mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204110 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8e chambre |
| Avocat requérant | KIPFFER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 juin 2022 et le 4 avril 2024, M. C B, représenté par Me Kipffer, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 9 juin 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a notifié la cessation de ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 2 513 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- il n'a pas bénéficié d'une évaluation de sa situation de vulnérabilité préalablement à l'édiction de la décision attaquée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est estimé en situation de compétence liée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 1er juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Fuchs Uhl, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant soudanais, né le 5 juillet 1989, est entré en France afin d'y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été enregistrée le 26 janvier 2022 en procédure Dublin. Le même jour, il a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 9 juin 2022, la directrice territoriale de Metz de l'OFII a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que M. B n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. Il demande au tribunal de prononcer l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 1er juillet 2022. Par suite, les conclusions du requérant tendant à ce que le tribunal lui accorde le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, la décision contestée vise les dispositions applicables, en particulier les articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et expose les éléments de fait la justifiant, en se référant notamment à l'absence de respect des exigences des autorités chargées de l'asile par le requérant ainsi qu'à l'examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale. M. B n'est par suite pas fondé à soutenir que la décision contestée est entachée de défaut de motivation.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier et du compte-rendu d'entretien signé par l'intéressé, que lors de l'enregistrement de sa demande d'asile le 26 janvier 2022 il a bénéficié d'un entretien, en langue arabe, au cours duquel sa situation personnelle et sa vulnérabilité ont pu être évaluées. Il n'appartenait pas à la directrice territoriale de l'OFII de Metz de procéder à un nouvel entretien préalablement à la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil. En tout état de cause, M. B a été invité, par une lettre recommandée du 19 mai 2022, avisée et non réclamée à présenter ses observations sur la décision à venir dans un délai de quinze jours. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas bénéficié préalablement à l'édiction de la décision attaquée d'un entretien personnel de vulnérabilité.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile () ; / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ".
6. Pour mettre fin au bénéfice des conditions matérielles dont M. B bénéficiait, l'OFII a retenu qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter à ces mêmes autorités. Le requérant soutient qu'il s'est toujours présenté aux convocations de l'administration et de la police et qu'un refus d'embarquement ne permettrait pas de caractériser le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile. Toutefois, l'OFII produit à l'instance le procès-verbal établi le 18 mai 2022 par la police aux frontières de l'aéroport de Bâle-Mulhouse dont il ressort que le requérant a refusé, ce même jour, d'embarquer sur un vol à destination de Malte, dans le cadre de son transfert auprès de ces autorités, responsables de l'examen de sa demande d'asile. L'OFII verse également la déclaration de fuite que lui ont transmis les services préfectoraux pour l'informer d'une prolongation de dix-huit mois du délai de transfert de M. B. Par ailleurs, le requérant ne démontre pas une situation de vulnérabilité particulière. Au demeurant, alors qu'il a été mis à même de présenter des observations sur la mesure de cessation des conditions matérielles d'accueil envisagée à son encontre, il n'y a pas donné suite. Par conséquent, M. B n'est pas fondé à soutenir que le directeur de l'OFII a méconnu les dispositions précitées. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du directeur général de l'OFII mettant fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, Me Kipffer et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sibileau, président,
- Mme Fuchs Uhl, conseillère,
- M. A, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 novembre 2024.
La rapporteure,
S. FUCHS UHLLe président,
J.-B. SIBILEAU
La greffière,
S. BILGER-MARTINEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
C. BOHN
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026