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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2203034

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2203034

jeudi 25 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2203034
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique (2)
Avocat requérantTHALINGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 mai et 18 juillet 2022, M. C B, représenté par Me Thalinger, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2022 par lequel le préfet de la Moselle a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination de son éloignement et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de réexaminer sa situation sous astreinte

de 155 euros par jours de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de faire procéder sans délai à la suppression de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi

du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le signataire de l'arrêté attaqué est incompétent.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- son droit d'être entendu a été méconnu ;

- la décision méconnait l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :

- la décision est illégale en tant qu'elle se fonde sur une décision elle-même illégale ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision est illégale en tant qu'elle se fonde sur une décision elle-même illégale ;

- et elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision est illégale en tant qu'elle se fonde sur une décision elle-même illégale ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juin 2022 du tribunal judiciaire de Strasbourg.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés à cet article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 27 juillet 2022 à 10 h 00 :

- présenté son rapport et entendu les observations de Me Thalinger, pour le requérant, qui persiste dans les écritures de la requête ;

- le préfet de la Moselle n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, né le 26 juin 1980, de nationalité algérienne, est entré en France le 2 mars 2020. Le 10 mars 2020, il a sollicité l'asile. L'OFPRA a rejeté sa demande par une décision du 10 septembre 2021, confirmée par la CNDA le 27 décembre 2021. Par un arrêté du 7 avril 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de la Moselle a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination de son éloignement et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. M. B ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, il n'y a pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

3. En premier lieu, par un arrêté du 7 décembre 2021, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Moselle a donné délégation à Mme A, faisant fonction de directrice de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer tous actes et décisions relevant de sa direction, à l'exception de certaines catégories d'actes auxquelles n'appartient pas la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige, signé par Mme A, serait entaché du vice d'incompétence de son signataire doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice des communautés européennes que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, ainsi que du principe de bonne administration, principes généraux du droit de l'Union européenne. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré.

Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Dans le cas prévu à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise après que la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou si l'étranger ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-3, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du défaut de reconnaissance de cette qualité ou de ce bénéfice. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu à l'occasion de l'examen de sa demande de reconnaissance de sa qualité de réfugié. Lorsqu'il sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection internationale, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, l'intéressé ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié, n'impose pas à l'autorité administrative de le mettre à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus définitif de reconnaissance de la qualité de réfugié ou de l'octroi de bénéfice de la protection subsidiaire. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile et a pu, à cette occasion, préciser à l'administration, par des déclaration écrites et orales et par l'intermédiaire d'un interprète en langue des signes, les motifs pour lesquels il présentait cette demande et produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de celle-ci. En outre, il ne se prévaut d'aucun élément pertinent de nature à établir qu'il aurait été privé de faire valoir des éléments qui auraient pu influer sur le contenu de la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision méconnaîtrait son droit d'être entendu doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. ". En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Moselle a remis au requérant plusieurs notices explicatives en langue arabe, langue qu'il lit à défaut de l'entendre puisqu'il est atteint de surdité, lors de l'enregistrement de sa demande d'asile. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse méconnaitrait les dispositions précitées dès lors qu'il n'aurait pas reçu l'information prévue par ces dernières.

6. En troisième lieu, la décision attaquée mentionne l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, et dès lors que le préfet de la Moselle n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des circonstances propres à la situation du requérant, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision litigieuse doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré sur le territoire français en 2020 après avoir vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 40 ans et ne démontre pas posséder de liens anciens, stables et intenses en France. S'il se prévaut de sa relation avec une ressortissante française, il ressort des pièces du dossier que les conjoints entretiennent une relation par correspondance et ne démontrent aucune communauté de vie. Dans ces conditions, et nonobstant la présence sur le territoire national d'oncles, de cousins et d'un neveu, la décision litigieuse ne peut être regardée comme portant à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise, alors qu'il ressort en outre tant des pièces du dossier que des allégations soulevées à la barre que sa mère réside dans son pays d'origine. Dans ces circonstances, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

9. En cinquième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté pour les motifs précédemment exposés.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre de refus d'accorder un délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, il ressort des points précédents que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas illégale. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision subséquente fixant le délai de départ volontaire à 30 jours devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.

11. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. ". Il ne ressort pas des pièces des pièces du dossier qu'avant de fixer le délai de départ volontaire à 30 jours, le préfet de la Moselle n'aurait pas examiné la situation personnelle du requérant. Au demeurant, l'intéressé ne démontre pas l'existence de circonstances exceptionnelles justifiant que lui soit accordé un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen de sa situation personnelle et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés comme non fondés.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination de son éloignement :

12. En premier lieu, il ressort des points précédents que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas illégale. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision subséquente fixant le pays de destination de l'éloignement devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.

13. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

14. En l'espèce, M. B allègue, qu'en cas de retour dans son pays d'origine il risque de subir des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, se bornant à faire état de son handicap (surdité), il ne démontre pas être personnellement exposé à un risque réel, direct, actuel et sérieux pour sa vie ou sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine et n'est dès lors pas fondé à soutenir que le préfet de la Moselle aurait méconnu les stipulations et dispositions précitées.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, il ressort des points précédents que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas illégale. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision subséquente portant interdiction de retour sur le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article

L. 612-8 () ". Il résulte des dispositions de ces deux articles que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, tenir compte des critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Par ailleurs, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

18. En l'espèce, la décision attaquée vise les textes qui la fondent, et indique les éléments de la situation personnelle du requérant qui ont été pris en considération, notamment la circonstance qu'il n'établit pas l'existence de circonstances humanitaires particulières qui pourraient justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour, et qu'il ne justifie pas de liens intenses et stables avec la France, eu égard notamment à la faible ancienneté de sa présence en France. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions susmentionnées aux fins d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : Il n'y a pas lieu d'admettre M. B provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Moselle.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Décision rendue publique, par mise à disposition au greffe, le 25 août 2022.

Le magistrat désigné,

F. SILVESTRE-TOUSSAINT-FORTESA

Le greffier,

N. EL ABBOUDI

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N. EL ABBOUDI

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