mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2203257 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (4) |
| Avocat requérant | ROUSSEL |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2203257 respectivement les 13 mai et 8 juin 2022, M. G D F, représenté par Me Roussel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 mai 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de délivrer, durant cet examen, une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'illégalité du fait de l'existence d'un recours pendant devant le Conseil d'Etat, contre la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 8 et 13 juin 2022, le préfet du
Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D F ne sont pas fondés.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2203260 respectivement les 13 mai et 8 juin 2022, Mme A J F K, représentée par Me Roussel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 mai 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de délivrer, durant cet examen, une autorisation provisoire de séjour.
Elle se prévaut des mêmes moyens que ceux exposés sous le n° 2203257.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 8 et 13 juin 2022, le préfet du
Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme F K ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E B,
- les observations de Me Schweitzer, substituant Me Roussel, avocat de M. I et L F K, assistés L C, interprète en langue espagnole, qui conclue aux mêmes fins, par les mêmes moyens, et soutient en outre que les décisions portant obligation de quitter le territoire français sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leur situation, et que les décisions fixant le pays de destination sont entachées d'un défaut d'examen particulier de leur situation et sont entachées d'une erreur de droit, le préfet du Haut-Rhin s'étant cru lié par les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile.
Le préfet du Haut-Rhin n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes nos 2203257 et 2203260, relatives à la situation des membres d'une même famille, présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu, dès lors, de les joindre et de statuer par un seul jugement.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Et aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ".
3. En premier lieu, il est constant que les demandes d'asile présentées par Mme F K et son fils, M. D F, ressortissants colombiens nés respectivement en 1981 et en 2001, ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, par des décisions du 18 mai 2021, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile le 22 avril 2022. Dès lors, les requérants ne bénéficient plus du droit de se maintenir sur le territoire et le préfet du Haut-Rhin a pu légalement, en application des dispositions citées au point précédent, leur faire obligation aux de quitter le territoire, et ce alors même qu'ils auraient présenté un recours, qui n'a aucun caractère suspensif, devant le Conseil d'Etat.
4. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, il est constant que les requérants résident de manière habituelle et continue depuis fin 2019, soit depuis deux années et quatre mois à la date des décisions en litige. En se bornant à se prévaloir de la participation à des cours d'apprentissage de la langue française et de la scolarité du fils cadet L F K, né en 2011 et entré en France avec sa mère et son frère, ils ne démontrent toutefois pas une insertion profonde et durable en France. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet du Haut-Rhin aurait entachés des décisions d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leur situation.
6. En dernier lieu, les décisions portant obligation de quitter le territoire n'ayant ni pour objet ni pour effet de déterminer un pays de destination, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant.
Sur la légalité des décisions fixant le pays de destination :
7. En premier lieu, il ne ressort ni des termes des arrêtés en litige, ni des pièces du dossier que le préfet du Haut-Rhin n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation L F K et de M. D F avant de fixer le pays à destination duquel ils sont susceptibles d'être éloignés d'office. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen particulier des circonstances doit être écarté.
8. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes des arrêtés en litige, ni des pièces du dossier que le préfet du Haut-Rhin se serait cru lié par les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile pour apprécier les risques de traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, encourus par Mme F K et de M. D F. Par suite, ces derniers ne sont pas fondés à soutenir que le préfet aurait méconnu l'étendue de sa compétence en édictant les décisions en litige.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
10. En l'espèce, si Mme F K et M. D F, font valoir qu'ils craignent pour leur vie et leur liberté en cas de retour dans leur pays d'origine, ils ne produisent, à l'appui de leur récit, aucune pièce de nature à établir le caractère réel, actuel et personnel des risques allégués. Au demeurant, leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ainsi que par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet du Haut-Rhin aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions L H et de M. D F tendant à l'annulation des arrêtés du préfet du Haut-Rhin en date du 4 mai 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. D F et L F K sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G D F, à Mme A J F K et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
A. BLa greffière,
A. Huck
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme.
La greffière,
Nos 2203257,2203260
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026