jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2205063 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | TADIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 2 août 2022, 30 septembre 2022, 7 juin 2024 et 11 juin 2024, M. C D et Mme B A, représentés par la SCP D. Colbus, F. Born-Colbus et A. Fittante, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2022 par lequel la maire de la commune de Yutz a refusé de leur délivrer un permis de construire sur un terrain situé avenue de la Fusion à Yutz ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Yutz une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté en litige méconnaît l'autorité de la chose jugée ;
- il est entaché d'erreur de droit, dès lors que :
- les dispositions du plan local d'urbanisme interdisant l'accès sur l'avenue de la Fusion 1971 sont illégales ;
- l'existence d'un accès privatif à la parcelle n° 183 depuis la rue de la Fusion, qui ne peut pas être remis en cause dès lors qu'il existait déjà avant l'édiction du plan local d'urbanisme, ne constitue pas un risque d'atteinte à la sécurité publique ;
- le projet est conforme aux dispositions du plan local d'urbanisme de la commune de Yutz applicables à la zone UD s'agissant des eaux usées dès lors qu'un raccordement ultérieur au réseau d'assainissement est possible ;
- il n'est pas établi que la parcelle n°238 est classée en zone UA ;
- le garage prévu au projet n'est pas une annexe au sens du glossaire du PLU ;
- le projet comporte une superficie suffisante dédiée aux espaces verts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, la commune de Yutz, représenté par Me Tadic, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D et Mme A la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D et Mme A ne sont pas fondés et sollicite, à titre subsidiaire, une substitution de motifs :
- la parcelle n°238, incluse dans le périmètre du projet contesté, est située en zone UA ; or, le projet ne respecte pas les prescriptions du PLU pour cette zone en ce qui concerne le volet paysager, les dispositions relatives aux toitures et celles concernant l'assainissement ;
- la parcelle n°183, incluse dans le périmètre du projet contesté, est située en zone UD ; or, le projet ne respecte pas les prescriptions du PLU pour cette zone.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Léa Perabo Bonnet,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Derrey pour M. D et Mme B A,
- et les observations de Me Damilot, substituant Me Tadic, pour la commune de Yutz.
Considérant ce qui suit :
1. Par un premier arrêté du 7 mars 2016, le maire de Yutz a refusé de délivrer à M. D et Mme A le permis de construire un garage sur un terrain situé avenue de la fusion, à Yutz. Par un jugement n° 1604750 du 21 juin 2018, le tribunal a rejeté le recours formé contre cette décision. Cependant, par un arrêt 18NC02153 du 27 juin 2019, la cour administrative d'appel de Nancy a annulé ce jugement, ainsi que l'arrêté contesté du 7 mars 2016. Par un deuxième arrêté du 30 juillet 2019, le maire de Yutz a refusé aux mêmes pétitionnaires le permis de construire une maison individuelle sur leur parcelle cadastrée section 36, n° 183, avenue de la Fusion. Le tribunal a, par jugement du 15 juillet 2021 n° 1907335, rejeté le recours formé par M. D et Mme A contre ce refus. Le 15 novembre 2021, M. D et Mme A ont sollicité la délivrance d'un permis de construire en vue de la construction d'une maison individuelle sur leurs parcelles cadastrées section 36, n° 183 et 238, situées avenue de la Fusion, à Yutz. Par un troisième arrêté du 9 février 2022, dont ils demandent l'annulation, la maire de la commune de Yutz leur en a refusé la délivrance.
Sur la légalité de la décision attaquée :
En ce qui concerne l'exception d'autorité de la chose jugée :
2. M. D et Mme A soutiennent que la décision attaquée méconnaît l'autorité de chose jugée, dès lors que, par un arrêt n° 18NC02153 du 27 juin 2019, la cour administrative d'appel de Nancy a annulé un arrêté du 7 mars 2016 par lequel la maire de la commune de Yutz avait refusé de leur délivrer un permis de construire un garage sur un terrain situé, comme en l'espèce, sur la parcelle cadastrée section 36, n° 183, avenue de la Fusion. Toutefois, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de l'autorité de la chose jugée par l'arrêt n° 18NC02153, dont l'annulation prononcée portait sur un projet différent de celui en litige. L'exception d'autorité de la chose jugée par la cour administrative d'appel de Nancy ne peut, par suite, qu'être écartée.
