mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2203508 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MAZZA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 26 mai 2022, 10 juillet 2023, 14 septembre 2023 et 26 octobre 2023, M. C B, représenté par Me Mazza, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 mars 2022 par laquelle le service départemental d'incendie et de secours du Bas-Rhin a refusé sa demande d'imputabilité au service de l'accident dont il dit avoir été victime le 3 décembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au service départemental d'incendie et de secours du Bas-Rhin de le placer rétroactivement en congé d'invalidité temporaire imputable au service à compter du 3 décembre 2021 et jusqu'à la date de sa consolidation ;
3°) de mettre à la charge du service d'incendie et de secours du Bas-Rhin la somme de 3 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le service départemental d'incendie et de secours a influencé la commission de réforme en lui demandant de rendre un avis défavorable ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de l'imputabilité au service de l'accident du 3 décembre 2021.
Par des mémoires en défense enregistré les 29 juillet 2022, 2 août 2023, 12 octobre 2023 et 25 janvier 2024, le service départemental d'incendie et de secours du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 6 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 6 mars 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de M. Biget, rapporteur public,
- les observations de M. D, représentant le SDIS du Bas-Rhin.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, adjudant-chef des sapeurs professionnels au service d'incendie et de secours du Bas-Rhin (ci-après SIS 67) depuis 1992, exerçant la fonction de gestionnaire au sein du bureau du matériel non-roulant du service maintenance du groupement logistique et technique du SIS, a présenté le 31 décembre 2021 une demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident dont il dit avoir été victime le 2 décembre 2021. Par une décision du 28 mars 2022, le directeur du SIS a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques () ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation () doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 211-6 du même code : " Les dispositions du présent chapitre ne dérogent pas aux textes législatifs interdisant la divulgation () de faits couverts par le secret ".
3. Il résulte de la combinaison des dispositions législatives précitées que le refus de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident est au nombre des décisions qui doivent être motivées. Si le respect des règles relatives au secret médical ne peut avoir pour effet d'exonérer l'administration de l'obligation de motiver sa décision, dans des conditions de nature à permettre au juge de l'excès de pouvoir d'exercer son contrôle, elle ne peut divulguer des éléments couverts par le secret médical.
4. En l'espèce, la décision attaquée indique que la commission départementale de réforme a émis un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la déclaration d'accident du 3 décembre 2021 compte tenu du rapport d'expertise médicale effectuée sur pièces par le docteur A. Cet avis en date du 18 mars 2022 a été joint à la décision. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que M. B a eu connaissance des conclusions du rapport d'expertise.
5. Le requérant soutient que la décision, qui ne rappelle pas les dispositions légales et réglementaires sur lesquelles elle se fonde et se contente de renvoyer à l'avis de la commission de réforme et au rapport d'expertise sans autre précision, ne satisfait pas à l'obligation de motivation.
6. Le service d'incendie et de secours du Bas-Rhin fait valoir qu'il est admis que l'exigence de motivation peut être satisfaite par référence à un document joint ou précédemment adressé à l'intéressé. Il soutient que M. B ne pouvait ignorer le fondement juridique de la décision litigieuse qui est indiqué dans son courrier du 26 janvier 2022 dans lequel il l'informe de l'instruction de sa demande en se référant aux dispositions du décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 relatif au CITIS qui réglemente la procédure applicable.
7. Si le SIS du Bas Rhin doit être regardé comme s'étant approprié les motifs de l'avis de la commission de réforme annexé à la décision litigieuse, il ne mentionne pas les textes sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Dès lors, M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée n'énonce pas les considérations de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être accueilli.
8. Il résulte de tout ce qui précède que sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. " Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. "
10. Lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions à fin d'annulation, des conclusions à fin d'injonction tendant à ce que le juge enjoigne à l'autorité administrative de prendre une décision dans un sens déterminé, il incombe au juge de l'excès de pouvoir d'examiner prioritairement les moyens qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de l'injonction demandée. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens de fond de la demande du requérant, mais retient un moyen de forme, le juge de l'excès de pouvoir n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler la décision attaquée. Statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens de fond qui assortissaient sa demande.
11. Eu égard à la nature du moyen retenu pour prononcer l'annulation de la décision attaquée, le présent jugement implique seulement que l'administration prenne une nouvelle décision dûment motivée en droit sur la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident de M. B survenu le 3 décembre 2021. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du service d'incendie et de secours du Bas-Rhin la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1err : La décision du directeur du service départemental d'incendie et de secours du Bas-Rhin du 28 mars 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au service départemental d'incendie et de secours du Bas-Rhin de de prendre une nouvelle décision sur la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident de M. B survenu le 3 décembre 2021 dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le service d'incendie et de secours de Bas-Rhin versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au service d'incendie et de secours du Bas-Rhin.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laubriat , président,
Mme Weisse Marchal, première conseillère,
M. Muller, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
C. E
Le président,
A. Laubriat La greffière,
A. Dorffer
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2203508
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026