mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204776 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI MOLINA ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2022, le syndicat force ouvrière des personnels de la collectivité européenne d'Alsace, représenté par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du président de la collectivité européenne d'Alsace (CEA) rejetant la demande de versement du complétement de traitement indiciaire à certains agents, ensemble la décision du 31 mai 2022 du président de la collectivité européenne d'Alsace rejetant le recours gracieux formé le 8 avril 2022 ;
2°) d'enjoindre à la collectivité européenne d'Alsace de verser le complément de traitement indiciaire aux agents des services concernés, avec effet rétroactif au 1er octobre 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la collectivité européenne d'Alsace la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision du 31 mai 2022 est entachée d'une erreur de droit.
Par un mémoire enregistré le 3 octobre 2022, la collectivité européenne d'Alsace conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°2020-1576 de financement de la sécurité sociale pour 2021 ;
- la loi n°2021-1754 de financement de la sécurité sociale pour 2022 ;
- la loi n° 2022-1157 du 16 août 2022 de finances rectificative pour 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cormier, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Bronnenkant, rapporteure publique ;
- les observations de M. B, représentant le syndicat force ouvrière des personnels de la collectivité européenne d'Alsace, qui précise qu'il n'y a pas de puéricultrice dans les EMSP ;
- et les observations de Mme A, représentant la CEA.
Une note en délibéré produite pour la CEA le 12 juin 2024 n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande du 11 février 2022, le syndicat force ouvrière des personnels de la collectivité européenne d'Alsace (Syndicat FO CEA) a demandé au président de la CEA que les infirmiers, puéricultrices et cadres de santé relevant de la protection maternelle et infantile (PMI), des centres de lutte antituberculeux (CLAT) et de l'équipe mobile santé et précarité (EMSP) puissent être bénéficiaires du complément de traitement indiciaire (CTI), avec effet rétroactif au 1er octobre 2021. Par un courrier du 8 avril 2022, le président de la CEA a répondu devoir attendre la publication du décret prévoyant l'extension du Ségur de la santé. En l'absence d'une réponse formelle sous deux mois, une décision implicite est née le 11 avril 2022. Le 12 avril 2022, le syndicat a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision. Par un courrier du 31 mai 2022, dont le syndicat requérant demande l'annulation, le président de la CEA a rejeté le recours gracieux au motif que les dispositions du décret 2022-728 visent expressément les agents de la PMI et des CLAT et que la prime de revalorisation est exclusive du CTI.
2. D'une part, aux termes de l'article 42 de la loi n°2021-1754 de financement de la sécurité sociale pour 2022, modifiant l'article 48 de la loi n°2020-1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021 : " L'article 48 de la loi n° 2020-1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021 est ainsi modifié : 1° Le I est ainsi modifié : () " B.-Le complément de traitement indiciaire est également versé, dans des conditions fixées par décret, aux fonctionnaires et militaires exerçant les fonctions d'aide-soignant, d'infirmier, de cadre de santé de la filière infirmière et de la filière de rééducation, () au sein : " 1° Des services de soins infirmiers à domicile mentionnés aux 6° et 7° du I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles ; " 2° Des établissements et services mentionnés aux 2°, 3°, 5° et 7° du même I et des établissements et services accueillant des personnes en situation de handicap mentionnés au 12° dudit I, qui relèvent de l'objectif de dépenses mentionné au I de l'article L. 314-3 du même code ; 3° Des établissements et services mentionnés au 9° du I de l'article L. 312-1 dudit code ; (). Aux termes de l'article 1-1 du décret 2020-1152 du 19 septembre 2020 relatif au versement d'un complément de traitement indiciaire à certains agents publics, modifié : " Le complément de traitement indiciaire est également versé aux fonctionnaires exerçant les fonctions d'aide-soignant, d'infirmier, de cadre de santé de la filière infirmière et de la filière de rééducation () au sein : 1° Des services de soins infirmiers à domicile mentionnés aux 6° et 7° du I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles ; 2° Des établissements et services mentionnés aux 2°, 3°, 5° et 7° du même I ainsi que des établissements et services accueillant des personnes en situation de handicap mentionnés au 12° de ce I, qui relèvent de l'objectif de dépenses mentionné au I de l'article L. 314-3 du même code ; 3° Des établissements et services mentionnés au 9° du I de l'article L. 312-1 du même code ; () ".
3. Contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, ni les dispositions de l'article 42 de la loi n°2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022, ni les dispositions du décret n° 2020-1152 relatif au versement d'un complément de traitement indiciaire à certains agents publics ne prévoyaient la possibilité pour la CEA d'octroyer, aux infirmiers, puéricultrices et cadres de santé relevant de la PMI, des CLAT et de l'EMSP, le bénéfice d'un complément de traitement indiciaire, à compter du 1er octobre 2021.
4. D'autre part, aux termes de l'article 4 du décret n°2022-728 du 28 avril 2022 relatif au versement d'une prime de revalorisation à certains personnels relevant de la fonction publique territoriale : Peuvent également bénéficier de cette prime de revalorisation :
() 2° Les agents territoriaux exerçant au sein des établissements et services sociaux et médico-sociaux mentionnés à l'article L. 312-1 du code l'action sociale et des familles ou dans les services mentionnés à l'article L. 221-1 du même code les fonctions () d'infirmier, de cadre de santé de la filière infirmière et de la filière de rééducation () de puéricultrice () ;
3° Les agents territoriaux exerçant au sein des services départementaux de protection maternelle et infantile mentionnés à l'article L. 2112-1 du code de la santé publique () les fonctions () d'infirmier, de cadre de santé de la filière infirmière et de la filière de rééducation () de puéricultrice () ; 4° Les agents territoriaux exerçant au sein des centres de lutte contre la tuberculose relevant d'un département mentionnés aux articles L. 3112-2 et D. 3112-6 du code de la santé publique () les fonctions () d'infirmier, de cadre de santé de la filière infirmière et de la filière de rééducation () de puéricultrice () ". Aux termes de l'article 7 de ce décret : " Les primes mentionnées aux articles 2, 3, 4 et 6 sont versées mensuellement à terme échu. () Ces primes sont exclusives du versement du complément de traitement indiciaire institué par le décret du 19 septembre 2020 susvisé. ".
5. Il résulte de ces dispositions, que les agents exerçant les fonctions d'infirmiers, de puéricultrice ou de cadre de santé au sein de la PMI, du CLAT et de l'EMSP au sein de la CEA pouvaient, à compter du 1er avril 2022, bénéficier d'une prime de revalorisation, exclusive du complément de traitement indiciaire, institué par l'article 48 de la loi n°2020-1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021. Il ressort des pièces du dossier que ces agents ont bénéficié de cette prime à compter du 1er avril 2022.
6. Enfin, aux termes de l'article 44 de la loi n° 2022-1157 du 16 août 2022 de finances rectificative pour 2022 : " I. - L'article 48 de la loi n° 2020-1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021 est ainsi modifié : A. - Le I est ainsi modifié : 1° Le B est ainsi modifié : a) Au premier alinéa, après les mots : " d'infirmier ", sont insérés les mots : ", de puéricultrice " ; b) Les 1° à 5° sont remplacés par des 1° à 13° ainsi rédigés : () " 2° Des équipes mobiles chargées d'aller au contact des personnes sans abri ainsi que des accueils de jour mis en place dans le cadre des dispositifs de veille sociale prévus à l'article L. 345-2 du même code ; () " 7° Des services départementaux de protection maternelle et infantile mentionnés au 3° de l'article L. 123-1 du code de l'action sociale et des familles ; () " 10° Des centres de lutte contre la tuberculose relevant d'un département définis à l'article L. 3112-2 du même code () ".
7. Il ressort de ces dispositions, que postérieurement à la décision en litige, les dispositions de l'article 48 de la loi n° 2020-1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021 ont été modifiées, pour intégrer la possibilité de verser un complément de traitement indiciaire aux infirmiers, puéricultrices et cadres de santé relevant de la PMI, des CLAT et de l'EMSP, à compter du 1er avril 2022, après que l'article 7 du décret n°2022-728 du 28 avril 2022 relatif au versement d'une prime de revalorisation à certains personnels relevant de la fonction publique territoriale eût ouvert la possibilité pour la CEA de verser une prime de revalorisation à ces agents. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le président de la CEA a versé aux agents concernés ce complément de rémunération indiciaire aux agents concernés, à compter du 1er avril 2022.
8. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par le syndicat force ouvrière des personnels de la collectivité européenne d'Alsace est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au syndicat force ouvrière des personnels de la collectivité européenne d'Alsace et à la collectivité européenne d'Alsace.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Faessel, président,
Mme Weisse-Marchal, première conseillère,
M. Cormier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
Le rapporteur,
R. Cormier
Le président,
X. Faessel
La greffière,
A. Dorffer
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026