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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2204926

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2204926

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2204926
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5e chambre
Avocat requérantSELAS OLSZAK & LEVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré et des mémoires, enregistrés les 29 juillet 2022, 2 novembre 2022 et 12 mai 2023 présentés sur le fondement du cinquième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, le préfet de la Moselle demande au tribunal d'annuler les arrêtés des 14 mars, 5 avril, 15 avril et 29 avril 2022, intitulés " tranquillité et salubrité sur la voie publique ", par lesquels le maire de Metz a réglementé l'occupation de l'espace public.

Le préfet de la Moselle soutient que :

- sa requête est recevable, les arrêtés présentant entre eux un lien suffisant ;

- la réalité des troubles à l'ordre public n'est pas établie ; sur 182 procès-verbaux, 140 concernent la place Saint-Etienne par quinze personnes identifiées ; le trouble s'en trouve considérablement relativisé ; la mendicité agressive est déjà réprimée par le code pénal de sorte qu'un arrêté interdisant ces comportements est inutile ;

- les interdictions instituées par ces arrêtés sont disproportionnées ; la majorité des plaintes concerne un périmètre très restreint ; sur douze places et onze rues du périmètre des nouveaux arrêtés, huit places et quatre rues n'ont fait l'objet d'aucune verbalisation ; aucun trouble ne concerne la place du Roi George ; la quasi-totalité des mains courantes ne concerne pas des faits de mendicité agressive ; le déplacement des troubles dans les rues et places adjacentes n'est nullement démontré ;

- la période pendant laquelle les interdictions sont en vigueur et les plages horaires concernées ne sont pas suffisamment limitées ; la majorité des événements se déroulent sur la seule place de la République ; chaque manifestation de grande ampleur fait déjà l'objet d'un dispositif de sécurité et de surveillance ;

- l'interdiction de toute occupation de l'espace public même sans sollicitation des passants est excessive ; les justifications apportées pour interdire cette occupation sans sollicitation des passants doit être spécifique.

Par des mémoires en défense enregistrés les 14 septembre 2022 et 18 avril 2023, la commune de Metz, représentée par la SELAL Olszak et Levy, conclut au rejet du déféré et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle oppose, à titre principal, la fin de non-recevoir tirée de ce que le déféré est dirigé contre quatre arrêtés dont il n'est pas établi qu'ils aient entre eux un lien de connexité suffisant et soutient, à titre subsidiaire, que les moyens invoqués par le préfet de la Moselle ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 19 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bronnenkant ;

- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique ;

- et les observations de Mme A, représentant le préfet de la Moselle et de Me Levy, représentant la commune de Metz.

Considérant ce qui suit :

1. Le maire de Metz a édicté quatre arrêtés les 14 mars, 5, 15 et 29 avril 2022, intitulés " tranquillité et salubrité sur la voie publique ", dont l'article 1er interdit, sauf autorisation spéciale, l'occupation de l'espace public de manière prolongée, dans les lieux et aux périodes visées par les articles 2 et 3 de ces arrêtés, par des personnes seules ou des groupes de personnes, que cette occupation soit ou non accompagnée de sollicitations à l'égard des passants, lorsqu'elle est de nature à entraver la libre circulation des usagers de la voie publique ou à troubler l'ordre public. Les articles 2 de ces arrêtés fixent les voies auxquelles cette interdiction s'applique, à savoir onze rues et douze places situées dans quatre secteurs géographiques de l'hypercentre de la ville de Metz. Les articles 3 disposent que l'interdiction édictée à l'article 1er doit être respectée du lundi au samedi de 11 heures à 19 heures pendant une période qui commence, selon les arrêtés, entre le 15 mars et le 1er mai, qui se termine le 30 septembre et qui inclut également la période du marché de Noël. En application du premier alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales qui prévoit que le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission, le préfet de la Moselle demande au tribunal d'annuler les quatre arrêtés susmentionnés.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Les conclusions d'une requête collective, qu'elles émanent d'un requérant qui attaque plusieurs décisions ou de plusieurs requérants qui attaquent plusieurs décisions, sont recevables dans leur totalité si elles présentent entre elles un lien suffisant.

