mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2202600 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL ENARD-BAZIRE COLLIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 avril 2022, Mme A B, représentée par Me Enard-Bazire, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2021 de la préfète de la zone de défense et de sécurité Est en tant que cet arrêté fixe la fin de son congé pour invalidité temporaire imputable au service au 16 novembre 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a rejeté sa demande de reconnaissance de l'aggravation des séquelles de l'accident de service survenu le 6 février 2004 ;
3°) d'annuler les décisions implicites rejetant implicitement ses recours gracieux ;
4°) d'enjoindre à l'État de procéder au réexamen et à la régularisation de sa situation administrative ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la signataire des décisions en litige ne justifie pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- les décisions attaquées ne sont pas motivées ;
- elles ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence, lors de la séance de la commission de réforme, d'un médecin spécialiste en rhumatologie ;
- l'absence d'information du médecin du service de médecine préventive concernant la tenue de la commission de réforme est constitutive d'un second vice de procédure, qui l'a privée d'une garantie ;
- la préfète a commis une erreur de droit en s'estimant liée par les conclusions de l'expert ;
- l'arrêté du 9 décembre 2021 qui l'a placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service pour la seule période du 29 novembre 2019 au 16 novembre 2021 est entaché d'erreur de droit dès lors qu'il emporte retrait illégal de la décision du 18 novembre 2021 qui lui accordait le congé pour invalidité jusqu'au 16 janvier 2022 ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation concernant la date de consolidation fixée par l'administration ;
- l'arrêté du 9 décembre 2021 refusant de reconnaître que les douleurs subies résultent d'une aggravation des séquelles en lien direct avec l'accident de service du 6 février 2004 est entaché d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2022, la préfète de la zone de défense et de sécurité Est conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté.
La procédure a été communiquée au ministre de l'intérieur et des outre-mer qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983,
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984,
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva,
- les conclusions de Mme Lecard, rapporteure publique.
Les parties, régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B est gardienne de la paix depuis 2003. Elle a été victime d'un accident reconnu imputable au service le 6 février 2004. Elle a présenté des lombosciatalgies gauches qui ont été reconnues imputables à cet accident. La date de consolidation a été fixée au 22 avril 2010 avec un taux d'invalidité de 5% pour les lombosciatalgies séquellaires. Affectée à la direction départementale de la sécurité publique du Bas-Rhin depuis le 1er septembre 2009, elle a demandé le 10 mai 2019 que l'aggravation de son état de santé soit reconnue imputable à l'accident de service subi le 6 février 2004. Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a rejeté cette demande.
2. Mme B a été victime le 4 septembre 2019 sur son lieu de service d'un autre accident qui a été reconnu imputable au service. Elle a été placée en arrêts de travail à compter du 29 novembre 2019. Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 9 décembre 2021 portant placement en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du
29 novembre 2019 en tant que ce congé ne lui est accordé que jusqu'au 16 novembre 2021 et que les arrêts de travail, soins et frais médicaux prescrits après cette date relèvent du congé de maladie ordinaire et de l'assurance maladie et ne sont plus pris en charge au titre de l'accident de service.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () " Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. () " Aux termes de l'article R. 421-5 de ce code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. "
4. Il ressort des pièces du dossier que les arrêtés en litige ont été notifiés à la requérante le 3 janvier 2022 et comportaient la mention des délais et voies de recours. Il ressort également des pièces du dossier que Mme B a adressé un courrier réceptionné le 11 février 2022, dans le délai de recours contentieux, par les services de la préfecture de la zone de défense et de sécurité Est. Si la préfète fait valoir en défense que ce pli ne contenait pas le courrier que Mme B produit à l'appui de sa requête et qui aurait formellement été adressé à son intention, il est constant que ce pli comportait un courrier du 8 février 2022, dans lequel Mme B informait son supérieur hiérarchique, le directeur départemental de la sécurité publique du Bas-Rhin, du recours administratif assorti de pièces justificatives adressées au secrétariat général de l'administration du ministre de l'intérieur (SGAMI) auprès de la préfète de la zone de défense et de sécurité Est. Par cet envoi, qui contenait quatre pages d'un document intitulé " recours administratif ", réceptionné le 11 février 2022 par le SGAMI, Mme B doit être regardée comme ayant valablement formé le recours administratif dont elle se prévaut. Le délai de recours contentieux a par suite été interrompu le 11 février 2022. Une décision implicite de rejet est née le 11 avril 2022 du silence gardé par l'administration sur les demandes de Mme B. La requête enregistrée le 15 avril 2022, dans le nouveau délai de recours contentieux de deux mois, n'est pas tardive. La fin de non-recevoir opposée en défense ne doit pas être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article 18 du décret du 14 mars 1986 précité : " Le médecin du travail attaché au service auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical ou à la commission de réforme est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir, s'il le demande, communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 34, 43 et 47-7. / Le fonctionnaire intéressé et l'administration peuvent, en outre, faire entendre le médecin de leur choix par le comité médical ou la commission de réforme. ".
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le médecin de prévention aurait été informé, en application des dispositions précitées, de la tenue de la réunion de la commission de réforme le 16 novembre 2021. Par suite, la consultation de la commission de réforme a été irrégulièrement menée. Cette omission a été susceptible d'exercer une influence sur le sens de l'avis émis par cette commission. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que les deux attaqués sont intervenus à l'issue d'une procédure irrégulière.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 9 décembre 2021 la plaçant en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 29 novembre 2019 au 16 novembre 2021 et de l'arrêté du même jour refusant de reconnaître le lien entre l'aggravation de son état de santé et l'accident de service survenu le 6 février 2004.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard au motif de l'annulation qu'il prononce, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à la préfète de la zone de défense et de sécurité Est de réexaminer la demande de Mme B tendant à la reconnaissance du lien entre l'accident de service survenu le 4 septembre 2019 et les arrêts de travail et des soins prescrits après le 16 novembre 2021 ainsi que sa demande de reconnaissance du lien entre l'aggravation de son état de santé et l'accident de service survenu le 6 février 2004, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros hors taxe à verser à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a placé Mme B en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 29 novembre 2019 au 16 novembre 2021 est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a refusé de reconnaître le lien entre l'aggravation de l'état de santé de Mme B et l'accident de service survenu le 6 février 2004 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de la zone de défense et de sécurité Est de réexaminer la demande de Mme B tendant à la reconnaissance du lien entre l'accident de service survenu le 4 septembre 2019 et les arrêts de travail et des soins prescrits après le 16 novembre 2021 ainsi que sa demande de reconnaissance du lien entre l'aggravation de son état de santé et l'accident de service survenu le 6 février 2004, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'État versera à Mme B la somme de 1 500 euros hors taxe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à la préfète de la zone de défense et de sécurité Est et au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
La rapporteure,
S. JORDAN-SELVA
La présidente,
A. DULMET
Le greffier,
P. SOUHAIT
La République mande et ordonne à la préfète de la zone de défense et de sécurité Est, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026