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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2203873

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2203873

mardi 27 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2203873
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantGAUDRON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement du 6 décembre 2021, rendu sous les numéros 2007029 et 2103327, le tribunal administratif de Strasbourg a enjoint au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de verser à M. E A et Mme C B en leur qualité de représentants de leur fille mineure D A l'allocation pour demandeur d'asile à compter du 23 juin 2020 dans un délai d'un mois suivant la notification dudit jugement sous astreinte de 30 euros par jour de retard.

Par une requête enregistrée le 15 juin 2022 sous le numéro 2203873, M. E A et Mme C B, agissant en qualité de représentants de leur fille mineure D A, représentés par Me Gaudron, demandent au tribunal :

1°) de liquider l'astreinte prononcée à l'encontre de l'OFII à compter du 6 décembre 2021 ;

2°) de condamner l'OFII à leur verser la somme de 4 500 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros au bénéfice de Me Gaudron au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;

4°) de condamner l'OFII aux entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- l'OFII n'a toujours pas exécuté le jugement du 6 décembre 2021 ;

- il y a lieu de liquider l'astreinte.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022 l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le jugement du 6 décembre 2021 a été entièrement exécuté.

Un mémoire, enregistré le 2 septembre 2022, présenté pour M. A et Mme B, n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F,

- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique.

Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur la liquidation des astreintes :

1. Il résulte des dispositions du livre V du code de justice administrative, combinées avec celles des articles L. 911-1, L. 911-2, L. 911-3 et L. 911-7 du même code, qu'il appartient au juge de se prononcer sur la liquidation d'une astreinte précédemment prononcée par lui.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée. ". Aux termes de l'article L. 911-8 du même code : " La juridiction peut décider qu'une part de l'astreinte ne sera pas versée au requérant. / Cette part est affectée au budget de l'Etat. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 551-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Pour les personnes qui se sont vu reconnaître la qualité de réfugié prévue à l'article L. 511-1 ou accorder le bénéfice de la protection subsidiaire prévue à l'article L. 512-1, le bénéfice de l'allocation prend fin au terme du mois qui suit celui de la notification de la décision. ".

4. Par un jugement du 6 décembre 2021, notifié le 9 décembre 2021, le tribunal a enjoint à l'OFII de verser à M. A et Mme B, en leur qualité de représentants de leur fille mineure D A, l'allocation pour demandeur d'asile à compter du 23 juin 2020, dans un délai d'un mois suivant la notification dudit jugement sous astreinte de 30 euros par jour de retard. Par une décision du 30 juin 2021, notifiée le 20 juillet 2021, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a accordé à l'enfant Mariam A le statut de réfugiée. Ainsi, l'exécution du jugement du 6 décembre 2021 impliquait que l'OFII verse aux requérants, pour le compte de leur fille, l'allocation pour demandeur d'asile au titre de la période du 23 juin 2020 au 31 août 2021, pour un montant total de 9 866,60 euros. Dès lors qu'il résulte de l'instruction que l'OFII a seulement versé, pour cette période, la somme globale de 6 606,04 euros, le jugement du 6 décembre 2021 n'a été que partiellement exécuté. Il y a lieu, en conséquence, de procéder à la liquidation définitive de l'astreinte prononcée pour la période du 10 janvier 2022 au 6 septembre 2022. Toutefois, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application des dispositions précitées de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, de modérer l'astreinte provisoire initialement prononcée et de fixer le montant de la somme due par l'OFII aux requérants à 5 euros par jour de retard.

5. Il s'ensuit que le montant de l'astreinte à liquider s'élève à la somme de 1 195 euros. En l'espèce, il y a lieu de n'allouer à M. A et Mme B, en leur qualité de représentants de leur fille mineure D A, qu'une partie de cette somme, à savoir la somme de 400 euros. La différence sera versée au budget de l'État.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative :

6. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. A et Mme B en leur qualité de représentants de leur fille mineure D A sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'OFII une somme au titre des dispositions susmentionnées.

D E C I D E :

Article 1er : L'astreinte provisoire à laquelle l'OFII a été condamné par jugement du 6 décembre 2021 est liquidée définitivement pour la période du 10 janvier 2022 au 6 septembre 2022 à la somme de 1 195 (mille cent quatre-vingt-quinze) euros.

Article 2 : L'OFII versera à M. A et Mme B en leur qualité de représentants de leur fille mineure D A la somme de 400 (quatre cents) euros.

Article 3 : L'OFII versera à l'État la somme de 795 (sept cent quatre-vingt-quinze) euros.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : La présente décision sera notifiée à M. E A en application du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à Me Gaudron et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Copie en sera adressée au parquet général près la Cour des comptes.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Carrier, président,

M. Duez-Gündel, conseiller,

Mme Klipfel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.

Le rapporteur,

C. F

Le président,

C. CARRIER

Le greffier,

P. HAAG

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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