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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2202776

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2202776

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2202776
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIÉS

Résumé IA

Refus de mise à disposition en cellule d'une machine à café – Tribunal Administratif de Strasbourg – La requête de M. B, détenu à la maison centrale d'Ensisheim, contestant le refus de lui remettre sa machine à café en cellule a été rejetée comme irrecevable. Le tribunal a jugé que cette décision constituait une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours pour excès de pouvoir, n'occasionnant que des désagréments mineurs et ne portant pas atteinte au droit de propriété. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ont été rejetées par voie de conséquence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 avril 2022, M. A B, représenté par Mes Montrichard et Ciaudo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 1er février 2022 par laquelle le directeur de la maison centrale d'Ensisheim a refusé de faire droit à sa demande de mise à disposition en cellule de sa machine à café placée au vestiaire ;

2°) d'enjoindre au directeur de la maison centrale d'Ensisheim de mettre à sa disposition en cellule sa machine à café, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait l'article R. 57-6-18 du code de procédure pénale en ce que le refus de mise à disposition en cellule n'est pas fondé sur un motif de sécurité ;

- elle méconnaît pour les mêmes raison l'article 24 du règlement intérieur type des établissements pénitentiaires annexé à l'article R. 57-6-18 du code de procédure pénale ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard de ces textes s'agissant de l'encombrement que représente cette machine à café.

Par ordonnance du 11 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 2 octobre 2024.

Un mémoire présenté par le garde des sceaux, ministre de la justice a été enregistré le 16 novembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, et il n'a pas été communiqué.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la décision contestée constitue une mesure d'ordre intérieur qui n'est pas susceptible de recours.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de procédure pénale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dobry,

- les conclusions de Mme Merri, rapporteure publique.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, incarcéré à la maison centrale d'Ensisheim, a obtenu l'autorisation de recevoir de sa famille une machine à café. A sa réception, la machine à café a toutefois été placée au vestiaire en raison de son volume. Par la présente requête, le requérant conteste le refus opposé à sa demande de mise à disposition en cellule de la machine à café.

2. La décision contestée n'a occasionné pour l'intéressé que des désagréments mineurs, sans porter en outre atteinte à son droit au respect de ses biens, garanti par l'article 1er du protocole additionnel n° 1 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il n'est pas privé de la propriété de la machine à café mais de son seul usage le temps de sa détention à la maison centrale d'Ensisheim. Le refus de mettre à sa disposition en cellule sa machine à café constitue dès lors une simple mesure d'ordre intérieur, insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

3. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées comme irrecevables. Par voie de conséquence, les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées également.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au garde des sceaux, ministre de la justice et à Mes Montrichard et Ciaudo.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Rees, président,

Mme Dobry, conseillère,

Mme Poittevin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.

La rapporteure,

S. DOBRY

Le président,

P. REES La greffière,

V. IMMELÉ

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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