3. En l'espèce, le préfet de la Moselle demande l'annulation de quatre arrêtés du maire de la ville de Metz édictés en l'espace d'un mois et demi et ayant le même objet, assurer la tranquillité et la salubrité sur la voie publique. Il y a lieu, par suite, de regarder ces arrêtés comme présentant entre eux un lien suffisant pour qu'il en soit demandé l'annulation dans le cadre d'une même instance. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée par la ville de Metz doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes des dispositions de l'article L 2542-1 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du titre Ier du livre II de la présente partie sont applicables aux communes des départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, à l'exception de celles des articles L. 2212-1, L. 2212-2, L. 2212-3, L. 2212-4, L. 2213-6, L. 2213-7, L. 2213-8, L. 2213-9, L. 2213-21, L. 2213-26, L. 2213-27, L. 2214-3, L. 2214-4, L. 2215-1 et L. 2215-4. ". Aux termes des dispositions de l'article L 2542-2 du même code : " Le maire dirige la police locale. / Il lui appartient de prendre des arrêtés locaux de police en se conformant aux lois existantes. ". Aux termes des dispositions de l'article L 2542-3 dudit code : " Les fonctions propres au maire sont de faire jouir les habitants des avantages d'une bonne police, notamment de la propreté, de la salubrité, de la sûreté et de la tranquillité dans les rues, lieux et édifices publics ". S'il appartient au maire, en application des pouvoirs de police qu'il tient de ces dispositions, de prendre les mesures nécessaires pour assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques, les interdictions édictées à ce titre doivent être strictement proportionnées à leur nécessité.

En ce qui concerne l'arrêté du 14 mars 2022 :

5. L'arrêté du 14 mars 2022 concerne les places Saint-Etienne, Armes JF Blondel, Jean-Paul II, de Chambre, la rue d'Estrées et le cour du marché couvert et s'applique du 15 mars au 30 septembre ainsi que pendant la période du marché de Noël qui s'étend du 19 novembre au 30 décembre de 11 heures à 19 heures du lundi au samedi.

6. En premier lieu et d'une part, il ressort des pièces du dossiers qu'une centaine de procès-verbaux et plusieurs centaines de mains-courantes ont été déposés au titre des années 2021 et 2022 concernant la place Saint-Etienne faisant apparaître que des usagers de cette place subissent de façon récurrente des troubles graves causés par des personnes, alcoolisées ou non, qui menacent ou agressent les passants, gênent l'accès des habitations et des commerces, dans lesquels ils causent du désordre, commettent des dégradations ou des souillures et provoquent des rixes. Les usagers des parcs de stationnement installés sur ces places et rues sont, en outre, exposés de façon habituelle aux extorsions ou tentatives d'extorsion d'individus, généralement constitués en bande organisée. Ces atteintes, répétées et persistantes, au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques sur cette place par l'arrêté attaqué justifient l'exercice par le maire de Metz du pouvoir de police dont il est investi en application des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales, alors même que la mendicité agressive est déjà réprimée par l'article L. 312-12-1 du code pénal. Il ressort également des pièces du dossier que des troubles du même ordre ont été constatés Place d'Arme JF Blondel et Cour du Marché Couvert. En revanche, eu égard à l'absence de procès-verbaux de police et au très faible nombre de mains courantes produites concernant la place Jean-Paul II, la place de Chambre et la rue d'Estrées, les troubles à l'ordre public invoqués par la commune concernant ces places et rue ne sont pas suffisamment établis. Si la ville de Metz soutient que l'interdiction édictée par l'arrêté concernant les places Saint-Etienne, Arme JF Blondel et Cour du Marché Couvert aurait pour conséquence un report des troubles sur les places Jean-Paul II, de Chambre et rue d'Estrées, elle n'apporte pas d'éléments suffisamment probants au soutien de ses allégations.

7. D'autre part, ainsi que le soutient à bon droit le préfet de la Moselle, il n'est pas établi par les plaintes produites au dossier, que l'occupation du domaine public sans sollicitation des passants serait de nature à troubler le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques.

8. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté attaqué en tant qu'il concerne les places Jean-Paul II, de Chambre et rue d'Estrées et en tant qu'il concerne l'occupation du domaine public sans sollicitation des passants n'est pas nécessaire.

9. En deuxième lieu, le maire de la ville de Metz justifie la durée de l'arrêté par les nombreux événements et manifestations qu'accueille la commune dès le mois de mars et qui attirent un nombre important de touristes. Il ressort effectivement des pièces du dossier que de nombreux événements se déroulent en mai dans le périmètre géographique de l'arrêté en litige, à savoir la cérémonie patriotique, le Rotary balade enchantée, le forum de l'emploi, la fête de l'Europe et la quinzaine du commerce équitable susceptibles de justifier l'arrêté en litige. De même, les événements de l'été, notamment le festival Constellation qui s'étend du mois de juin à la fin août et le marché de Noël se situent dans le périmètre délimité par l'arrêté attaqué. En revanche, il ressort des pièces du dossier que le carnaval de Metz débute mi-février et prend fin mi-mars. Par ailleurs, les évènements organisés en avril invoqués par la ville de Metz ont une durée limitée et se situent en dehors du périmètre de l'arrêté en litige. Enfin, il n'est pas établi par les pièces du dossier que des événements aient lieu en septembre dans le périmètre défini par l'arrêté. Ainsi, dans les circonstances susrappelées, l'arrêté en tant qu'il s'applique aux périodes du 15 au 31 avril et du 1er au 30 septembre n'est pas proportionné par rapport à l'objectif poursuivi.

