jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2202335 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 avril 2022, M. A B, représenté par
Me Bozzi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2022 par lequel le maire de la commune de Berstett s'est opposé à la déclaration préalable qu'il a présentée le 24 novembre 2021 en vue de la régularisation d'un mur, sur un terrain situé chemin du Wahlberg Le Moulin ;
2°) d'enjoindre à la commune de Berstett de lui délivrer la décision de non-opposition à déclaration préalable sollicitée, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et à défaut, dans ce même délai, de procéder au réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Berstett le versement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- c'est à tort que le maire de la commune Berstett a, pour s'opposer à la déclaration préalable sollicitée, estimé que la construction litigieuse était un mur de clôture et non un mur de soutènement ;
- l'arrêté attaqué méconnaît le règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'à supposer que ce mur puisse être qualifié de mur de clôture, il mesure moins de deux mètres de hauteur ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article 1.2.3 N du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal, les affouillements et exhaussements du sol nécessaires à la réalisation du mur projeté étant liés à sa piscine, construction autorisée dans la zone dès lors qu'elle-même constitue une extension de sa maison qui ne compromet pas la qualité paysagère du site ;
- il est fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la délibération du 14 novembre 2019 approuvant le plan local d'urbanisme intercommunal, en tant qu'elle classe en zone N la parcelle sur laquelle s'implante le projet en litige, un tel classement étant entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme ; l'arrêté attaqué méconnaissant en outre les dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme antérieures.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2022, la commune de Berstett, représentée par la Selarl Soler-Couteaux et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire était en situation de compétence liée ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 18 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 14 septembre 2023.
Sur le fondement des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, des pièces ont été produites, à la demande du tribunal, par la commune de Berstett, le 12 avril 2024 et communiquées le 17 avril 2024 à M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Malgras,
- les conclusions de M. Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Juliac-Degrelle, avocat de M. B,
- les observations de Me Vilchez, avocat de la commune de Berstett.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est propriétaire de la parcelle cadastrée section 38 n° 350 située chemin du Wahlberg Le Moulin, à Berstett et classée en zone Nm2 du plan local d'urbanisme intercommunal du Kochersberg et de l'Ackerland, sur laquelle se trouve sa maison d'habitation.
2. Il a déposé, le 31 août 2017, une déclaration préalable en vue de construire une piscine semi enterrée de 32 m2 sur sa propriété. Par un arrêté du 18 septembre 2017, le maire de Berstett s'est opposé à cette déclaration préalable, au motif que le projet méconnaissait les dispositions de l'article 1 N du règlement du plan local d'urbanisme. M. B a, sans autorisation préalable, construit cette piscine ainsi qu'un mur en monobloc, infraction qui a été relevée par procès-verbal le 27 novembre 2017. M. B a présenté un recours gracieux contre l'arrêté du 18 septembre 2017, qui a été rejeté par une décision du 5 janvier 2018. Par une requête enregistrée le 27 février 2018, M. B a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2017. Par une ordonnance n° 1801371 du 6 juillet 2018, le tribunal a rejeté sa requête, sur le fondement des dispositions du 4° et du 5° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
3. Par un jugement du 7 septembre 2021, le tribunal correctionnel de Strasbourg a déclaré M. B coupable d'infraction aux dispositions du plan local d'urbanisme et d'exécution irrégulière de travaux soumis à déclaration préalable, eu égard à la construction d'une piscine en zone non constructible, et ordonné la démolition des ouvrages construits irrégulièrement, à l'exception du mur, à condition d'obtenir pour celui-ci une autorisation d'urbanisme avant le 1er janvier 2022.
4. M. B a déposé, le 24 novembre 2021, une déclaration préalable en vue de régulariser la construction de ce mur sur sa propriété. Par un arrêté du 11 février 2022, le maire de Berstett s'est opposé à cette déclaration préalable. Par la présente requête,
M. B demande l'annulation de cet arrêté du 11 février 2022.
Sur la légalité de l'arrêté du 11 février 2022 :
5. Lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables ou dans le cadre d'une autorisation annulée, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment. De même, lorsqu'une construction a été édifiée sans respecter la déclaration préalable déposée ou le permis de construire obtenu ou a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation. Dans l'hypothèse où l'autorité administrative est saisie d'une demande qui ne satisfait pas à cette exigence, elle doit inviter son auteur à présenter une demande portant sur l'ensemble des éléments devant être soumis à son autorisation. Toutefois cette invitation, qui a pour seul objet d'informer le pétitionnaire de la procédure à suivre s'il entend poursuivre son projet, n'a pas à précéder le refus que l'administration, en situation de compétence liée, doit opposer à une demande portant sur les seuls nouveaux travaux envisagés.
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier et en particulier du rapport d'expertise déposé au tribunal judiciaire de Strasbourg le 31 mars 2021, du dossier de déclaration préalable mentionné au point 4, des pièces complémentaires déposées le 17 janvier 2022 par l'intéressé et des photographies versées au dossier, que la construction édifiée par M. B consiste en un ensemble immobilier monobloc constitué d'une piscine, d'une margelle et d'un mur de soutènement des terres exhaussées au cours des travaux d'édification de la piscine, réalisé en parpaings et habillé de bois, afin de maintenir les remblais réalisés par M. B pour son projet, et ne pouvant d'ailleurs être considéré comme un dispositif de protection contre les coulées de boue, inondations et eaux pluviales. Compte-tenu de ses caractéristiques, ce mur, qui présente un lien fonctionnel avec la piscine et la margelle, ne peut être regardé comme portant sur un élément divisible de la piscine édifiée en méconnaissance des dispositions de l'article 1 N du règlement du plan local d'urbanisme.
7. D'autre part, et ainsi qu'il a été exposé précédemment, la déclaration préalable en litige consiste à régulariser le mur accolé à la piscine dont la construction a été édifiée sans autorisation et en méconnaissance de l'arrêté du 18 septembre 2017 cité au point 2, devenu définitif.
8. Compte-tenu de ce qui vient d'être dit aux points 6 et 7, dès lors que les travaux envisagés par l'arrêté du 11 février 2022 attaqué portent sur une construction édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales applicables, il appartenait au déclarant, pour la réalisation de nouveaux travaux, de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du projet, piscine comprise. Or la demande déposée le 24 novembre 2021 par laquelle M. B a sollicité la délivrance d'une décision de non-opposition à déclaration préalable pour la construction d'un mur ne satisfait pas à cette exigence. Dans ces conditions, le maire de Berstett se trouvait en situation de compétence liée pour refuser cette demande. Dès lors, les moyens invoqués par le requérant à l'encontre de l'arrêté attaqué sont inopérants et doivent, par suite, être écartés.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 février 2022 attaqué.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Berstett, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande M. B au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
12. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de M. B le paiement, à la commune de Berstett, d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Berstett une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Berstett. Copie en sera transmise à la préfète du Bas-Rhin et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
M. Lusset, premier conseiller,
Mme Malgras, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
La rapporteure,
S. MALGRAS
Le président,
M. RICHARD
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026