vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2203032 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | BOURCHENIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 mai et 17 mai 2022, M. D A, représenté par Me Bourchenin, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 14 mars 2022 par laquelle le préfet de la Moselle a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois ;
2) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui restituer son permis de conduire ;
3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2.900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- l'arrêté litigieux est entaché d'un vice d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il méconnait le principe du contradictoire ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation doublée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il n'est pas entièrement complété.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été contrôlé le 12 mars 2022 à 21h30 alors qu'il circulait sur le territoire de la commune de Metz, à une vitesse de 107 km/h, sur une route limitée à 50 km/h. Suite à ce contrôle, les services de la police municipale de Metz ont procédé à la rétention immédiate de son permis de conduire. Par arrêté en date du 14 mars 2022, le préfet de la Moselle a décidé, sur le fondement de l'article L.224-2 du code de la route, de suspendre le permis de conduire de M. A pour une durée de six mois. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision litigieuse :
2. Aux termes des dispositions de l'article L.111-2 du Code des relations entre le public et l'administration, applicable à compter du 1er janvier 2016 : " Toute personne a le droit de connaitre le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administratives de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne. Ces éléments figurent sur les correspondances qui lui sont adressées. Si des motifs intéressent la sécurité publique ou la sécurité des personnes le justifient, l'anonymat de l'agent est respecté ". L'article L.212-2 du même Code dispose également que : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".
3. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaitre le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier.
4. Si M. A fait valoir que la décision a été prise par une autorité incompétente, il ressort des pièces du dossier que Mme E C disposait d'une délégation de signature du préfet de la Moselle par arrêté du 14 juin 2021 régulièrement publiée. Par suite, le moyen manque en fait.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 14 mars 2022 portant suspension de son permis de conduire :
5. Aux termes des dispositions de l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979, désormais codifié à l'article L. 211-2 du Code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; ". L'alinéa 5 de l'article L. 211 du même Code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
6. L'arrêté attaqué mentionne les dispositions du code de la route sur lesquelles il se fonde, ainsi que le dépassement de plus de 40 km/h sur une route limitée à 50 km/h le 12 mars 2022 (jour) à 21h230 sur la commune de Metz, commis par le requérant, établi au moyen d'un appareil homologué, et la circonstance que l'intéressé, qui a fait l'objet d'une mesure de rétention, représente un risque pour la sécurité des usagers de la route, de ses éventuels passagers et de lui-même. Par suite, l'arrêté du 14 mars 2022 est suffisamment motivé en droit et en fait.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire :
7. Aux termes des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-1, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 121-2 du même Code dispose : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ".
8. Si le requérant fait valoir que la décision n'a pas été précédée de la procédure contradictoire prévue à l'article L.122-1 du code des relations entre le public et l'administration, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Moselle a pris la décision de suspendre son permis de conduire en prenant une décision urgente en tenant compte du danger grave et immédiat que représente le requérant. Par suite, il résulte des termes mêmes des dispositions de l'article L.121-2 du même code que le préfet de la Moselle pouvait prendre la décision attaquée sans appliquer la procédure contradictoire. Le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doublé d'un défaut d'examen attentif de sa situation professionnelle :
9. M. A fait valoir que la décision du préfet de la Moselle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car elle impacte gravement sa situation professionnelle, laquelle nécessite la possession du permis de conduire. Cependant, la gravité de l'infraction qui lui est reprochée est constitutive d'un danger grave et immédiat pour la sécurité du requérant et celle des autres utilisateurs de la route. Au surplus, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision prise à son encontre.
Sur le moyen tiré de l'absence d'information complète figurant sur l'arrêté portant suspension de son permis de conduire :
10. Si M. A fait valoir que l'arrêté portant suspension de son permis de conduire n'est pas entièrement complété, il ressort des pièces du dossier que les faits établis par les constats circonstanciés des services de la police municipale de Metz relevées dans l'avis de rétention du 12 mars 2022, signé par le requérant et produit en défense, qui précise notamment que M. A a été contrôlé dans la commune de Metz, rue du Fort de Gambetta, à la vitesse enregistrée, par l'appareil homologué, de 113 km/h, la vitesse retenue étant de 107 km/h, au lieu de 50 km/h. Ni la circonstance tirée de ce que ne figurent pas sur l'arrêté de mentions relatives à ce qui a été retiré, à savoir le permis original ou le duplicata, ni celle tirée de ce que ne figure pas davantage la moindre mention relative à l'appareil cinémomètre utilisé aux fins de constater l'infraction, en sachant au demeurant qu'aucune disposition n'impose de porter de telles indications sur l'arrêté litigieux, ni aucun élément produit par le requérant ne sont de nature à remettre en cause les mentions portées sur cet avis de rétention, signé par le requérant sans formuler aucune réserve, quant à la réalité et à l'ampleur de l'infraction commise. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté portant suspension de son permis de conduire n'est pas entièrement complété.
11. Ainsi qu'il a été dit, il ressort des pièces du dossier que M. A a été contrôlé par les services de la police municipale de Metz à une vitesse retenue de 107 km/h alors que la vitesse maximale autorisée était de 50 km/h. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet de la Moselle, eu égard à la nature et à la gravité de l'infraction commise par le requérant, a, par son arrêté du 14 mars 2022, prononcée pour une durée de six mois la suspension de la validité de son permis de conduire sur le fondement des dispositions de l'article L.224-2 du code de la route.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de la Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
H. BLa greffière,
V. IMMELE
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026