jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2203186 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2022, M. H E, représenté par la SCP Racine Strasbourg, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Colmar a accordé à la société HB Consulting un permis de construire portant sur la construction d'une résidence de dix logements, sur un terrain situé 13, rue Henner à Colmar, ainsi que la décision du 8 mars 2022 par laquelle le maire de Colmar a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Colmar le versement d'une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- le dossier de permis de construire est incomplet ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 9 UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la commune de Colmar ;
- elle méconnaît l'article 11 UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme de Colmar.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2022, la société HB Consulting, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2022, la commune de Colmar conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 septembre 2022.
Un mémoire a été enregistré pour M. E le 5 janvier 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G D,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Paye-Blondet, avocat de M. E,
- les observations de Me Erckel, avocat de la société HB Consulting.
Une note en délibéré a été enregistrée le 12 janvier 2023 pour le compte de M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 12 juillet 2021 et complétée le 13 octobre 2021, la société HB Consulting a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la construction d'une résidence de dix logements, pour une surface de plancher de 1 004,88 mètres carrés, sur un terrain situé 13, rue Henner à Colmar. Par un arrêté du 20 décembre 2021, le maire de la commune de Colmar a délivré le permis de construire sollicité. Par un courrier du 15 février 2022, M. E a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté qui a été rejeté par une décision du maire de la commune de Colmar du 8 mars 2022. Par le présent recours,
M. E demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2021 ainsi que la décision du 8 mars 2022.
Sur la légalité de l'arrêté du 20 décembre 2021 :
2. En premier lieu, par un arrêté du 6 janvier 2021, régulièrement publié, le maire de la commune de Colmar a habilité Mme A I, première adjointe, à signer tous les actes se rattachant aux projets urbains et, en cas d'empêchement de celle-ci, à M. C B, adjoint. Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté, que Mme I était empêchée à la date de la signature de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 431-10 du même code: " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies et du plan de géomètre joints au dossier de demande de permis de construire, que le service instructeur a été en mesure d'apprécier la végétation et les éléments paysagers existants, et ce alors même que certains arbres séparant la parcelle de M. E des parcelles sur lesquelles sera implantée la construction en litige ne figuraient pas sur certains plans. D'autre part, alors qu'aucune disposition n'impose au pétitionnaire de faire figurer l'ensemble des constructions voisines dans son dossier, il ressort des pièces du dossier que si la maison de M. E n'apparaît pas sur la perspective d'insertion PC6, elle est, en revanche, représentée à plusieurs reprises sur d'autres plans et photographies joints au dossier de demande de permis de construire. Par suite, l'administration a été en mesure d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 9 UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la commune de Colmar : " Emprise au sol des constructions () / Dans le secteur UCa / 3. En dehors de la bande de 16 m définie à l'alinéa 1 de l'article 7UC, l'emprise au sol atteindra au maximum 30 %. / Ces dispositions ne s'appliquent pas : / - aux constructions et équipements publics d'intérêt collectif ; / - aux travaux et aménagements visant à améliorer l'accessibilité des constructions ; ". La bande de 16 mètres, définie à l'alinéa 1 de l'article 7UC, est décomptée de l'alignement de la voie existante, à modifier ou à créer.
7. Contrairement à ce que soutient M. E, il ressort des pièces du dossier, et notamment du schéma d'implantation non sérieusement contesté, que la superficie du terrain d'implantation de la construction en litige est, au-delà de la bande de 16 mètres mentionnée dans les dispositions précitées, de 890 mètres carrés. Il n'est pas davantage sérieusement contesté que la superficie de la surface bâtie, au-delà de cette même bande de 16 mètres, s'élève à 267 mètres carrés. Les dispositions précitées de l'article 9UC qui imposent, en dehors de la bande des 16 mètres définie à l'alinéa 1 de l'article 7UC, de limiter l'emprise au sol des constructions à 30 % n'ont, par suite, pas été méconnues et le moyen invoqué sur ce point ne peut qu'être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 11 UC du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la commune de Colmar : " Aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords / 1. L'autorisation d'occupation du sol peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur, les constructions et ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / 2. La limite entre le domaine public et l'espace privé devra être matérialisée. () / De plus, dans le secteur UCa / Aspect général des constructions / 10. Les constructions nouvelles devront, notamment par leurs proportions et leur volume, tenir compte du caractère dominant du bâti environnant. / 11. A l'occasion de travaux de ravalement des façades des constructions anciennes, les modénatures ainsi que les balcons et volets d'origine devront être maintenus. ".
9. S'il n'est pas sérieusement contesté que le projet se situe dans le quartier allemand de la commune de Colmar, dans lequel se trouvent notamment des maisons de maître, il ressort néanmoins des pièces du dossier qu'existent d'ores-et-déjà des bâtiments à l'architecture moderne et qu'aucune harmonie architecturale ne peut dès lors être retenue. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que ni la volumétrie ni les matériaux de la construction projetée ne sont de nature à porter atteinte aux caractéristiques du bâti environnant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
Sur la légalité de la décision du 8 mars 2022 :
10. En premier lieu, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
11. Il résulte de ce qui a été rappelé au point précédent que M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision du 8 mars 2022 rejetant son recours gracieux serait illégale en raison de l'incompétence de son auteur, qui n'est pas fondé et qui constitue en tout état de cause un vice propre de cette décision. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.
12. En deuxième lieu, eu égard à ce qui a été indiqué aux points 2 à 9 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision du 8 mars 2022 serait illégale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 20 décembre 2021 doit être écarté.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. E doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Colmar qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. E demande au titre des frais liés au litige.
15. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de M. E le paiement à la société HB Consulting d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : M. E versera à la société HB Consulting une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. H E, à la société HB Consulting et à la commune de Colmar.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Kalt, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La rapporteure,
A.-L. D
Le président,
M. F
La greffière,
H. CHROAT
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026