mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2202989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS ASSOCIÉS KARM ZAIGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 1er mai 2022 et 11 janvier 2023, M. C B demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 22 février 2022 du conseil municipal de la commune de Kintzheim en tant qu'elle a rejeté la demande de paiement de la facture émise par la SCP Bore, Salve de Bruneton et Mégret le 16 novembre 2021 pour un montant de 2 400 euros toutes taxes comprises ;
2°) d'annuler la décision du même jour par laquelle E de Kintzheim a refusé d'ordonner le mandatement de cette note de frais et honoraires d'avocats ;
3°) d'enjoindre à la commune de Kintzheim de lui payer sans délai la somme de 2 400 euros, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Kintzheim la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la délibération du 22 février 2022 est entachée d'incompétence de son auteur, le conseil municipal ayant donné délégation au maire pour régler les frais et honoraires des avocats et ne pouvant plus délibérer lui-même sur ce point ;
- en application de l'article L. 2123-34 du code général des collectivités territoriales, la commune est tenue de prendre en charge les frais de justice exposés pour sa défense dans le cadre d'une procédure judiciaire pour laquelle il obtenu le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
- le motif de refus de paiement est illégal et démontre l'insincérité du maire actuel dès lors que ce dernier exige de sa part de produire des documents auxquels il n'a plus accès alors que E, lui, en dispose ;
- ne restent à payer que ses propres frais de justice dès lors que M. A s'est acquitté de la partie des honoraires le concernant ;
- E n'est pas fondé à refuser le paiement de la facture au motif que la commune n'était pas partie à la convention d'honoraires signée avec la SCP Bore, Salve de Bruneton et Mégret ;
- les frais et honoraires dont il demande le paiement ne revêtent pas un caractère excessif ;
- la totalité du travail convenu par convention d'honoraires a été réalisé et la commune n'est ainsi pas fondée à soutenir qu'il s'agirait d'une avance de frais ;
- la délibération attaquée a été rendue à l'issue d'un vote irrégulier dès lors que les propos mensongers tenus par E lors du conseil municipal du 22 février 2022 ont vicié le consentement des conseillers municipaux ;
- le comportement du maire de Kintzheim est dilatoire et de mauvaise foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2022, la commune de Kintzheim, représentée par Me Karm, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva,
- les conclusions de M. Therre, rapporteur public,
- les observations de Me Karm, avocat de la commune de Kintzheim.
Une note en délibéré présentée par M. B a été enregistrée le 13 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B a été maire de la commune de Kintzheim (Bas-Rhin) pendant cinq mandats, de 1989 à 2020. Il a fait l'objet en décembre 2015 d'une plainte pour diffamation publique, faits ultérieurement requalifiés en diffamation non publique, déposée par deux agents de l'Office national des forêts (ONF) dénonçant le contenu de deux lettres des 25 et 28 septembre 2015 dans lesquelles M. B exposait un certain nombre de griefs à leur encontre. M. D A, technicien forestier à l'ONF et par ailleurs conseiller municipal de la commune de Kintzheim, était également visé par cette plainte. Par une délibération du 22 mars 2016, le conseil municipal de la commune de Kintzheim a accordé à M. B le bénéfice de la protection fonctionnelle. Les frais de justice exposés par M. B ont été pris en charge par l'assureur de la commune jusqu'à atteindre le plafond contractuel de 16 000 euros. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler la délibération du 22 février 2022 par laquelle le conseil municipal de Kintzheim a rejeté la demande de paiement par la commune de la note de frais et honoraires émise le 16 novembre 2021 par la SCP Boré, Salve de Bruneton et Mégret pour un montant de 2 400 euros toutes taxes comprises. Il demande également l'annulation de la décision du même jour par laquelle E a refusé d'ordonner le mandatement de cette facture.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes du point 8 de la délibération du 2 juin 2020 du conseil municipal de la commune de Kintzheim : " Délégations d'attributions du conseil municipal au maire / Le Conseil municipal a la possibilité de déléguer directement au Maire un certain nombre d'attributions limitativement énumérées à l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales. Dans un souci de favoriser une bonne administration communale, le Conseil municipal, à l'unanimité et après en avoir délibéré, décide de confier à M. E les délégations suivantes pour la durée du présent mandat : () 11) de fixer les rémunérations et de régler les frais et honoraires des avocats, notaires, huissiers de justice et experts ; () ".
