jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2202237 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 avril 2022, M. A B, représenté par l'AARPI Thémis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 mars 2022 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Strasbourg a ordonné la prolongation de son placement à l'isolement au sein de la maison d'arrêt de Strasbourg ;
2°) d'enjoindre au directeur interrégional des services pénitentiaires de Strasbourg de lever son isolement, dans un délai de quinze jours à compter de la notification jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocat en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la personne qui a signé la décision n'était pas habilitée à cette fin ;
- la décision est fondée sur des faits matériellement inexacts ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas, eu égard à leur caractère isolé et à leur ancienneté, ainsi qu'à son comportement depuis son placement à l'isolement, de nature à justifier la prolongation de cette mesure.
.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rees ;
- les conclusions de Mme Merri, rapporteure publique.
Aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, alors détenu à la maison d'arrêt de Strasbourg, a été placé à l'isolement par décision du 24 septembre 2021. Ce placement a été prolongé en dernier lieu par la décision contestée du 22 mars 2022, dont l'intéressé sollicite l'annulation.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-67 du code de procédure pénale, alors applicable : " Au terme d'une durée de six mois, le directeur interrégional des services pénitentiaires peut prolonger l'isolement pour une durée maximale de trois mois () ".
3. Par une décision en date du 12 avril 2021, publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région du Grand Est du 16 avril 2021, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Strasbourg a habilité le chef du département sécurité et détention à signer notamment les mesures de prolongation de placement à l'isolement au-delà de six mois. La décision contestée, signée par le chef du département sécurité et détention, n'est ainsi pas entachée d'incompétence.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B, dont le parcours à la maison d'arrêt de Strasbourg avait déjà, en quelques mois, été émaillé d'incidents, a été initialement placé à l'isolement, le 24 septembre 2021, en raison de son rôle actif dans l'organisation de la réception de projectiles lancés dans la cour de promenade par des personnes extérieures à l'établissement, phénomène qui était alors d'ampleur au sein de ce dernier et mettait en cause sa sécurité. Ces faits sont étayés par les comptes rendus d'incident versés au dossier, sans que l'intéressé n'apporte d'élément permettant de les remettre en cause. Par ailleurs, il ne conteste pas avoir, le 27 janvier 2022, alors qu'il était placé à l'isolement, été trouvé en possession d'un téléphone portable introduit dans l'établissement de manière illicite. Dès lors, l'erreur de fait alléguée n'est pas établie.
5. En troisième lieu, au regard des faits rappelés au point précédent, et nonobstant les efforts de correction de son comportement allégués par le requérant, la mesure contestée n'apparaît pas manifestement disproportionnée par rapport à l'objectif qu'elle poursuit, d'assurer la sécurité au sein de l'établissement.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, d'astreinte et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au garde des sceaux, ministre de la justice, et à l'AARPI Thémis.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rees, président,
Mme Dobry, conseillère,
Mme Poittevin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
P. REESL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
S. DOBRY
La greffière,
V. IMMELÉ
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026