LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2203878

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2203878

mercredi 20 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2203878
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique (6)
Avocat requérantPERREY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 juin 2022, M. C A, représenté par Me Perrey, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2022 par lequel le syndicat des eaux et de l'assainissement d'Alsace-Moselle a pris à son encontre la sanction d'exclusion de fonctions pour une durée de trois jours ainsi que la décision du 12 mai 2022 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au syndicat des eaux et de l'assainissement d'Alsace-Moselle de lui restituer les 3/30ème saisis sur sa rémunération ;

3°) de mettre à la charge du syndicat des eaux et de l'assainissement d'Alsace-Moselle une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'une insuffisance de motivation ;

- la matérialité de certains des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie ;

- certains des faits qui lui sont reprochés et qu'il reconnaît ne sont pas constitutifs de faute ;

- la sanction est disproportionnée ;

- le syndicat des eaux et de l'assainissement a entaché ses décisions d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 octobre 2022, le syndicat des eaux et de l'assainissement d'Alsace-Moselle conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 31 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 22 novembre 2023.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :

- les conclusions de Mme Devys, rapporteure publique,

- les observations de Me Perrey, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens ;

- les observations de M. A ;

- les observations de Me Diss, représentant le syndicat des eaux et de l'assainissement d'Alsace-Moselle, qui conclut aux mêmes fins que son mémoire en défense par les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, agent de maîtrise principal au syndicat des eaux et de l'assainissement d'Alsace-Moselle (SDEA), est affecté au centre de Benfeld. Par un arrêté du 3 mars 2022, le SDEA a prononcé à son encontre la sanction d'exclusion de ses fonctions pour une durée de trois jours. M. A demande l'annulation de cet arrêté complété par celui du 11 mai 2022 ainsi que du courrier du 12 mai 2022 par lequel le SDEA a rejeté son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code général de la fonction publique : " L'agent public exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité ". L'article L. 121-7 du même code dispose : " L'agent public doit faire preuve de discrétion professionnelle pour tous les faits, informations ou documents dont il a connaissance dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions. () ". Selon l'article L. 530-1 du même code : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. () ". Enfin aux termes de l'article L. 533-1 : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes :1° Premier groupe : () c) L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours. () ".

3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

4. Pour prononcer à l'encontre de M. A la sanction d'exclusion de ses fonctions pour une durée de trois jours, le SDEA s'est fondé sur le témoignage établi le 2 décembre 2021 par une femme de ménage intervenant pour le compte d'une société prestataire de service du SDEA faisant état de propos et comportements inappropriés de M. A à son égard et à l'égard de sa collègue de travail, qui serait également sa fille.

5. Les insultes et attouchements dont ce témoignage fait état sont contestés par M. A et ne sont corroborés par aucune autre pièce du dossier. La matérialité des insultes et attouchements reprochés à M. A n'est donc pas établie. En revanche, M. A a reconnu avoir proposé à plusieurs reprises aux salariées concernées de prendre un café, ce qui ne saurait en soi et en l'absence de preuve d'une insistance déplacée constituer une faute. Il a reconnu également qu'alors qu'il se rendait aux toilettes pour hommes avoir commencé à défaire la ceinture de son pantalon en passant la porte d'entrée et être alors tombé nez à nez avec les femmes de ménage qui nettoyaient le sol. Si M. A reconnaît que ce geste était impudique et maladroit, il conteste toute volonté d'exhibition et d'agression sexuelle. Dans ces conditions, ce fait ne saurait constituer une faute de nature à justifier une sanction. Enfin, M. A reconnaît avoir informé les femmes de ménage de l'existence d'une note de service diffusée par la direction du centre SDEA de Benfeld appelant les agents à la vigilance car des affaires sur certains bureaux avaient disparu. Si ce fait, qui constitue un manquement de M. A à son obligation de discrétion professionnelle, est bien fautif, il ne justifie pas à lui seul la sanction d'exclusion de fonctions d'une durée de trois jours prise à son encontre, dès lors qu'il ne ressort pas des termes du témoignage de la femme de ménage qu'il l'aurait accusée de vol.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre moyen de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation des arrêtés des 3 mars et 11 mai 2022 prononçant à son encontre une exclusion de fonctions de trois jours ainsi que de la décision du 12 mai 2022 rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Un agent public irrégulièrement évincé a droit, non pas au versement du traitement dont il a été privé, mais à la réparation du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre. Ainsi, en l'espèce, M. A, qui ne demande pas une indemnité représentative de son préjudice mais le versement de la rémunération dont il a été privé, ne peut, en l'absence de service fait, prétendre au rappel de son traitement durant les trois jours pendant lesquels il a été exclu de ses fonctions. Par suite, ses conclusions en injonction ne peuvent dès lors qu'être rejetées.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le SDEA demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du SDEA la somme demandée par M. A au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : Les arrêtés du SDEA des 3 mars et 11 mai 2022 ainsi que la decision du 12 mai 2022 rejetant le recours gracieux formé par M. A sont annulés.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par le syndicat des eaux et de l'assainissement d'Alsace-Moselle sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au syndicat des eaux et de l'assainissement d'Alsace-Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.

Le magistrat désigné,

A. B La greffière,

A. Dorffer

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026