10. Il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 9 que l'arrêté du 15 mars 2022 doit être annulé en tant qu'il concerne les places Jean-Paul II, de Chambre et rue d'Estrées, en tant qu'il s'applique du 15 mars au 31 avril et du 1er au 30 septembre et enfin en tant qu'il concerne l'occupation du domaine public sans sollicitation des passants.

En ce qui concerne l'arrêté du 5 avril 2022 :

11. L'arrêté du 5 avril 2022 concerne les places du Quarteau, Saint-Louis, Saint-Simplice, des Pariages, Fournirue et la rue du change et s'applique du 5 avril au 30 septembre ainsi que pendant la période du marché de Noël qui s'étend du 19 novembre au 30 décembre de 11 heures à 19 heures du lundi au samedi.

12. En premier lieu et d'une part, il ressort des pièces du dossiers que plus de 500 mains-courantes ont été déposés au titre des années 2021 et 2022 concernant les places Saint-Louis, Saint Simplice, des Pariages, Fournirue et la rue du change faisant apparaître que des usagers de ces places et rue subissent de façon récurrente des troubles graves causés par des personnes, alcoolisées ou non, qui menacent ou agressent les passants, gênent l'accès des habitations et des commerces, dans lesquels ils causent du désordre, commettent des dégradations ou des souillures et provoquent des rixes. Les usagers des parcs de stationnement installées sur cette place sont, en outre, exposés de façon habituelle aux extorsions ou tentatives d'extorsion d'individus, généralement constitués en bande organisée. Ces atteintes, répétées et persistantes, au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques sur cette place par l'arrêté attaqué justifient l'exercice par le maire de Metz du pouvoir de police dont il est investi en application des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales, alors même que la mendicité agressive est déjà réprimée par l'article L. 312-12-1 du code pénal. En revanche, seules trois mains-courantes ont été déposées concernant la place du Quarteau pour l'ensemble de la période, de sorte que les troubles à l'ordre public invoqués par la commune ne sont pas avérés sur cette zone. Le report des troubles sur cette rue en raison de l'interdiction des autres places et rue visées par l'arrêté attaqué n'est pas établi.

13. D'autre part, ainsi que le soutient à bon droit le préfet de la Moselle il n'est pas établi par les plaintes produites au dossier, que l'occupation de l'espace public sans sollicitation des passants serait de nature à troubler le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques.

14. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté en tant qu'il concerne la place du Quarteau et en tant qu'il concerne l'occupation du domaine public sans sollicitation des passants n'est pas nécessaire.

15. En deuxième lieu, le maire de la ville de Metz justifie la durée de l'arrêté par les nombreux événements et manifestations qu'accueille sa collectivité dès le mois de mars et qui attirent un nombre important de touristes. Il ressort des pièces du dossier que de nombreux événements se déroulent en mai dans le périmètre géographique de l'arrêté en litige, à savoir la cérémonie patriotique, le Rotary balade enchantée, le forum de l'emploi, la fête de l'Europe et la quinzaine du commerce équitable susceptibles de justifier l'arrêté en litige. De même, les évènements de l'été, notamment le festival Constellation qui s'étend du mois de juin à la fin août et le marché de Noël se situent dans le périmètre délimité par l'arrêté attaqué. En revanche, les deux événements du mois d'avril et du mois de mai qui concerne la place Saint-Louis, à savoir les marchés fermiers et marché gourmand, a une durée limitée de 4 heures de 16 heures à 20 heures. Enfin, il n'est pas établi par les pièces du dossier que des événements aient lieu en septembre dans le périmètre défini par l'arrêté. Ainsi, dans les circonstances susrappelées, l'arrêté en tant qu'il concerne les périodes du 5 avril au 31 mai et du 1er au 30 septembre n'est pas proportionné par rapport à l'objectif poursuivi.

16. Il résulte de ce qui a été dit aux points 12 à 15 que l'arrêté du 5 avril 2022 doit être annulé en tant qu'il concerne la place du Quarteau, en tant qu'il s'applique du 5 avril au 31 mai et du 1er au 30 septembre et enfin en tant qu'il concerne l'occupation du domaine public sans sollicitation des passants.

En ce qui concerne l'arrêté du 15 avril 2022 :

17. L'arrêté du 15 avril 2022 concerne les places et rues de la République, St Jacques, Serpenoise, des Clercs, du Palais, du Petit Paris, Tête d'Or, Fabert, Ladoucette et Taison et s'applique du 15 avril au 30 septembre ainsi que la période du marché de Noël qui s'étend du 19 novembre au 30 décembre de 11 heures à 19 heures du lundi au samedi.

