mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2203131 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | OLSZAKOWSKI |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 11 mai 2022 sous le numéro 2203131, M. H A, représenté par Me Olszakowski, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 12 avril 2022 par lequel le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour, subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte.
Il soutient que :
- s'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
o l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) est irrégulier, en ce que les médecins du collège ne sont pas identifiés et en ce qu'il n'est pas établi que le médecin-rapporteur n'a pas siégé au sein du collège ;
o elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français : elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de tire de séjour ;
- s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français : elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2022.
Par une ordonnance du 16 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 juin 2022.
II. Par une requête, enregistrée le 11 mai 2022 sous le numéro 2203132, Mme C A née D, représentée par Me Olszakowski, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 12 avril 2022 par lequel le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte.
Elle soutient que :
- s'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
o l'avis du collège de médecins de l'OFII est irrégulier, en ce que les médecins du collège ne sont pas identifiés et en ce qu'il n'est pas établi que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège ;
o elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français : elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de tire de séjour ;
- s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français : elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2022.
Par une ordonnance du 16 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 juin 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313 22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience par décision du 14 juin 2022.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme K a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A sont entrés en France le 24 juillet 2017, selon leurs déclarations. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), rejets confirmés par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Le 30 mai 2018, ils ont sollicité leur admission au séjour en raison de l'état de santé de leur fille B. Ils ont fait l'objet d'un refus de titre de séjour et d'une obligation de quitter le territoire français le 12 avril 2019, dont la légalité a été confirmée par jugement du présent tribunal en date du 17 septembre 2019. Le 4 juin 2021, ils ont à nouveau sollicité leur admission au séjour en raison de l'état de santé de leur fille B. Par arrêtés en date du 12 avril 2022, le préfet de la Moselle a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a interdit leur retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par leurs requêtes, qui ont fait l'objet d'une instruction commune et qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. et Mme A demandent l'annulation de ces arrêtés.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. et Mme A ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, postérieurement à l'enregistrement de la requête, par des décisions de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Strasbourg du 8 juin 2022. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur leur demande d'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (). ". Par ailleurs, l'article R. 425-11 du même code dispose que : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. (). ". En outre, aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. / () / Il transmet son rapport médical au collège de médecins. (). ". L'article R. 425-13 dudit code dispose que : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. (). ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté susvisé du 27 décembre 2016 : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent O que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical (). ". Aux termes de l'article 5 du même arrêté : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport. ". Enfin, aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis a` l'issue de la délibération est signe´ par chacun des trois médecins membres du collège. ".
4. En premier lieu, il ressort de l'avis du collège de médecins de l'OFII du 30 mars 2022 produit par le préfet de la Moselle que le médecin-rapporteur, le docteur G L, n'a pas siégé au sein du collège composé du docteur E J, du docteur F I et du docteur M N. Il ressort également des pièces du dossier qu'un rapport médical relatif à l'état de santé du requérant a été rédigé, le 5 mars 2022, par le médecin-rapporteur, le docteur G L O, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.
5. En second lieu, il ressort des termes de la décision contestée que, conformément à l'avis rendu le 30 mars 2022 par le collège de médecins de l'OFII, le préfet de la Moselle a estimé que si l'état de santé de l'enfant B A nécessite une prise en charge médicale, le défaut d'une telle prise en prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Les requérants ne produisent aucun élément de nature à remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions portant refus de titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
7. Eu égard à ce qui précède, le moyen tiré de ce que ces décisions devraient être annulées du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté. O, les conclusions tendant à leur annulation doivent être rejetées.
En ce qui concerne les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
8. Eu égard à ce qui précède, le moyen tiré de ce que ces décisions devraient être annulées du fait de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté. O, les conclusions tendant à leur annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. Le présent jugement n'appelant aucune mesure d'exécution, les conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : Il n'y a plus lieu d'admettre M. et Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire
Article 2 : Le surplus des requêtes de M. et Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. H A, à Mme C A née D, à Me Olszakowski et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Messe, présidente,
Mme Milbach, première conseillère,
M. Duez-Gündel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La rapporteure,
C. K
La présidente,
M.-L. MESSE
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Nos 2203131-220313
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026