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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2202761

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2202761

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2202761
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSAS DROUOT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 avril 2022, le 9 décembre 2022 et le 24 avril 2024, l'Association pour un développement immobilier légal, éthique et efficient (ADILEE ci-après), représentée par Me Bécue, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 novembre 2021 par lequel le maire de Yutz a délivré un permis de construire à la SCI du Fort d'Illange portant sur la réalisation d'une clinique vétérinaire et la création de deux cellules commerciales et la décision de rejet de son recours gracieux ;

2°) de suspendre l'exécution du permis de construire en cas d'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 en vue de l'obtention d'une dérogation " espèces protégées " sur le fondement de l'article L. 411-2 du code de l'environnement ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Yutz et de la SCI du Fort d'Illange une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions correspondantes des défendeurs.

Elle soutient que :

- la requête est recevable et notamment qu'elle justifie de son intérêt donnant qualité pour agir au regard de ses statuts et de son objet social rapproché du projet en cause visé par la décision attaquée;

- l'arrêté est entaché du vice d'incompétence ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet s'agissant des documents de la zone d'aménagement concerté ;

- le dossier de demande de permis de construire aurait dû comprendre une étude d'impact actualisée dans le cadre de la procédure de la ZAC Espace Meilbourg ou une décision de dispense ainsi qu'une dérogation " espèce protégée " ;

- le projet n'est pas compatible avec la vocation de la zone telle que prévue par le SCOTAT, le règlement et l'orientation d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme ;

- le projet méconnait les dispositions de l'article R 111-2 du code de l'urbanisme ;

- le plan local d'urbanisme doit être écarté en tant qu'il est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale ;

- le projet ne comporte aucune mesure de type " ERC " ;

- l'arrêté a été retiré ce qui justifie le non-lieu à statuer ;

- l'équité commande que l'association ne soit pas condamnée au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires en défense enregistrés les 5 octobre, 18 novembre, 23 décembre 2022 et 22 août 2023, la SCI du Fort d'Illange, représentée par la SCP Drouot Avocats, conclut au non-lieu à statuer, subsidiairement au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'association requérante de la somme de 3000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'arrêté a été retiré, que l'association ne justifie pas suffisamment de son intérêt donnant qualité pour agir et de sa capacité à agir et que les moyens ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2022, la commune de Yutz, représentée par la SELARL Cossalter De Zolt et Couronné, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à l'application de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme, et à la mise à la charge de l'association requérante de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'association ne justifie pas suffisamment de son intérêt donnant qualité pour agir et que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Par un arrêté du 3 août 2023, le maire de la commune de Yutz, à la demande du pétitionnaire, a procédé au retrait du permis de construire attaqué. Par suite et ce retrait postérieur à l'introduction de la requête étant devenu définitif, les conclusions aux fins d'annulation de la requête de l'association requérante sont devenues sans objet. Il convient ainsi de constater, par la présente ordonnance, qu'il n'y a pas lieu de statuer sur cette partie de la requête.

3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions présentées par les parties au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la requête de l'association ADILEE.

Article 2 : Les conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Association pour un développement immobilier légal, éthique et efficient, à la commune de Yutz et à la SCI du Fort d'Illange.

Fait à Strasbourg, le 4 juin 2024.

Le vice-président,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2202761

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