vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204710 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | KIPFFER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2022, M. A se disant Sabir Hussain, représenté par Me Kipffer, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2022 par lequel la préfète du Bas-Rhin a renouvelé son assignation à résidence dans le département de la Moselle pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui communiquer l'entier dossier sur la base duquel l'administration a pris cet arrêté ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 013 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A se disant Hussain soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure au regard des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens invoqués par M. A se disant Hussain ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relevant des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Malgras, magistrate désignée, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'injonction de communication de l'entier dossier sur la base duquel l'administration a pris l'arrêté attaqué, à défaut de conclusions à fin d'annulation d'une décision par laquelle la préfète du Bas-Rhin a refusé au requérant une telle communication ;
- M. A se disant Hussain n'étant ni présent, ni représenté ;
- la préfète du Bas-Rhin n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se disant Hussain est un ressortissant bangladais né le 6 novembre 1976. Par un arrêté du 21 mars 2022, la préfète du Bas-Rhin a décidé de son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par un arrêté du même jour, elle l'a assigné à résidence dans le département de la Moselle, pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement n° 2202552 du 3 mai 2022, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. A se disant Hussain tendant à l'annulation de ces arrêtés du 21 mars 2022.
2. Par un arrêté du 1er juin 2022, la préfète du Bas-Rhin a assigné M. A se disant Hussain à résidence dans le département de la Moselle, pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement n° 2203751 du 4 juillet 2022, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. A se disant Hussain tendant à l'annulation de cet arrêté du 1er juin 2022.
3. Par un arrêté du 5 juillet 2022, la préfète du Bas-Rhin a renouvelé son assignation à résidence dans le département de la Moselle, pour une durée de quarante-cinq jours. M. A se disant Hussain demande l'annulation de cet arrêté du 5 juillet 2022.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
4. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
5. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu de prononcer au bénéfice de M. A se disant Hussain l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
6. En premier lieu, il résulte du livre VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment des articles L. 751-1 et suivants dudit code, que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative auxquelles est soumise l'intervention des décisions d'assignation à résidence applicables en vue de l'exécution d'une décision de transfert. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration qui fixe les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de ce code, ne sauraient être utilement invoquées à l'encontre de la décision attaquée.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable () ".
8. En l'espèce, l'absence de ressources du requérant, son impossibilité à organiser son transfert et l'accord des autorités italiennes à sa prise en charge suffisent à caractériser l'existence d'une perspective raisonnable d'éloignement, nonobstant le fait que la décision attaquée constitue un renouvellement de la mesure d'assignation à résidence. Par suite, M. A se disant Hussain n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A se disant Hussain n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 juillet 2022 attaqué. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. Si M. A se disant Hussain demande au tribunal d'ordonner à la préfète du Bas-Rhin de lui communiquer l'entier dossier sur la base duquel l'administration a pris l'arrêté attaqué, il n'a toutefois présenté aucune conclusion tendant à l'annulation d'une décision, expresse ou implicite, refusant de lui délivrer un tel dossier. Ces conclusions, qui relèvent au demeurant d'un litige distinct, sont dès lors irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans les présentes instances la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. A se disant Hussain au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : L'aide juridictionnelle est accordée à M. A se disant Hussain à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A se disant Sabir Hussain et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
La magistrate désignée,
S. BLe greffier,
C. Bohn
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2204710
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026