lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2202813 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP IOCHUM & GUISO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 avril 2022, le 30 mai 2022 et le 10 juin 2022, la société Toiture Moselle Est et M. A B, représentés par la SELARL Retex avocats, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 décembre 2021, par laquelle le maire de la commune de Marly a enjoint à la société UEM de couper l'accès au réseau électrique à la parcelle cadastrée section 55 n°3, située rue de l'aérogare à Marly ;
2°) d'annuler la décision du 14 mars 2022, par laquelle le maire de la commune de Marly a refusé de retirer sa décision du 23 décembre 2021 ;
3°) d'enjoindre au maire de la commune de Marly d'ordonner à la société UEM de rétablir le raccordement électrique dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Marly une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la société Toiture Moselle Est justifie de son existence légale en tant qu'entreprise individuelle ;
- elle dispose d'un contrat d'alimentation électrique sur la parcelle concernée pour y exercer une partie de son activité d'artisanat conformément à un bail professionnel dont rien n'indique qu'il est entaché de nullité et justifie ainsi d'un intérêt à agir ;
- la décision attaquée méconnaît le respect d'une procédure préalable contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale en ce qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne permet au maire de s'opposer au raccordement définitif d'un terrain déjà raccordé et qu'il n'est établi ni que le raccordement empièterait sur le domaine public routier ni qu'il présenterait un danger immédiat pour les administrés ;
- la décision attaquée consiste en un retrait ou une abrogation d'une décision créatrice de droit et méconnaît ainsi les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le maire de la commune de Marly ne justifie pas de sa qualité à agir en justice en l'absence de délibération du conseil municipal.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 mai 2022, le 23 mai 2022, le 27 mai 2022 et le 1er juin 2022, présentés par la SCP Iochum et Guiso, la commune de Marly, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Toiture Moselle Est la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Toiture Moselle Est ne justifie pas de sa capacité à agir ;
- elle ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- aucun des moyens soulevés par la société Toiture Moselle Est n'est fondé.
La procédure a été communiquée à Mme C D et à la société UEM qui n'ont pas produit d'observations.
Par ordonnance du 25 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gros,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Toiture Moselle Est a comme fournisseur d'électricité la société UEM pour l'alimentation d'une parcelle située rue de l'aérogare à Marly, cadastrée section 55 n°3 et appartenant à Mme D. Au motif que le raccordement au réseau communal d'électricité avait été effectué sans autorisation, le maire de la commune de Marly a, par décision du 23 décembre 2021, enjoint à la société UEM de procéder à la coupure de l'alimentation électrique de la parcelle. Le 23 février 2022, la société Toiture Moselle Est a demandé au maire de la commune de Marly de retirer sa décision enjoignant à la société UEM de couper l'accès au réseau électrique de cette parcelle. Par décision du 14 mars 2022, le maire a rejeté cette demande. Par leur requête, la société Toiture Moselle Est et M. B, concluent à l'annulation des décisions du 23 décembre 2021 et du 14 mars 2022, et à ce qu'il soit enjoint à la commune de rétablir le raccordement électrique de la parcelle.
Sur la recevabilité du mémoire en défense de la commune de Marly :
2. Aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales : " le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : () 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal (). ". Aux termes de l'article R. 431-4 du code de justice administrative : " Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur et, dans le cas d'une personne morale, par une personne justifiant de sa qualité pour agir. ".
3. En l'espèce, la commune de Marly n'a pas versé au dossier la délibération de son conseil municipal autorisant le maire à la défendre dans la présente instance. Par suite, en application des dispositions précitées, les requérants sont fondés à soutenir que le mémoire en défense de la commune est irrecevable et doit être écarté des débats.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles (). ".
5. Les requérants font valoir qu'ils n'ont pas été avertis de la coupure d'électricité à venir, laquelle serait intervenue de manière brutale. S'il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune, avant de prendre la décision contestée, a effectivement mis en œuvre une procédure contradictoire, il résulte de cette décision que le raccordement électrique en litige a été réalisé sans sécurité et présentait un danger de mort, notamment sur une partie du domaine public. Les requérants n'apportent aucun élément de nature à infirmer ce constat. Il s'ensuit qu'en raison de l'urgence, le maire de la commune de Marly n'était pas tenu de respecter une procédure contradictoire préalable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme : " Les bâtiments, locaux ou installations soumis aux dispositions des articles L. 421-1 à L. 421-4 ou L. 510-1, ne peuvent, nonobstant toutes clauses contractuelles contraires, être raccordés définitivement aux réseaux d'électricité, d'eau, de gaz ou de téléphone si leur construction ou leur transformation n'a pas été, selon le cas, autorisée ou agréée en vertu de ces dispositions. ".
7. Si les requérants font valoir que la décision attaquée est dépourvue de base notamment en ce qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne permet au maire de s'opposer au raccordement définitif d'un terrain déjà accordé, il résulte des dispositions citées au point précédent que le maire peut s'opposer, dans le cadre de ses pouvoirs de police spéciale, et alors même que l'infraction pénale constituée par la construction sans autorisation serait prescrite, à un raccordement définitif aux réseaux publics des bâtiments, locaux ou installations dont la construction ou la transformation n'a pas été régulièrement autorisée ou agréée selon la législation en vigueur à la date de leur édification ou de leur transformation, ni régularisée depuis lors. En l'espèce, les requérants n'apportent aucun élément de nature à justifier l'existence d'une autorisation de raccordement qui leur aurait été délivrée régulièrement quand bien même ils disposeraient d'un contrat de distribution avec un fournisseur. Par suite, le moyen tiré d'un défaut de base légale de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ".
9. En se bornant à soutenir qu'ils sont titulaires d'une décision créatrice de droit ne pouvant plus être retirée ou abrogée au motif que le maire de la commune de Marly " a nécessairement été saisi par la société UEM en application des dispositions de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme ", les requérants n'assortissent leurs dires d'aucune précision ou élément permettant d'apprécier s'ils se sont vu délivrer une quelconque décision initiale les autorisant à effectuer le raccordement en litige. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la société Toiture Moselle Est et de M. B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Marly qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à la société Toiture Moselle Est et à M. B la somme qu'ils demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
12. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que les conclusions de la commune de Marly présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par la société Toiture Moselle Est et M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Marly présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Toiture Moselle Est en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Marly, à la société UEM et à Mme C D.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.
Le rapporteur,
T. GROS
Le président,
C. CARRIERLe greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026