En ce qui concerne les motifs invoqués dans la décision attaquée pour refuser le permis de construire sollicité :
S'agissant du motif tiré de l'interdiction d'accès privatif avenue de la Fusion :
3. Aux termes de la section III " Equipements et réseaux- UD/Desserte par les voies publiques et privées " de la zone UD du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " () Aucun accès privatif (piétons ou véhicules) n'est autorisé sur l'avenue Pierre de Coubertin et sur l'avenue de la Fusion. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 101-3 du code de l'urbanisme, alors applicable : " La réglementation de l'urbanisme régit l'utilisation qui est faite du sol, en dehors des productions agricoles, notamment la localisation, la desserte, l'implantation et l'architecture des constructions ". Selon l'article L. 123-1-5 de ce code, alors applicable, le règlement du plan local d'urbanisme peut : " () 11° Fixer les conditions de desserte par les voies et réseaux des terrains susceptibles de recevoir des constructions ou de faire l'objet d'aménagements. () ". L'article R. 123-9 de ce code, alors applicable, prévoit que le règlement du plan local d'urbanisme peut " comprendre tout ou partie des règles suivantes : () 3° Les conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public ; () ".
4. Sauf dispositions législatives contraires, les riverains d'une voie publique ont le droit d'accéder librement à leur propriété, et notamment, d'entrer et de sortir des immeubles à pied ou avec un véhicule. L'autorité domaniale, le cas échéant consultée par l'autorité saisie d'une demande d'autorisation d'urbanisme, ne peut refuser d'accorder un tel accès, qui constitue un accessoire du droit de propriété, que pour des motifs tirés de la conservation et de la protection du domaine public ou de la sécurité de la circulation sur la voie publique. Il est toutefois loisible au plan local d'urbanisme (PLU), qui peut, en vertu de l'article L. 151-39 du code de l'urbanisme, fixer les conditions de desserte des terrains susceptibles de recevoir des constructions ou de faire l'objet d'aménagements, de préciser, dans le respect du principe énoncé au point précédent, les conditions de l'accès à ces terrains par les voies publiques.
5. Il s'ensuit que si les auteurs du plan local d'urbanisme peuvent, au titre des règles relatives à l'utilisation qui est faite du sol, fixer des règles relatives à la desserte des constructions projetées par les voies publiques, aucune disposition législative ou règlementaire ne leur permet, en revanche, d'interdire l'accès à une voie publique. En l'espèce, la section III de la zone UD du règlement du plan local d'urbanisme approuvée par le conseil municipal de Yutz est entachée d'illégalité en tant qu'elle prévoit l'interdiction, et non l'aménagement, des accès privatifs sur l'avenue de la Fusion. Par suite, le maire ne pouvait pas se fonder sur ces dispositions, illégales, du plan local d'urbanisme pour refuser la délivrance du permis de construire litigieux.
S'agissant du motif tiré risque pour la sécurité publique :
6. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
7. Il ressort des pièces du dossier que l'accès litigieux à la parcelle section 36 n° 183 depuis l'avenue de la Fusion, au demeurant déjà matérialisé par un bateau aménagé sur le trottoir et par une rupture de la ligne blanche continue au milieu de la chaussée, est situé entre un passage pour piétons et un arrêt de bus. Toutefois, le passage pour piétons est distant de plus de 30 mètres de l'accès litigieux et est nettement visible depuis les véhicules sortant de la parcelle. Quant à l'arrêt de bus, s'il est situé à proximité immédiate de l'accès, sur la gauche en sortant de la parcelle, il ne réduit la visibilité que pendant la durée réduite du stationnement du bus. Par ailleurs, il est constant que la vitesse de circulation sur l'avenue de la Fusion est limitée à 30 km/h. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que la maire a commis une erreur d'appréciation en estimant que l'accès litigieux était de nature à créer un danger pour la sécurité publique. Ce deuxième motif n'est donc pas de nature à justifier le refus de permis de construire contesté.
