vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204284 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CHEBBALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 1er juillet 2022 et 5 juin 2024, M. B A, représenté par Me Chebbale, demande au tribunal :
1°) de condamner l'office français de l'immigration et de l'intégration à lui verser la somme de 13 054,60 euros en réparation du préjudice matériel que lui a causé la décision implicite de suspension des conditions matérielles d'accueil intervenue en juillet 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 800 euros TTC à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'office français de l'immigration et de l'intégration a commis une faute en suspendant implicitement les conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait sans avoir recueilli au préalable ses observations ;
- l'office français de l'immigration et de l'intégration a commis une faute en suspendant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait sans lui notifier de décision expresse ;
- l'office français de l'immigration et de l'intégration a commis une faute en lui suspendant les conditions matérielles d'accueil sans avoir pris en considération sa situation de particulière vulnérabilité ;
- les manquements à ses obligations, retenus par l'OFII pour justifier de la suspension du versement des allocations pour demandeur d'asile, ne sont pas avérés ; souffrant de pathologies il ne pouvait honorer ses rendez-vous ;
- l'office français de l'immigration et de l'intégration a commis une faute en tardant à lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
- cette faute a eu pour conséquence de le priver du bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile du mois de juillet 2019 au mois de février 2022 ;
- il a droit à une indemnité égale au montant des prestations qu'il n'a pu percevoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2024, l'office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 11 juin 2024.
Par un courrier du greffe du 27 novembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que l'expiration du délai permettant d'introduire un recours en annulation contre une décision dont l'objet est purement pécuniaire fait obstacle à ce que soient présentées des conclusions indemnitaires ayant la même portée.
Par un mémoire enregistré le 27 novembre 2024, M. A a présenté ses observations en réponse au moyen d'ordre public soulevé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 octobre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Laubriat,
- les conclusions de M. Biget, rapporteur public,
- et les observations de Me Cheballe, représentant M. A.
L'office français de l'immigration et de l'intégration, régulièrement convoqué, n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant afghan, est, selon ses déclarations, entré en France le 15 janvier 2019. Sa demande d'asile a été enregistrée le 25 janvier 2019 par la préfecture de Police de Paris. Le 28 janvier 2019, M. A a accepté l'offre de prise en charge proposée par l'office français de l'immigration et de l'intégration et a ainsi bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Par un arrêté du 4 mars 2019, le préfet de police de Paris a décidé le transfert de M. A aux autorités slovènes responsables de l'examen de sa demande d'asile. M. A ne s'étant pas présenté aux deux rendez-vous qui lui avaient été fixés pour organiser son transfert, il a été déclaré en fuite le 17 juillet 2019, ce qui a eu pour effet de prolonger le délai de transfert jusqu'en août 2020. L'OFII a mis fin en juillet 2019 au bénéfice des conditions matérielles d'accueil en suspendant le versement à cette date de l'allocation pour demandeur d'asile. M. A a été réadmis en Slovénie le 28 octobre 2019. M. A s'est à nouveau présenté au GUDA de la préfecture de Police de Paris le 21 janvier 2020 pour y déposer une nouvelle demande d'asile. Il a de nouveau été placé en procédure Dublin et un arrêté de transfert lui a été notifié le 10 mars 2020. Il ne s'est pas présenté aux deux convocations des 19 et 20 juin 2020 et a de nouveau fait l'objet d'une déclaration de fuite le 29 juin 2020, portant le délai pour l'exécution de son arrêté de transfert au 5 août 2021. A l'expiration du délai de transfert, il s'est à nouveau présenté au GUDA de la préfecture du Bas-Rhin où sa demande d'asile a été enregistrée en procédure normale le 2 septembre 2021, la France étant devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile. Il a alors sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil, demande à laquelle l'OFII a répondu favorablement le 17 janvier 2022 avec effet au 12 janvier 2022. Par la présente requête, M. A sollicite la condamnation de l'office français de l'immigration et de l'intégration à lui verser la somme de 13 054,60 euros en réparation du préjudice matériel que lui a causé la décision implicite de suspension des conditions matérielles d'accueil intervenue en juillet 2019.
2. D'une part, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance. La règle relative au délai raisonnable au-delà duquel le destinataire d'une décision ne peut exercer de recours juridictionnel, qui ne peut en règle générale excéder un an sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, est également applicable à la contestation d'une décision implicite, lorsqu'il est établi que le demandeur a eu connaissance de la décision.
3. D'autre part, l'expiration du délai permettant d'introduire un recours en annulation contre une décision qu'elle soit expresse ou implicite, dont l'objet est purement pécuniaire fait obstacle à ce que soient présentées des conclusions indemnitaires ayant la même portée.
4. La demande indemnitaire présentée par M. A tend à obtenir le versement de l'allocation pour demandeur d'asile dont il estime avoir été privé en raison de la décision, selon lui illégale, de l'OFII de suspension des conditions matérielles d'accueil révélée par l'arrêt en juillet 2019 du versement de l'allocation pour demandeur d'asile. Il résulte de l'instruction que M. A a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil seulement au mois de septembre 2021, au moment de l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale, soit plus de deux ans après l'interruption du versement des conditions matérielles d'accueil. M. A n'établit pas ni même n'allègue avoir saisi l'OFII d'une contestation après la suspension des conditions matérielles d'accueil de juillet 2019, ni lors du dépôt le 21 janvier 2020 de sa deuxième demande d'asile. Il n'a pas davantage contesté cette décision devant les juridictions administratives dans le délai d'un an suivant juillet 2019, date à laquelle il n'a plus perçu l'allocation pour demandeur d'asile et à laquelle il doit donc être regardé comme ayant pris connaissance de la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil. Aucun recours n'ayant été exercé dans le délai raisonnable d'un an, la décision de suspension de l'allocation pour demandeur d'asile intervenue en juillet 2019 est donc devenue définitive. L'expiration du délai permettant d'introduire un recours en annulation contre cette décision dont l'objet est purement pécuniaire faisait par suite obstacle à ce que soient présentées des conclusions indemnitaires ayant la même portée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête de M. A doivent être rejetées comme irrecevables ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 3 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laubriat, président,
Mme Weisse-Marchal, première conseillère,
M. Muller, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2024.
Le Président -rapporteur,
A. Laubriat
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
C. Weisse-Marchal La greffière,
A. Dorffer
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026