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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2204394

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2204394

mardi 30 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2204394
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP GASSE-CARNEL-GASSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 29 juin et 23 novembre 2022, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler les titres exécutoires nos T240 et T241 du 31 décembre 2021 émis à son encontre par la communauté de communes du Saulnois, correspondant à des pénalités d'assainissement non collectif pour 2021, pour les immeubles sis 7 et 9 rue de l'Eglise dans la commune d'Oron, d'un montant de 200 euros chacun ;

2°) d'être déchargé de l'obligation de payer ces sommes ;

3°) à titre subsidiaire, de lui octroyer le bénéfice des aides publiques prévues dans le cadre du programme de réhabilitation collectif mené sur la commune d'Oron avec le soutien de l'Agence nationale de l'habitat.

Il soutient que :

- les titres exécutoires ont été émis alors que les travaux étaient en cours dans la commune ;

- il a été injustement privé du bénéfice des aides prévues par l'Agence nationale de l'habitat ;

- sans le bénéfice d'aides publiques, il n'a pas les moyens de financer lui-même les travaux, dont le montant s'élève à près de 10 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 octobre et 22 décembre 2022, la communauté de communes du Saulnois, représentée par la SCP Gasse Carnel Gasse Taesch, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est tardive et, par suite, irrecevable ;

- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée au directeur départemental des finances publiques de la Moselle, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Léa Perabo Bonnet,

- les conclusions de M. Alexandre Therre, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A est propriétaire de deux immeubles d'habitation, sis aux numéros 7 et 9 rue de l'Eglise dans la commune d'Oron. Lors d'une réunion publique du 8 septembre 2016, à laquelle le requérant a participé, il a été indiqué aux administrés que l'ensemble des habitations de la commune d'Oron devraient disposer, avant le 31 décembre 2020, d'un dispositif d'assainissement non collectif aux normes, et ce conformément au règlement du service public d'assainissement non collectif de la communauté de communes du Saulnois. A été ouverte aux administrés la possibilité d'intégrer le programme de réhabilitation collectif mené sur la commune avec le soutien de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) pour leur permettre de se mettre en règle à un coût préférentiel. Dans ce cadre, il a été proposé à M. A la réalisation des travaux de mise aux normes du système d'assainissement non collectif de ses deux immeubles d'habitation, pour les montants respectifs de 4 494,34 et 4 560,34 euros. Au terme de l'année 2021, la communauté de communes du Saulnois, considérant que M. A n'avait pas réalisé les travaux prescrits plus d'un an après la date limite prévue pour la mise aux normes, a émis deux titres exécutoires en date du 31 décembre 2021, d'un montant de 200 euros chacun, au titre des pénalités liées à la non-conformité des systèmes d'assainissement non collectif de ses deux immeubles d'habitation. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation des titres exécutoires en litige, la décharge de l'obligation de payer les sommes correspondantes et, à titre subsidiaire, l'octroi des aides à la mise en conformité des systèmes d'assainissement non collectif.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la communauté de communes du Saulnois :

2. Aux termes de dernier alinéa du 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article L. 412-4 du code des relations entre le public et l'administration : " La présentation d'un recours gracieux ou hiérarchique ne conserve pas le délai imparti pour exercer le recours administratif préalable obligatoire non plus que le délai de recours contentieux. ".

3. M. A soutient, sans être contredit, qu'il a reçu les titres exécutoires contestés, émis le 31 décembre 2021, le 4 février 2022. Il résulte de l'instruction que le requérant a exercé un recours gracieux à l'encontre de ces titres, qui comportaient la mention des voies et délais de recours, le 11 février 2022. La communauté de communes du Saulnois a rejeté sa demande par une décision du 11 mars 2022. M. A disposait dès lors d'un délai de recours de deux mois à compter de cette date pour introduire une requête devant le présent tribunal. Ce délai n'a pu être réouvert par le second recours gracieux formé le 26 mars 2022 par l'intéressé et rejeté par une décision confirmative du 5 avril 2022. Dans ces conditions, et alors que la lettre de relance du 15 juin 2022 émise par le centre des finances publiques de Sarrebourg ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de recours, la requête enregistrée au greffe du Tribunal le 29 juin 2022 est tardive. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par la communauté de communes du Saulnois et de rejeter comme irrecevables les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation des titres exécutoires en litige et à la décharge de l'obligation de payer les sommes correspondantes. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à titre subsidiaire doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme au titre des frais exposés par la communauté de communes du Saulnois et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes du Saulnois présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la communauté de communes du Saulnois. Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques de la Moselle.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Dhers, président,

Mme Bronnenkant, première conseillère,

Mme Perabo Bonnet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 30 janvier 2024.

La rapporteure,

L. Perabo Bonnet

Le président,

S. Dhers

La greffière,

N. Adjacent

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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