mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2203542 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DULMET - DÖRR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2022, Mme B D, représentée par Me Dulmet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 avril 2022 par lequel le maire de Guebwiller a refusé de l'indemniser du prétendu harcèlement moral qu'elle aurait subi ;
2°) de condamner la commune de Guebwiller à réparer son préjudice résultant de l'irrégularité de la rupture de son contrat de travail pour un montant de 2 400 euros, à réparer son préjudice résultant de la rupture abusive de son contrat de travail pour un montant de 9 000 euros et à réparer le préjudice lié au harcèlement moral qu'elle estime avoir subi pour un montant de 12 000 euros ;
3) de mettre à la charge de la commune de Guebwiller la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la notification de la décision de fin de contrat anticipée n'a pas respecté le formalisme prescrit à l'article 4 de son contrat de vacation, en ce qu'elle ne lui a pas été envoyée par lettre recommandée, mais remise en main propre ;
- elle a subi des faits de harcèlement moral ;
- les faits qui motivent la décision anticipée de fin de contrat sont erronés ;
- elle doit être indemnisée à hauteur de 2 400 euros au titre de l'irrégularité de la rupture de son contrat de travail, de 9 000 euros au titre de son préjudice lié à la rupture abusive de son contrat de travail et de 12 000 euros au titre du harcèlement moral qu'elle a subi.
Par un mémoire enregistré le 21 octobre 2022, la commune de Guebwiller, représentée par Me Waltuch, conclut au rejet de la requête et à ce que la requérante lui verse la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cormier ;
- les conclusions de Mme A - Selva, rapporteure publique ;
- les observations de Me Wurmberg Popovic, avocat substituant Me Dulmet, représentant Mme D ;
- et les observations de Me Cheminet, avocat substituant Me Waltuch, représentant la commune de Guebwiller.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D a été embauchée par la commune de Guebwiller en qualité de vacataire par contrat à durée déterminée à compter du 25 mars 2021 et en dernier lieu du 1er septembre 2021 au 30 septembre 2021, en tant que responsable d'un centre de vaccination contre la COVID 19. Mme D a été placée en arrêt maladie du 1er septembre au 12 septembre 2021, en raison d'un choc émotionnel et d'une capsulite rétractile à l'épaule droite. Le 16 septembre 2021, le maire de Guebwiller a mis fin à son contrat de vacation en raison de " divergences sur la gestion et l'organisation du centre de vaccination ". Mme D a demandé le 18 février 2022 l'indemnisation de différents préjudices. Par un courrier du 21 avril 2021, le maire de Guebwiller a refusé de faire droit à cette demande.
Sur la responsabilité de la commune de Guebwiller :
2. En premier lieu, pour regrettable qu'elle soit, il ne résulte pas de l'instruction que la commune de Guebwiller ait commis une faute en notifiant à Mme D en mains propres la fin anticipée de son contrat de travail, en méconnaissance des stipulations de son contrat de vacation, qui prévoyaient une notification par lettre recommandée avec accusé de réception. Par conséquent, la requérante n'est pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité de l'administration en raison de la notification en mains propres de la fin anticipée de son contrat.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligation des fonctionnaires, dans sa rédaction alors applicable : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel (). Les dispositions du présent article sont applicables aux agents non titulaires de droit public ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'administration auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.
4. Mme D soutient qu'elle a subi des faits de harcèlement moral par une adjointe au maire de Guebwiller, durant plusieurs semaines, qui se sont traduit pas des appels incessants, notamment les week-ends, et par des remises en cause de ses méthodes d'organisation du centre de vaccination.
5. Toutefois, alors que l'adjointe au maire de Guebwiller mise en cause par Mme D était en charge de la solidarité et, par conséquent, de l'organisation des opérations de vaccination sur le territoire communale, les pièces produites par Mme D ne permettent pas d'établir que les appels de cette adjointe auraient dépassé le nombre nécessaire à l'organisation du service de vaccination ou auraient été supérieurs à ce qu'il était admissible. Mme D n'apporte pas non plus la preuve de comportements déplacés de la part de l'adjointe au maire en charge des solidarités, excédant les directives qu'elle pouvait légitimement lui donner.
6. Les éléments apportés par la commune de Guebwiller sont en revanche de nature à démontrer que le comportement de Mme D au sein du centre de vaccination a, à plusieurs reprises, été problématique, notamment lorsqu'elle a refusé d'ouvrir le nombre de places correspondant aux doses mises à disposition par l'agence régionale de santé, mais également en se comportant de manière brutale avec un usager prioritaire.
7. Les éléments apportés par l'administration sont de nature à démontrer que les agissements en cause ont été justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. Ainsi, il résulte de tout ce qui précède que les éléments de fait présentés par Mme D ne sont pas susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral. Par conséquent, Mme D n'est pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité de l'administration en raison du harcèlement moral dont elle estime avoir été victime.
8. En troisième et dernier lieu, il résulte de tout ce qui précède, que Mme D n'est pas fondée à soutenir que la responsabilité de l'administration doit être engagée en raison de la rupture abusive de son contrat de travail.
9. Les conclusions indemnitaires dirigées contre la commune de Guebwiller doivent par suite être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Guebwiller, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme D au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D la somme demandée par la commune de Guebwiller au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Guebwiller sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et à la commune de Guebwiller.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laubriat, président,
Mme Weisse-Marchal, première conseillère,
M. Cormier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.
Le rapporteur,
R. Cormier
Le président,
A. Laubriat
La greffière,
B. Delage
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026