18. En premier lieu et d'une part, il ressort des pièces du dossiers que plusieurs centaines de mains-courantes et procès-verbaux de police ont été enregistrés au titre des années 2021 et 2022 concernant l'ensemble du périmètre incriminé, à l'exception de la rue Taison, faisant apparaître que des usagers de ces places et rue subissent de façon récurrente des troubles graves causés par des personnes, alcoolisées ou non, qui menacent ou agressent les passants, gênent l'accès des habitations et des commerces, dans lesquels ils causent du désordre, commettent des dégradations ou des souillures et provoquent des rixes. Les usagers des parcs de stationnement installées sur cette place sont, en outre, exposés de façon habituelle aux extorsions ou tentatives d'extorsion d'individus, généralement constitués en bande organisée. Ces atteintes, répétées et persistantes, au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques sur ces places et rues par l'arrêté attaqué justifient l'exercice par le maire de Metz du pouvoir de police dont il est investi en application des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales, alors même que la mendicité agressive est déjà réprimée par l'article L. 312-12-1 du code pénal. En revanche, seule une main-courante a été déposée concernant la rue Taison pour l'ensemble de la période, de sorte que les troubles à l'ordre public invoqués par la commune ne sont pas avérés sur cette zone. Le report des troubles sur cette rue, qui est située en limite de zone en raison de l'interdiction des autres places et rue visées par l'arrêté attaqué n'est pas établi.

19. D'autre part, ainsi que le soutient à bon droit le préfet de la Moselle il n'est pas établi par les plaintes produites au dossier, que l'occupation de l'espace public sans sollicitation des passants serait de nature à troubler le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques.

20. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté en tant la rue Taison et en tant qu'il concerne l'occupation du domaine public sans sollicitation des passants n'est pas nécessaire.

21. En second lieu, le maire de la ville de Metz justifie la durée de l'arrêté par les nombreux événements et manifestations qu'accueille sa commune dès le mois de mars et qui attirent un nombre important de touristes. Il ressort des pièces du dossier que la plupart des événements organisés par la ville se déroulent sur la place de la République aux mois d'avril, mai, juin, juillet août, novembre et décembre et que ce secteur est le plus commerçant de la ville de Metz. En revanche, il n'est pas établi que des événements particuliers se dérouleraient en septembre. Ainsi, l'arrêté en tant qu'il concerne la période du 1er au 30 septembre n'est pas proportionné par rapport à l'objectif poursuivi.

22. Il résulte de ce qui a été dit aux points 18 à 21 que l'arrêté du 15 avril 2022 doit être annulé en tant qu'il concerne la rue Taison, en tant qu'il s'applique du 1er au 30 septembre et enfin en tant qu'il concerne l'occupation du domaine public sans sollicitation des passants en dehors de toute alcoolisation.

En ce qui concerne l'arrêté du 29 avril 2022 :

23. L'arrêté du 29 avril 2022 concerne la place du Roi Georges. Cependant, aucun trouble à l'ordre public n'a été constaté depuis 2019 et ces troubles se limitaient pendant cette année à la présence de quelques individus identifiés. Dès lors que les troubles ont durablement cessé, à la date de l'arrêté attaqué, c'est à tort que le maire de la ville de Metz a édicté l'arrêté attaqué qui n'était pas nécessaire. Il doit, dès lors, être annulé.

Sur les conclusions tendant au versement de frais d'instance :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la ville de Metz une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 : L'arrêté du 15 mars 2022 du maire de la ville de Metz, en tant qu'il concerne les places Jean-Paul II, de Chambre et rue d'Estrées, en tant qu'il s'applique du 15 mars au 31 avril et du 1er au 30 septembre et en tant qu'il concerne l'occupation du domaine public sans sollicitation des passants est annulé.

Article 2 : L'arrêté du 5 avril 2022 du maire de la ville de Metz, en tant qu'il concerne la place du Quarteau, en tant qu'il s'applique du 5 avril au 31 mai et du 1er au 30 septembre et en tant qu'il concerne l'occupation du domaine public sans sollicitation des passants, est annulé.

Article 3 : L'arrêté du 15 avril 2022 du maire de la ville de Metz, en tant qu'il concerne la rue Taison en tant qu'il s'applique du 1er au 30 septembre et en tant qu'il concerne l'occupation du domaine public sans sollicitation des passants, est annulé.

Article 4 : L'arrêté du 29 avril 2022 du maire de la ville de Metz est annulé.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Moselle et à la commune de Metz.

Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Carrier, président,

Mme Bronnenkant, première conseillère,

Mme Klipfel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.

La rapporteure,

H. BRONNENKANT

Le président,

C. CARRIERLa greffière,

S. MICHON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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