3. Si, par cette délibération, E de la commune de Kintzheim s'est vu déléguer le pouvoir de fixer les rémunérations des avocats et commissaires de justice sollicités par la commune et de régler leurs frais et honoraires, il ne résulte pas de ces dispositions, contrairement à ce que soutient le requérant, que le paiement de la facture en litige, présentée au conseil municipal pour la prise en charge des frais exposés dans le cadre de la procédure judiciaire le concernant personnellement et à laquelle la commune n'est pas partie, relèverait de la compétence exclusive du maire de Kintzheim. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la délibération attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de L. 2123-34 du code général des collectivités territoriales dans sa rédaction applicable au litige : " () La commune est tenue d'accorder sa protection au maire () ou à l'un de ces élus ayant cessé ses fonctions lorsque celui-ci fait l'objet de poursuites pénales à l'occasion de faits qui n'ont pas le caractère de faute détachable de l'exercice de ses fonctions. / La commune est tenue de souscrire, dans un contrat d'assurance, une garantie visant à couvrir le conseil juridique, l'assistance psychologique et les coûts qui résultent de l'obligation de protection à l'égard du maire et des élus mentionnés au deuxième alinéa du présent article. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le conseil municipal de Kintzheim a refusé, par la délibération attaquée du 22 février 2022, le paiement par la commune de la facture présentée par M. B au motif unique que la note d'honoraires était intitulée " Affaire B C - D A c./ M. " et que " la commune n'a pas vocation à régler les frais et honoraires d'avocat exposés pour la défense de M. D A. " Il ressort des pièces du dossier que la facture dont M. B demande le paiement correspond aux frais de justice relatifs à la production par son avocat d'un mémoire récapitulatif dans le cadre d'un pourvoi en cassation contre un arrêt du 23 mars 2021 rendu par la Cour d'appel de Nancy reconnaissant M. B et M. A coupables de diffamations non publiques. Il ressort également des pièces du dossier que MM. B et A se sont tous deux pourvus en cassation contre cet arrêt de la Cour d'appel de Nancy et ont fait appel au même conseil, la SCP Boré, Salve de Bruneton et Mégret. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la délibération en litige, le requérant avait produit les justificatifs permettant aux conseillers municipaux de s'assurer que la facture dont il demande le paiement n'incluait que les frais de justice le concernant et non, en tout ou partie, les frais exposés par M. A pour sa propre défense. Le conseil municipal pouvait à bon droit décider du rejet, " en l'état ", de la demande de paiement, " tant qu'il ne sera pas justifié que l'ensemble des frais et honoraires réglés par [l'assureur de la commune] n'ont servi strictement qu'à la défense des intérêts de M. B, étant relevé par ailleurs que M. B et M. A ont le même conseil ". Le moyen tiré de ce que la commune de Kintzheim était tenue, par application de l'article L. 2123-34 du code général des collectivités territoriales, de procéder au paiement de la facture en litige, sans pouvoir légalement demander des justificatifs complémentaires, doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la commune de Kintzheim a produit, le 20 avril 2022, un mémoire en défense dans une instance distincte concernant le référé présenté par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Les moyens articulés par le requérant, dans la présente instance, tirés de ce que la commune n'est pas fondée à lui opposer le fait qu'elle n'est pas partie prenante à la convention d'honoraires ou que le montant de la facture serait excessif, qui correspondent à des éléments opposés par la commune pour la première fois dans son mémoire du 20 avril 2022, sont inopérants à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la délibération du 22 février 2022.
7. En quatrième lieu et dernier lieu, si M. B soutient que E et le conseil municipal ne pouvaient se fonder sur les motifs de l'arrêt de la Cour d'appel de Nancy, contre lequel il s'est pourvu en cassation, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas des motifs de la délibération en litige, que le refus de prendre en charge la facture du 16 novembre 2021 serait motivé par les débats survenus ultérieurement entre les élus sur le bien-fondé de la protection fonctionnelle accordée au requérant. Enfin, le requérant n'apporte pas de précisions suffisantes concernant les propos mensongers qui auraient été tenus par E et qui auraient été de nature à vicier le consentement des élus lors du vote de la délibération en litige en séance du 22 février 2022. Les écrits de la commune dont il se prévaut sont postérieurs à la décision attaquée et ne peuvent utilement être invoqués.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais de l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Kintzheim, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Kintzheim au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 000 (mille) euros à la commune de Kinztheim au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Kintzheim.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
M. Boutot, premier conseiller,
Mme Jordan-Selva, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
S. Jordan-Selva
Le président,
S. Dhers
La greffière,
N. Adjacent
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026