwitz, conclut au rejet de la requête de M. B et doit être regardé comme concluant également au rejet de la demande de la Caisse des dépôts et consignations.
Il fait valoir que la demande de la Caisse est infondée.
La procédure a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de la Moselle qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 59-76 du 7 janvier 1959 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public ;
- et les observations de Me Ambrosi, substituée à Me Walgenwitz, pour le centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
Considérant ce qui suit :
1. M. B exerce les fonctions d'infirmier anesthésiste diplômé d'Etat au sein du centre hospitalier régional de Metz-Thionville. Il a été victime d'une hernie discale le 16 novembre 2016 dans l'exercice de ses fonctions. Par une décision du 19 décembre 2017, sa maladie professionnelle a été reconnue et regardée comme consolidée au 11 mai 2017 avec séquelles et une incapacité permanente partielle de 5% a été constatée. Il perçoit depuis cette date une allocation temporaire d'invalidité. M. B a également été victime d'un accident le 18 avril 2018, reconnu imputable au service. Par la présente requête, il demande au tribunal de condamner le centre hospitalier régional de Metz-Thionville à l'indemniser des préjudices patrimoniaux et non patrimoniaux qu'il estime avoir subis. La Caisse des dépôts et consignations demande également au tribunal de condamner le même centre hospitalier à l'indemniser des débours exposés au titre de la perte des gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier régional de Metz-Thionville à la requête de M. B :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif même si, dans son mémoire en défense, l'administration n'a pas soutenu que cette requête était irrecevable, mais seulement que les conclusions du requérant n'étaient pas fondées.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande est adressée à une administration incompétente, cette dernière la transmet à l'administration compétente et en avise l'intéressé ". Toutefois, en vertu de l'article L. 114-1 de ce code, les dispositions précédentes ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents.
4. Il résulte des dispositions précitées que si M. B soutient avoir adressé sa demande indemnitaire en mars 2018 à la commission de recours amiable du service maladie professionnelle de la caisse primaire d'assurance maladie de Metz, cette demande ne peut être regardée comme ayant été transmise par cette caisse au centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
5. Si M. B se prévaut également de la circonstance qu'il a saisi le tribunal des affaires de sécurité sociale de la Moselle le 3 septembre 2018, que son affaire a été transmise au tribunal judiciaire de Metz lequel, ainsi que le faisait valoir alors le centre hospitalier, s'est déclaré incompétent par un jugement du 7 janvier 2022, ses conclusions présentées devant la juridiction judiciaire tendant à la condamnation du centre hospitalier ne sauraient cependant être regardées comme une demande indemnitaire préalable adressée à l'administration, comme exigé par les dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, M. B ne peut utilement soutenir qu'il a adressé une telle demande le 21 mai 2019 à Me Morel, avocat au barreau de Metz, qui s'était constitué pour le compte du centre hospitalier, le courrier en question ayant en réalité été destiné au tribunal judiciaire de Metz. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que, à la date du présent jugement, M. B aurait adressé au centre hospitalier régional de Metz-Thionville une demande indemnitaire qui aurait fait l'objet d'une décision de rejet. Par conséquent, ce dernier est fondé à soutenir que la requête de M. B est, pour ce motif, irrecevable.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur la demande de la Caisse des dépôts et consignations :
7. Si les dispositions de l'ordonnance du 7 janvier 1959 relative aux actions en réparation civile de l'Etat et de certaines autres personnes publiques ainsi que celles de l'article 32 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ouvrent à la Caisse des dépôts et consignations agissant comme gérante de la caisse nationale des retraites des agents des collectivités locales, à l'encontre du tiers responsable d'un accident de service ou d'une maladie professionnelle, une action en remboursement des prestations versées à la victime, la collectivité publique employeur de l'agent n'a pas, pour l'application de ces dispositions, la qualité de tiers vis-à-vis de l'agent et de la caisse débitrice des prestations. M. B imputant à son employeur la responsabilité des dommages qu'il a subis, la Caisse des dépôts et consignations n'est pas fondée à solliciter le remboursement auprès du centre hospitalier régional de Metz-Thionville de l'allocation temporaire d'invalidité versée à M. B.
8. Il résulte de ce qui précède que la demande de la Caisse des dépôts et consignations, y compris ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejetée.
Sur la déclaration de jugement commun :
9. La caisse primaire d'assurance maladie de la Moselle, qui a été régulièrement mise en cause, s'est abstenue de produire dans la présence instance. En conséquence, le présent jugement doit lui être déclaré commun.
Sur les conclusions du centre hospitalier régional de Metz-Thionville tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par le centre hospitalier régional de Metz-Thionville au titre des frais exposés par ce dernier et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1 : Le jugement est déclaré commun à la caisse primaire d'assurance maladie de la Moselle.
Article 2 : La requête de M. B et la demande de la Caisse des dépôts et consignations sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier régional de Metz-Thionville au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la Caisse des dépôts et consignations, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Moselle et au centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
Délibéré après l'audience du 27 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 juin 2024.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026