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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2204655

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2204655

mercredi 27 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2204655
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCHWEITZER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2022 sous le n° 2204655, M. A H, représenté par Me Schweitzer, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une période d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a assigné à résidence ;

3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une attestation de demande d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, et à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. H soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et d'une insuffisance de motivation, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français et méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la mesure d'assignation à résidence a été prise par une autorité incompétente et est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens invoqués par M. H ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2022 sous le n° 2204656, Mme C H, représentée par Me Schweitzer, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une période d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a assignée à résidence ;

3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une attestation de demande d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, et à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme H soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et d'une insuffisance de motivation, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français et méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la mesure d'assignation à résidence a été prise par une autorité incompétente et est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens invoqués par Mme H ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D en application des dispositions des articles L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Malgras, magistrate désignée ;

- les observations de Me Zimmermann, substituant Me Schweitzer, avocate de M. et Mme H, qui reprend les moyens et conclusions développés dans les écritures de Me Schweitzer et ajoute que les décisions portant assignation à résidence sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dans leurs modalités ;

- les observations de M. et Mme H, assistés de Mme E, interprète en langue géorgienne.

Le préfet du Haut-Rhin n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme H, ressortissants géorgiens nés respectivement en 1989 et 1997, sont entrés en France le 25 octobre 2021 accompagnés de leur fille mineure et ont sollicité leur admission au séjour en qualité de réfugiés auprès des autorités françaises le 2 novembre 2021. Leurs demandes ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 27 avril 2022.

2. Par des arrêtés du 18 juillet 2022 pris sur le fondement des dispositions du d) du 1° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Haut-Rhin leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour pour une période d'un an.

3. Par des arrêtés du même jour, le préfet du Haut-Rhin les a assignés à résidence dans le département du Haut-Rhin.

4. Par des requêtes nos 2204655 et 2204656, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. et Mme H demandent l'annulation d'une part, des arrêtés du 18 juillet 2022 mentionnés au point 2 et, d'autre part, des arrêtés du même jour mentionnés au point 3.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

5. En premier lieu, les décisions attaquées comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces des dossiers que le préfet du Haut-Rhin aurait omis de procéder à un examen personnalisé de la situation de M. et Mme H et n'aurait pas pris en compte les éléments relatifs à leur situation personnelle avant de prononcer les décisions en litige.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. M. et Mme H font valoir qu'ils sont entrés sur le territoire français le 25 octobre 2021 avec leur fille mineure et qu'ils ont noué " des liens amicaux avec des personnes résidant en France ", ajoutant à l'audience qu'ils ont également de la famille en France. Toutefois, ils ne justifient pas être significativement insérés dans la société française, pas plus qu'ils n'établissent avoir noué des liens privés, professionnels ou familiaux d'une intensité particulière durant leur séjour en France. En outre, ils ne démontrent pas être démunis d'attaches familiales dans leur pays d'origine où ils ont vécu respectivement jusqu'à l'âge de 32 et 24 ans. Dans ces circonstances, compte tenu également des conditions de séjour des intéressés en France, les décisions attaquées n'ont pas porté au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel elles ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

10. D'une part, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions citées au point 9 est inopérant à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français qui n'ont pas pour objet de fixer le pays à destination duquel les étrangers seront reconduits. D'autre part, et en tout état de cause, M. et Mme H, dont les demandes d'asile ont été rejetées par l'OFPRA et qui se bornent à faire état, de manière non circonstanciée, de l'existence de risques en cas de retour dans leur pays d'origine, n'établissent ni la réalité ni l'actualité de ces risques.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

12. Les décisions attaquées n'impliquent pas que la fille mineure des requérants soit séparée de ses parents. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de renvoi :

13. En premier lieu, les décisions portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachées d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre des décisions fixant le pays de renvoi, tiré de l'illégalité de ces décisions, doit être écarté.

14. En second lieu, compte-tenu de ce qui a été exposé au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, les décisions portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachées d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre des décisions portant interdiction de retour sur le territoire français, tiré de l'illégalité de ces décisions, doit être écarté.

16. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français.

Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". L'article L. 612-10 de ce code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

17. Il est constant que les requérants ne constituent pas une menace pour l'ordre public et n'ont pas déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Toutefois, ainsi qu'il a été exposé au point 8, ils ne sont présents en France que depuis huit mois à la date des décisions attaquées et ne justifient pas avoir noué des attaches professionnelles ou familiales d'une intensité particulière durant leur séjour en France. Par suite, M. et Mme H ne sont pas fondés à soutenir qu'en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet du Haut-Rhin a entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, s'ils se prévalent à l'audience de l'introduction d'un recours devant la Cour nationale du droit d'asile, cette circonstance, à la supposer avérée, n'est pas davantage de nature à démontrer que le préfet du Haut-Rhin a entaché les décisions attaquées d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne les mesures d'assignation à résidence :

18. En premier lieu, le préfet du Haut-Rhin a, par un arrêté du 12 janvier 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 13 janvier 2022, donné délégation à Mme G B, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. I F, directeur de la réglementation de la préfecture, tous actes et décisions relevant de ses fonctions de cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement et en particulier les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées sont entachées d'incompétence doit être écarté.

19. En deuxième lieu, les décisions portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachées d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre des décisions portant assignation à résidence, tiré de l'illégalité de ces décisions, doit être écarté.

20. En dernier lieu, les décisions attaquées ont pour objet d'assigner les requérants à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département du Haut-Rhin, de leur interdire de sortir du département du Haut-Rhin sans autorisation, de leur enjoindre de se présenter une fois par semaine auprès de la permanence hebdomadaire de la gendarmerie nationale au sein du centre de préparation et d'accompagnement au retour d'Illzach où ils sont domiciliés et d'être présents à cette adresse du lundi au vendredi de 9 heures à 11 heures. Les requérants ne font état d'aucune circonstance propre à démontrer qu'ils seraient dans l'impossibilité de respecter de telles obligations. Par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant assignation à résidence sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. et Mme H ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 18 juillet 2022 attaqués. Leurs conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. et Mme H, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par les requérants doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

23. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans les présentes instances la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. et Mme H au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : Les requêtes de M. et Mme H sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A H, à Mme C H et au préfet du Haut-Rhin.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2022.

La magistrate désignée,

S. DLa greffière,

G. Trinité

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

G. Trinité

Nos 2204655, 2204656

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