LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2204806

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2204806

vendredi 20 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2204806
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS ASSOCIÉS KARM ZAIGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 juillet 2022, 29 avril 2023 et 14 août 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. Thierry Deck demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 24 mai 2022 en tant que le conseil municipal de la commune de Kintzheim a autorisé le maire " à signer l'acte authentique d'acquisition par la commune, conformément au projet d'acte préparé par l'office notarial de Ribeauvillé, de l'immeuble sis à Kintzheim (Bas-Rhin) 67600 26 rue du Général de Gaulle " ;

2°) d'annuler subséquemment l'acte authentique d'acquisition de l'office notarial de Ribeauvillé, signé par le maire de Kintzheim ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Kintzheim la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la délibération attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au regard des dispositions de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales dès lors que, en dépit de la demande de communication de documents complémentaires qu'il a formulé avant et pendant la séance du conseil municipal, les élus n'ont pas eu connaissance de l'acte notarié qu'il s'agissait d'approuver ;

- la commune n'établit pas que le compromis de vente daté du 28 décembre 2021 sur lequel elle se fonde aurait été approuvé par le conseil municipal.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 janvier 2023 et 23 juillet 2024, la commune de Kintzheim, représentée par Me Karm, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation de l'acte authentique de vente ne relèvent pas de la compétente de la juridiction administrative ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 18 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 19 août 2024.

Les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'acte authentique d'acquisition établi par le notaire et signé par le maire de Kintzheim, ces conclusions étant portées devant une juridiction incompétente pour en connaître dès lors que l'acte attaqué est un acte relevant du droit privé.

La commune de Kintzheim a présenté des observations sur ce moyen susceptible d'être relevé d'office par un mémoire enregistré le 21 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jordan-Selva,

- les conclusions de M. Therre, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. Thierry Deck, conseiller municipal de Kintzheim, demande l'annulation de la délibération du 24 mai 2022 par laquelle le conseil municipal a autorisé le maire à " signer l'acte authentique d'acquisition par la commune, conformément au projet d'acte préparé par l'office notarial de Ribeauvillé, de l'immeuble sis à Kintzheim (Bas-Rhin) 67600 26 rue du Général de Gaulle ". Il demande également l'annulation de l'acte authentique d'acquisition signé le 15 juin 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'acte authentique d'acquisition :

2. Aux termes de l'article L. 1111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les personnes publiques mentionnées à l'article L. 1 acquièrent à l'amiable des biens et des droits, à caractère mobilier ou immobilier / Les acquisitions de biens et droits à caractère immobilier s'opèrent suivant les règles du droit civil ".

3. M. A demande l'annulation de l'acte notarié signé le 15 juin 2022 par lequel la commune de Kintzheim a acquis la pleine propriété de la maison sise 26 rue du Général de Gaulle à Kintzheim. Or, il ne ressort pas de la lecture de cet acte qu'il comporterait des clauses exorbitantes de droit commun concernant notamment l'exécution du contrat ou encore que ce contrat aurait pour objet même l'exécution d'un service public. Il s'ensuit que, ainsi que le fait valoir la commune de Kintzheim en défense, le juge administratif n'est pas compétent pour connaître des conclusions à fin d'annulation de cet acte de vente. Les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation de l'acte signé le 15 juin 2022 doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Sur les conclusions à fin d'annulation partielle de la délibération du 24 mai 2022 :

4. Aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. " En application de ces dispositions, le maire est tenu de communiquer aux membres du conseil municipal les documents nécessaires pour qu'ils puissent se prononcer utilement sur les affaires de la commune soumises à leur délibération. Lorsqu'un membre du conseil municipal demande, sur le fondement de ces dispositions du code général des collectivités territoriales, la communication de documents, il appartient au maire sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, d'une part, d'apprécier si cette communication se rattache à une affaire de la commune qui fait l'objet d'une délibération du conseil municipal et, d'autre part, de s'assurer qu'aucun motif d'intérêt général n'y fait obstacle, avant de procéder, le cas échéant, à cette communication selon des modalités appropriées.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a demandé au maire de Kintzheim, par courriel du 23 mai 2022, la communication d'une copie de l'acte notarié cité au point 4 a) de l'ordre du jour de la séance du conseil municipal prévue le lendemain. Lors de la séance du 24 mai 2022, le maire a indiqué qu'un tel document ne pouvait lui être fourni car si un projet d'acte de vente avait bien été préparé par l'office notarial de Ribeauvillé, il restait un document de travail devant encore être complété.

6. D'une part, il est constant que le document demandé par M. A se rattache directement à une affaire de la commune qui fait l'objet d'une délibération et plus particulièrement à l'un des points de l'ordre du jour de la séance du conseil municipal du 24 mai 2022. D'autre part, il n'est pas établi ni même allégué qu'un motif d'intérêt général faisait obstacle à la communication aux élus du document sollicité. Il ressort des pièces du dossier que l'objet de la délibération en litige était précisément d'autoriser le maire à signer un acte notarié " conformément au projet d'acte préparé par l'office notarial de Ribeauvillé ". Dans ces conditions, le document demandé par M. A doit être regardé comme étant nécessaire pour que les élus puissent se prononcer utilement sur cette affaire. En l'absence de communication du projet d'acte notarié, les élus n'ont pas disposé des éléments nécessaires pour qu'ils puissent se prononcer utilement sur l'affaire soumise à leur délibération, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales. Cette méconnaissance du droit d'information des élus les a privés d'une garantie substantielle dans l'exercice de leurs fonctions et a ainsi été de nature à entacher d'illégalité la délibération contestée. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation de la délibération du 24 mai 2022.

Sur les frais de l'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Kintzheim au titre de ces dispositions. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Kintzheim le versement d'une somme au titre de ces mêmes dispositions, le requérant ne justifiant pas avoir exposé des frais au sens de cet article.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions à fin d'annulation de l'acte de vente signé le 15 juin 2022 sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La délibération n° 5A du conseil municipal de Kintzheim du 24 mai 2022 est annulée.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Kintzheim sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. Thierry Deck et à la commune de Kintzheim.

Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Sibileau, président,

M. Boutot, premier conseiller,

Mme Jordan-Selva, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 décembre 2024.

La rapporteure,

S. Jordan-Selva

Le président,

J.-B. Sibileau

La greffière,

P. Kieffer

La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

pk

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions