mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204969 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LEVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er août 2022, M. B A, représenté par Me Levy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 5 juin 2022 par laquelle le président de l'Eurométropole de Metz a rejeté son recours gracieux formé contre la décision implicite de rejet née le 8 février 2022 opposée à sa demande préalable du 8 décembre 2021 de lui verser l'indemnité spécifique de service à compter du 1er mai 2004 ;
2°) d'enjoindre au président de l'Eurométropole de Metz de réexaminer sa situation personnelle à compter du 1er mai 2004 et de fixer le coefficient individuel relatif à son régime indemnitaire, dans un délai de deux mois, à compter du jour du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre au président de l'Eurométropole de Metz de lui verser l'indemnité spécifique de service, avec intérêts au taux légal à compter de sa demande préalable, dans un délai de trois mois, à compter du jour du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Eurométropole de Metz la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision implicite de rejet née le 5 juin 2022 est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, en ce que l'Eurométropole de Metz aurait dû lui verser l'indemnité spécifique de service (ISS) à compter du 1er mai 2004 jusqu'à la mise en place du RIFSEEP correspondant à son cadre d'emploi ;
- le montant versé d'ISS n'a pas été modulé en fonction de sa manière de servir, aucun arrêté individuel n'ayant été préalablement matérialisé.
Par une intervention enregistrée le 17 février 2023, le syndicat CFDT Interco Moselle, représenté par Me Levy, demande que le tribunal fasse droit aux conclusions de la requête de M. A.
Il soutient que :
- son intervention est recevable ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit.
Par un mémoire enregistré le 7 août 2023, l'Eurométropole de Metz, représentée par Me Olsazk, conclut au rejet de la requête et à ce que le requérant lui verse la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'intervention du syndicat CFDT Interco Moselle est irrecevable ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cormier, rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Lecard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ingénieur principal est employé au sein des services de l'Eurométropole de Metz. Par un courrier du 8 décembre 2021, M. A a demandé au président de l'Eurométropole de Metz de lui verser rétroactivement l'indemnité spécifique de service (ISS), à compter du 1er mai 2004. Par une décision implicite du 5 juin 2022, dont M. A demande l'annulation, le président de l'Eurométropole de Metz a rejeté son recours gracieux formé le 5 avril 2022 à l'encontre de la décision implicite de rejet du 8 février 2022 opposée à sa demande de versement de l'indemnité spécifique de service à compter du 1er janvier 2018.
Sur l'intervention du syndicat CFDT Interco Moselle :
2. Il ressort des pièces du dossier que le conseil syndical a, le 17 janvier 2023, autorisé son secrétaire général pour le représenter en justice dans le cadre de la procédure " de M. B A contre Metz Métropole ".
3. Le syndicat CFDT Interco Moselle justifie d'un intérêt suffisant à l'annulation de la décision attaquée. Ainsi, son intervention à l'appui de la requête formée par M. A est recevable.
Sur l'étendue du litige :
4. Il appartient au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
5. En l'espèce, il convient donc de rediriger les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A contre la décision implicite du 5 juin 2022 rejetant son recours gracieux, contre la décision du 8 février 2022 du président de l'Eurométropole de Metz.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des créances :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
7. L'attribution d'un complément de traitement à un montant déterminé ne constitue pas un droit pour l'intéressé remplissant les conditions légales pour obtenir ledit avantage. Par suite, la décision en litige n'avait pas à être motivée et le moyen tiré du défaut de motivation ne peut être utilement invoqué.
En ce qui concerne les créances antérieures au 1er janvier 2017 :
8. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 : " Sont prescrites, au profit () des communes (), toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis ". L'article 2 de la même loi dispose que : " la prescription est interrompue par toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance (), tout recours formé devant une juridiction relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance () ".
9. Les droits sur lesquels les créances dont se prévaut M. A ont été acquis au cours des années 2006 à 2021. En application des dispositions précitées de la loi du 31 décembre 1968, les délais de prescription ont, pour les créances nées au cours de chacune de ces années, commencé à courir le 1er janvier de l'année suivante et ont, s'ils n'étaient pas expirés, été interrompus par la demande de paiement le 8 décembre 2021. Par suite, sont prescrites les sommes dont M. A a demandé le versement pour la période antérieure au 1er janvier 2017. Enfin, M. A ne peut utilement soutenir qu'il n'avait pas connaissance des créances antérieures au 1er janvier 2017, alors qu'il a été rendu destinataire de ses bulletins de salaires chaque mois.
En ce qui concerne les créances postérieures au 1er janvier 2017 :
10. En premier lieu, il résulte des fiches de paye de M. A qu'il a perçu, pour les mois de l'année 2017, une prime mensuelle de 1 105,00 euros, puis une prime mensuelle de 1 000 euros à compter du mois de janvier 2018. Il ressort du tableau annexé à la délibération du 26 avril 2004 que pour un ingénieur principal, le montant moyen de prime annuel s'établit à 17 039,24 euros (dont 2 618,80 euros de PSR et 14 419,44 euros d'ISS). Par suite, M. A, bien qu'il ait perçu une somme inférieure au montant moyen annuel de la prime en litige, n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'il n'a pas perçu cette prime pour la période allant du 1er janvier 2017 au mois de février 2021.
11. En deuxième lieu, en prévoyant que la prime mensuelle sera modulée individuellement " selon une évaluation portée sur la valeur professionnelle des agents au travers de la notation administrative ", les auteurs de la délibération du 26 avril 2004 instaurant un nouveau régime indemnitaire ont simplement voulu signifier que la fixation des coefficients individuels sera subordonnée aux résultats, non pas d'une évaluation ad hoc, mais de l'évaluation annuelle prévue à l'article 76 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, que celle-ci prenne la forme d'une notation ou d'un entretien.
12. En l'espèce, et alors que les montants en cause varient d'une année sur l'autre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Eurométropole de Metz n'aurait pas modulé le taux d'ISS en tenant compte de la manière de servir de l'agent.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais d'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Eurométropole de Metz, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
15. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme que l'Eurométropole de Metz demande sur le fondement des dispositions précitées.
D É C I D E :
Article 1er : L'intervention du syndicat CFDT Interco Moselle est admise.
Article 2 : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par l'Eurométropole de Metz sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au syndicat CFDT Interco Moselle et à l'Eurométropole de Metz.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Cormier, conseiller,
Mme Fuchs Uhl, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.
Le rapporteur,
R. CORMIER
Le président,
T. GROS
Le greffier,
P. SOUHAIT
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026