S'agissant du motif tiré de l'absence de raccordement au réseau d'assainissement :
8. Aux termes des dispositions de la section III " Equipements et réseaux- UD/Desserte par les réseaux " de la zone UD du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " () Assainissement / 1. Eaux usées / Toute construction ou installation nécessitant une évacuation des eaux usées doit être raccordée au réseau collectif d'assainissement si celui-ci communique avec une station d'épuration suffisante. / Dans le cas contraire, toute construction ou installation devra être assainie par un dispositif conforme à la réglementation en vigueur, tout en réservant la possibilité d'un raccordement ultérieur au réseau collectif. () ".
9. Pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité, la maire s'est fondée sur la circonstance que le service assainissement de la communauté d'agglomération Portes de France Thionville a relevé, dans un avis défavorable non daté rendu durant l'instruction dudit permis, que le projet n'était pas desservi par un réseau d'assainissement, qu'une extension de 60 mètres linéaires était nécessaire pour l'y raccorder, et que, le projet étant situé dans le zonage d'assainissement collectif, aucun assainissement non collectif n'était possible.
10. Toutefois, il ressort de la demande de permis de construire, et notamment de l'annexe intitulée " étude d'aptitude des sols à l'assainissement autonome ", que les pétitionnaires ont prévu un système d'assainissement non collectif pour la maison projetée, dont ni la conformité à la règlementation, ni la possibilité d'un raccordement ultérieur au réseau collectif ne sont contestés par la commune. Il n'est pas contesté que la parcelle est incluse dans le périmètre de la zone d'assainissement collectif de la communauté d'agglomération Portes de France Thionville, mais il ressort des termes mêmes de la décision contestée qu'il n'existe pas de réseau d'assainissement au droit du projet, et qu'une extension de 60 mètres linéaires est nécessaire pour raccorder celui-ci au réseau. Dans ces conditions, il n'est pas établi que les dispositions du plan local d'urbanisme citées au point 8, qui prévoient la possibilité d'un assainissement individuel en l'absence de raccordement au réseau collectif, seraient méconnues par le projet litigieux. Dès lors, les requérants sont fondés à soutenir que ce troisième motif de refus est illégal.
11. Il résulte de ce qui précède que l'ensemble des motifs de refus de permis de construire opposés aux requérants sont entachés d'illégalité.
En ce qui concerne les motifs substitués :
12. La commune fait valoir que la maire aurait également pu légalement prendre la même décision pour d'autres motifs, à savoir d'une part la méconnaissance des dispositions applicables à la zone UA, dans laquelle se situe la parcelle n°238 incluse dans le terrain d'assiette, et d'autre part la méconnaissance des dispositions applicables à la zone UD, dans laquelle se situe la parcelle n°183.
13. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
14. Il ressort des pièces du dossier et du site Géoportail, librement accessible, que le terrain d'assiette du projet est composé de la parcelle cadastrée section 36, n° 183 d'une superficie de 583 mètre carré et située en zone UD, ainsi que de la parcelle cadastrée section 36, n° 238 d'une superficie de 38 mètre carré, située en zone UA du plan local d'urbanisme de la commune de Yutz. Il ressort en outre des plans produits qu'une partie du porche de la construction projetée est implantée sur la parcelle n° 238.
Quant aux motifs tirés de la méconnaissance des dispositions applicables en zone UA du PLU :
15. En premier lieu, aux termes de la sous-section " Volumétrie et implantation des constructions " de la section II " Caractéristiques urbaines, architecturales, environnementales et paysagères " de la zone UA du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " 1. Implantation par rapport aux voies et emprises publiques / Sauf dispositions particulières inscrites sur le document graphique, les façades sur rue et sur toute voie ouverte à la circulation publique, des constructions principales doit se situer dans la bande formée par le prolongement des façades des constructions voisines les plus proches. ".
16. En l'espèce, le porche de la maison projetée n'étant pas clos, il ne comporte pas de façade, de sorte que les dispositions précitées ne lui sont pas opposables. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies produites par les requérants, que l'avenue de la Fusion ne présente aucun alignement rectiligne, de sorte que la maire de la commune n'est pas fondée à soutenir que l'implantation du porche ne se situe pas dans la bande formée par le prolongement des façades des constructions voisines adjacentes.
17. En deuxième lieu, aux termes de la sous-section " Volumétrie et implantation des constructions " de la section II " Caractéristiques urbaines, architecturales, environnementales et paysagères " de la zone UA du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " les annexes ne peuvent s'implanter entre la façade principale et le domaine public ".
18. Dès lors que le porche, et non le garage, se situe en zone UA, le motif tiré des dispositions précitées relatives à l'implantation des annexes ne pouvait être opposé aux requérants.
19. En troisième lieu, aux termes de la sous-section " Qualité urbaine et architecturale, environnementale et paysagère " de la section II " Caractéristiques urbaines, architecturales, environnementales et paysagères " de la zone UA du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " les toitures : les toits devront être traités à deux ou plusieurs pentes, à l'exception des annexes et extensions qui pourront être traitées en mono pente ou en toitures terrasses ".
20. Il ressort des pièces du dossier que la toiture du porche est plate, en méconnaissance de ces dispositions précitées. Toutefois, eu égard au caractère mineur et aisément modifiable de cette non-conformité, il n'est pas établi que la maire de la commune aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif. Dès lors, il n'y a pas lieu de procéder à la substitution de motif demandée sur ce point.
21. En quatrième lieu, aux termes de la sous-section " Desserte par les réseaux / 2. Assainissement / 1. Eaux usées " de la section III " Equipements et réseaux " de la zone UA du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " Toute construction nécessitant une évacuation des eaux usées doit être raccordée au réseau collectif d'assainissement si celui-ci communique avec une station d'épuration suffisante (). ".
22. Pour les mêmes motifs qu'énoncés au point 10, dès lors que les dispositions applicables en zone UA et en zone UD sont identiques, la maire n'était pas fondée à opposer au projet le motif tiré de ce que le projet devait être raccordé au réseau d'assainissement collectif. En tout état de cause, il n'est nullement établi que le porche, qui ne génère aucune eau usée, nécessiterait un raccordement à un réseau d'assainissement quelconque.
Quant aux motifs tirés de la méconnaissance des dispositions applicables en zone UD du PLU :
23. En premier lieu, aux termes de la sous-section " Volumétrie et implantation des constructions " de la section II " Caractéristiques urbaines, architecturales, environnementales et paysagères " de la zone UD du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " 2. Implantation par rapport aux limites séparatives / " () Les constructions principales ne peuvent s'implanter en fond de parcelle () ".
24. La commune fait valoir que, du fait de l'interdiction de création d'accès sur la rue de la Fusion, l'accès à la parcelle en litige n'est possible que par la parcelle n°112, qui appartient étranger aux requérants, qu'il convient alors de regarder les parcelles n°112, 183 et 238 comme formant une même unité foncière, dans laquelle les parcelles n° 183 et 238 constituent le fond de l'emprise foncière, de sorte que la construction projetée se trouve située en fond de parcelle, en méconnaissance des dispositions précitées. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 5, l'interdiction d'accès privatif sur la rue de la Fusion est illégale. L'implantation de la construction en litige se situe à proximité de la voie publique et non en fond de parcelle. Dès lors, le motif tiré de la méconnaissance des dispositions précitées est infondé.
25. En second lieu, aux termes de la sous-section " Traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions " de la section II " Caractéristiques urbaines, architecturales, environnementales et paysagères " de la zone UD du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " 2. " Toute construction principale devra être accompagnée de plantations dans l'emprise des terrains correspondants. Au moins 30% de l'unité foncière doivent être traités en espaces verts ".
26. Il ressort des pièces du dossier que la superficie du terrain d'assiette est de 621 mètres carrés et que la surface de plancher créée par le projet en litige est de 137,91 mètres carrés. En outre, la notice de présentation indique que les espaces restants seront engazonnés à l'exception des accès à la porte d'entrée et que des arbustes seront plantés sur la parcelle. Dès lors, la commune ne saurait sérieusement soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées au motif qu'elle ne comporte aucun espace vert.
27. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'arrêté du 9 février 2022 doit être annulé.
Sur les frais du litige :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. D et Mme A, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, verse à la commune de Yutz la somme que celle-ci réclament au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
29. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la commune de Yutz la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. D et Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : L'arrêté du 9 février 2022 est annulé.
Article 2 : La commune de Yutz versera la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à M. D et Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Mme B A, et à la commune de Yutz.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Perabo Bonnet, première conseillère,
Mme Eymaron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 février 2025.
La rapporteure,
L. Perabo Bonnet
La présidente,
A. Dulmet
Le greffier,
J. Fernbach
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026