mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204536 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCHWEITZER |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2022, sous le n° 2204536, M. C A, représenté par Me Schweitzer, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an et a abrogé son attestation de demande d'asile ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin a ordonné son assignation à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est entachée de défaut de motivation ;
- le préfet du Haut-Rhin n'a pas sérieusement examiné sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est disproportionnée dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- la décision portant assignation à résidence sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée du vice d'incompétence.
II. Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2022, sous le n° 2204537, Mme G E épouse A, représentée par Me Schweitzer, demande au tribunal, par les mêmes moyens que ceux développés au soutien de la requête n° 2204536 :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an et a abrogé son attestation de demande d'asile ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin a ordonné son assignation à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 juillet 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet des requêtes.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Guth, magistrat désigné, qui informe les parties qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative le tribunal est susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation des abrogations d'attestations de demandeur d'asile, lesquelles ne sont assorties d'aucun moyen ;
- les observations de Me Schweitzer, avocate de M. et Mme A, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes par les mêmes moyens ;
- les observations de M. et Mme A, assistés de M. F, interprète en langue albanaise.
Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées, nos 2204536 et 2204537, présentent à juger de décisions à objet et portée identiques, contestées par des moyens identiques, et relatives à la situation d'un couple. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur la légalité des obligations de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, les décisions attaquées comportent l'exposé des considérations de droit et de fait qui en constituent les fondements et sont par suite suffisamment motivées.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces des dossiers que le préfet du Haut-Rhin n'aurait pas procédé à un examen préalable de la situation personnelle des requérants avant d'édicter les décisions en litige.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Si les requérants, présents en France depuis le mois de septembre 2021, soutiennent y avoir noué des relations amicales, ils ne l'établissent par aucune pièce. Ainsi, ils ne peuvent se prévaloir d'une vie privée et familiale en France susceptible d'être protégée par les stipulations précitées. Il suit de là qu'ils ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant susvisée : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
7. En se bornant à faire valoir que leurs enfants mineurs sont en sécurité en France et que leur intérêt supérieur commande qu'ils s'y installent et y soient scolarisés, les requérants n'établissent pas que les décisions en litige méconnaissent les stipulations précitées.
8. En dernier lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir, à l'encontre des obligations de quitter le territoire français, des stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison des risques encourus en cas de retour dans leur pays d'origine, dès lors que ces décisions ne fixent pas, par elles-mêmes, le pays de renvoi.
Sur la légalité des interdictions de retour sur le territoire français :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de ce que les interdictions de retour sur le territoire français devraient être annulées en conséquence de l'illégalité des obligations de quitter le territoire français ne peuvent qu'être écartés.
10. En second lieu, en se bornant à soutenir qu'ils ne constituent pas une menace pour l'ordre public, les requérants n'établissent pas que les décisions leur faisant interdiction de retour sur le territoire français sont disproportionnées.
Sur la légalité des abrogations des attestations de demandeurs d'asile :
11. Les conclusions à fin d'annulation des abrogations des attestations de demandeurs d'asile ne sont appuyées d'aucun moyen et sont par suite irrecevables.
Sur la légalité des assignations à résidence :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé aux points 2 à 8 que les moyens tirés de ce que les assignations à résidence devraient être annulées, par voie de conséquence de l'illégalité des obligations de quitter le territoire français, ne peuvent qu'être écartés.
13. En second lieu, le préfet du Haut-Rhin a, par un arrêté du 12 janvier 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 13 janvier 2022, donné délégation à Mme I D, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. J H, directeur de la réglementation, tous actes et décisions relevant de ses fonctions de cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées seraient entachées d'incompétence de leur signataire doit être écarté comme manquant en fait.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 12 juillet 2022. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : Les requêtes présentées par M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Mme G E épouse A et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
L. B,
premier conseillerLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Nos 2204536, 2204537
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026