lundi 1 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204840 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ASSFAM – GROUPE SOS SOLIDARITÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 et 31 juillet 2022, M. B C, représenté par Me Balakirouchenane, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
S'agissant de toutes les décisions :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles ont été prises par une autorité incompétente.
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public et ne présente pas un risque de fuite ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît également l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant à sa durée et à ses conséquences humanitaires ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard de ses attaches familiales sur le territoire.
Par deux mémoires en défense, enregistré le 28 juillet 2022 et le 1er août 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. G en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Duez-Gündel, magistrat désigné ;
- les observations de Me Balakirouchenane, avocate de M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- les observations de M. C, assisté de M. D, interprète en langue albanaise, qui indique qu'il est entré en France deux mois après son frère, qu'il a travaillé en tant que serveur dans des restaurants, qu'il habite avec sa maman dont l'état de santé est fragile et qu'il a débuté une relation amoureuse il y a deux mois.
Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, est un ressortissant kosovare né le 23 juillet 1993 à Burrnik. Il est entré en France le 29 novembre 2014, selon ses déclarations. Il a été interpellé et placé en garde à vue, le 24 juillet 2022, par les services de police de Mulhouse pour des faits d'usage de stupéfiants. Par un premier arrêté du 25 juillet 2022, dont il demande l'annulation, le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de trois ans. Par un second arrêté du même jour, il a également placé M. C en rétention pour une durée de quarante-huit heures à compter du même jour. Par une ordonnance du 28 juillet 2022, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Strasbourg a ordonné la prolongation de la rétention de M. C pour une durée de vingt-huit jours.
Sur les moyens communs à toutes les décisions :
2. En premier lieu, par un arrêté du 12 janvier 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 13 janvier 2022, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation à Mme F A, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. H E, directeur de la réglementation, tous actes et décisions relevant de ses fonctions de cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement. Il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas allégué que M. E n'aurait pas été absent ou empêché à la date de la signature de l'arrêté en litige. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté en litige comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de toutes les décisions qu'il contient. Chacune de ces décisions est dès lors suffisamment motivée.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public (). ".
5. S'il est constant que le requérant a été interpellé le 24 juillet 2022 pour des faits d'usage de stupéfiants, qu'il est connu des services de police de Mulhouse pour la même infraction commise le 7 avril 2021 et qu'il s'est soustrait à l'exécution de deux précédentes mesures d'éloignement, ces circonstances ne sont toutefois pas suffisantes pour établir que le comportement de M. C constituerait une menace pour l'ordre public au sens des dispositions précitées du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En revanche, il est constant que le requérant, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour, satisfait aux conditions énoncées par le 1° du même article. Dès lors, le préfet du Haut-Rhin n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
6. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. Si M. C fait valoir qu'il est présent en France depuis le mois de novembre 2014, il ne produit toutefois à l'instance aucun élément de nature à démontrer qu'il résiderait de manière habituelle et continue sur le territoire depuis cette date. De surcroît, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'a jamais été en situation régulière sur le territoire et qu'il a fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités hongroises le 17 avril 2015 pour l'exécution duquel il a été déclaré en fuite, ainsi que de deux mesures d'éloignement prononcées le 7 juin 2018 et le 8 avril 2021 auxquelles il s'est soustrait. S'il se prévaut également de la présence en France de sa concubine, Mme I, il est toutefois constant que cette dernière fait l'objet d'une mesure d'éloignement prononcée par le préfet du Haut-Rhin le 1er février 2022 et qu'elle ne justifie dès lors d'aucun droit au séjour. En tout état de cause, le requérant indique à l'audience que cette relation a débuté il y a seulement deux mois et ne produit aucun élément de nature à en démontrer l'intensité. De même, M. C fait valoir la présence en France de sa mère, chez qui il résiderait, et qui dispose d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étranger malade. Il n'est cependant pas établi que sa présence aux côtés de sa mère, qui a subi une greffe rénale et bénéficie d'une dialyse, serait indispensable à la poursuite des soins qui lui sont dispensés ni, en tout état de cause, qu'une tierce personne, ne pourrait pas lui procurer l'assistance pour les actes de la vie courante que son état requiert. En outre, la circonstance que le frère du requérant se trouve en situation régulière sur le territoire et poursuive une licence de chimie au sein de l'université de Strasbourg n'est pas suffisante pour estimer que le centre des attaches familiales de l'intéressé se situe sur le territoire national. Enfin, si le requérant allègue ne plus avoir de contact avec son père resté au Kosovo, il ressort néanmoins de son audition du 7 avril 2021 qu'il dispose également d'une sœur dans ce pays où il n'est donc pas dépourvu d'attaches familiales. Dans ces conditions, et alors au surplus que M. C est sans charge de famille en France et qu'il a vécu la majeure partie de sa vie au Kosovo, le préfet n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni n'a entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
Sur le refus de délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Par ailleurs, l'article L. 612-3 du même code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
9. Ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, le comportement de M. C ne constitue pas une menace pour l'ordre public au sens des dispositions du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En revanche, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a pas exécuté deux précédentes mesures d'éloignement prononcées à son encontre par le préfet du Haut-Rhin le 7 juin 2018 et le 8 avril 2021, qu'il n'a pas déposé de demande de délivrance d'un titre de séjour en France, qu'il n'a pas présenté aux autorités un passeport en cours de validité et qu'il soutient être hébergé à Mulhouse chez sa mère sans pour autant produire à l'instance de justificatif de domicile. Or, ces circonstances sont de nature à établir l'existence d'un risque que M. C se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français en litige, au sens du 3° des dispositions précitées. Il s'ensuit que le préfet du Haut-Rhin n'a pas méconnu les dispositions citées au point précédent, ni n'a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision fixant le pays de destination :
10. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales susvisée : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants. ". Par ailleurs, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
11. En l'espèce, M. C ne produit toutefois aucun élément de nature à établir qu'il serait personnellement exposé à un risque particulier de traitements inhumains ou dégradants, alors qu'il ressort à l'inverse des pièces du dossier que sa demande d'asile a été rejeté par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 29 septembre 2017 et par la Cour nationale du droit d'Asile (CNDA) le 3 avril 2018. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
12. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Par ailleurs, l'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
14. En l'espèce, si le requérant n'établit pas sa présence habituelle et continue en France depuis l'année 2014, il résulte néanmoins de l'arrêté de transfert et des mesures d'éloignement dont il a fait l'objet en 2015, 2018 et 2021 ainsi que de la maîtrise du français qu'il a démontré à l'audience qu'il dispose de liens avec la France. Ces liens sont d'ailleurs substantiellement renforcés par la présence de sa mère et de son frère sur le territoire, dont il n'est pas contesté qu'ils sont en situation régulière. Dans ces conditions, en prononçant à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, soit la durée maximale permise par les dispositions précitées, le préfet du Haut-Rhin a entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
15. Il résulte de ce qui précède que la décision portant interdiction de retour doit être annulée sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen dirigé à son encontre.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. En l'espèce, la présente décision qui annule seulement l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Il n'y a dès lors pas lieu de prononcer une injonction à l'encontre du préfet du Haut-Rhin.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
17. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre une somme à la charge de l'Etat, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du 25 juillet 2022 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a prononcé à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la procureure de la République près le tribunal judicaire de Strasbourg.
Prononcé en audience publique le 1er août 2022.
Le magistrat désigné,
C. GLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026