mardi 20 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2205206 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI MOLINA ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 août 2022, la région fédérale Alsace de la fédération Force ouvrière des personnels des services publics et de santé, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2022 par laquelle le président du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin a refusé de décompter le temps de décharge d'activité de service sur la base du temps de travail effectif annuel ;
2°) d'enjoindre au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin de restituer au Groupement fédéral FO du Haut-Rhin, branche des services publics, 213 heures de décharge d'activité de service au titre de l'année 2022 au prorata des mois déjà écoulés, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le temps passé en congés ou en autorisation d'absence ne peut être décompté du temps de décharge syndicale, car un agent en décharge totale de service est réputé être en position d'activité et a droit aux autorisations d'absences et congés de toute nature au même titre qu'un autre agent ;
- les heures de décharge des agents déchargés partiellement ou ponctuellement de service sont décomptées uniquement pour les heures de travail effectives de sorte qu'en décomptant les heures de décharge des agents déchargés totalement de service à hauteur des heures rémunérées, le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin méconnaît le principe d'égalité de traitement entre agents.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2022, le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Weisse-Marchal,
- les conclusions de M. Biget, rapporteur public,
- et les observations de M. Odermatt, secrétaire général de la région fédérale Alsace de la fédération Force ouvrière des personnels des services publics et de santé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, agent de la commune de Soultz, bénéficie d'une décharge totale d'activité de service en tant que secrétaire du groupement départemental Force ouvrière du Haut-Rhin. Par un courriel du 19 mai 2022, il a demandé au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin de calculer le décompte du temps de décharge d'activité de service qu'il a réalisé au titre du premier trimestre de l'année 2022 sur une base de 1 607 heures, correspondant au temps de travail effectif annuel d'un agent à temps plein, et non de 1 820 heures correspondant au temps de travail rémunéré annuel. Il a également sollicité la restitution à son organisation syndicale, pour le calcul de son crédit de temps syndical, de la différence de 213 heures correspondant aux vingt-cinq jours de congés annuels et huit jours fériés intégrés dans le temps de décharge d'activité de service. Par un courriel en date du 30 mai 2022, le directeur du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin a refusé de faire droit à la demande de l'agent. Le délégué fédéral de la région fédérale Alsace de la fédération FO des personnels des services publics et de santé a réitéré cette demande et a demandé au président du centre de gestion de revoir les modalités de décompte des décharges d'activité de services du crédit de temps syndical. Cette nouvelle demande a été rejetée par une décision du président du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin en date du 13 juillet 2022. Par la présente requête, la région fédérale Alsace de la fédération Force ouvrière des personnels des services publics et de santé demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 214-4 du code général de la fonction publique : " Sous réserve des nécessités du service, les collectivités et établissements accordent un crédit de temps syndical aux responsables des organisations syndicales représentatives. Celui-ci comprend deux contingents : () 2° Un contingent est accordé sous forme de décharges d'activité de service. Il permet aux agents publics d'exercer, pendant leurs heures de service, une activité syndicale au profit de l'organisation syndicale à laquelle ils appartiennent et qui les a désignés en accord avec la collectivité ou l'établissement. Il est calculé selon un barème dégressif appliqué au nombre d'électeurs inscrits sur la liste électorale du ou des comités sociaux territoriaux compétents ". Aux termes de l'article L. 214-5 du même code : " Les centres de gestion calculent le contingent de décharges d'activité de service mentionné au 2° de l'article L.214-4 pour les collectivités et établissements obligatoirement affiliés. Ils versent à ces derniers les charges salariales de toute nature afférente aux décharges dont sont bénéficiaires leurs agents ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 212-1 du code général de la fonction publique : " Sous réserve des nécessités du service, l'agent public est réputé conserver sa position statutaire ou les stipulations de son contrat lorsque : 1° En qualité de fonctionnaire, il bénéficie, en position d'activité ou de détachement, d'une décharge d'activité de services à titre syndical ;() ". Aux termes de l'article L. 115-1 de ce code : " Les agents publics ont droit, après service fait, à une rémunération dans les conditions fixées au chapitre Ier du titre Ier du livre VII. " Aux termes de l'article L.611-1 du même code : " La durée du travail effectif des agents de l'Etat est celle fixée à l'article L. 3121-27 du code du travail, sans préjudice des dispositions statutaires fixant les obligations de service pour les personnels enseignants et de la recherche. Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures, dans des conditions prévues par un décret en Conseil d'Etat précisant notamment les mesures d'adaptation tenant compte des sujétions auxquelles sont soumis certains agents ". Par ailleurs, l'article L. 621-1 du même code dispose :" Le fonctionnaire en activité a droit à un congé annuel avec traitement. ". L'article L. 621-8 du même code prévoit que : " Les fêtes légales fériées dont bénéficient les agents publics sont celles énumérées à l'article L. 3133-1 du code du travail " Enfin aux termes de l'article L. 621-9 du même code : " Dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, les jours chômés et fériés dont bénéficient les agents publics sont ceux énoncés à l'article L. 3134-13 du code du travail ".
4. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 214-4 du code général de la fonction publique que le contingent accordé sous forme de décharge d'activité de service vise à permettre aux agents publics d'exercer une activité syndicale au profit de l'organisation syndicale pendant leurs heures de service et ainsi durant le temps de travail effectif, dont la durée annuelle est fixée à 1 607 heures par les dispositions précitées de l'article L. 611-1 du même code. Ce nombre d'heures n'inclut pas les jours de congés payés et les jours chômés et fériés dont bénéficient les agents publics. Dans ces conditions, le décompte du temps de décharge de l'activité syndicale doit être réalisé, à l'instar du décompte du temps de travail effectif, sur la base de la durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures, et non sur la base de la durée annuelle de travail rémunéré qui prend en compte les vingt-cinq jours de congés annuels et les huit jours fériés. Par suite, et alors même que le centre de gestion rembourse la rémunération de la collectivité employeur sur la base des heures rémunérées, l'organisation syndicale requérante est fondée à soutenir qu'en refusant de calculer le nombre d'heures de décharge d'activité de service qui devait être déduites du contingent annuel qui lui était alloué sur la base du temps de travail effectif annuel, le président du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin a commis une erreur de droit.
5. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, que la décision attaquée doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 214-6 du code général de la fonction publique : " Par convention, le centre de gestion et un ou plusieurs collectivités ou établissements non obligatoirement affiliés au centre de gestion peuvent déterminer les modalités de la mutualisation de leurs crédits de temps syndical. Les crédits de temps syndical qui n'ont pu être utilisés durant l'année civile sont, à la demande d'une organisation syndicale et pour ce qui la concerne, comptabilisés et reportés à la seule année suivante. Ils peuvent être utilisés dans l'un ou l'autre des collectivités ou établissements signataires. Les modalités de versement des charges salariales de toute nature afférente aux autorisations d'absence et aux décharges d'activité de service sont déterminées par la convention ".
7. Il résulte de ces dispositions que les crédits de temps syndical qui n'ont pu être utilisés durant l'année civile ne peuvent être reportés qu'à la seule année suivante. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande d'injonction tendant à la restitution de 213 heures de décharge d'activités de service au titre de l'année 2022.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin le versement à la région fédérale Alsace de la fédération Force ouvrière des personnels des services publics et de santé une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du 13 juillet 2022 du directeur du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin est annulée.
Article 2 : Le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin versera une somme de 1 500 euros à la région fédérale Alsace de la fédération Force ouvrière des personnels des services publics et de santé en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la région fédérale Alsace de la fédération Force ouvrière des personnels des services publics et de santé et au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Haut-Rhin.
Délibéré après l'audience du 22 avril 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Haudier , présidente,
Mme Weisse-Marchal, première conseillère,
M. Muller, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mai 2025.
La rapporteure,
C.Weisse-Marchal
La présidente,
G. Haudier
La greffière,
B. Delage
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026