jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2205340 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BERARD - JEMOLI - SANTELLI - BURKATZKI - BIZZARRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 11 août 2022 et 19 octobre 2023, M. B A, représenté par la SELARL Berard - Jemoli - Santelli - Burkatzki - Bizzarri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 15 juin 2022 par lequel le conseil communautaire de la communauté de communes de la Doller et du Soultzbach a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal de son territoire ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la délibération du 15 juin 2022, en tant que le plan local d'urbanisme intercommunal classe les parcelles lui appartenant, situées sur le ban de la commune de Rimbach-Près-Masevaux, cadastrées section 2, n°179 et 180, et section 3, n° 221 et 222, en zone agricole ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, d'annuler la délibération du 15 juin 2022 en tant que le plan local d'urbanisme intercommunal classe les parcelles lui appartenant, situées sur le ban de la commune de Rimbach-Près-Masevaux, cadastrées section 2, n° 180, et Section 3, n° 221, en zone agricole ;
4°) de mettre à la charge de la communauté de communes de la Doller et du Soultzbach une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la procédure d'enquête publique est irrégulière au regard des dispositions de l'article
R. 123-8 du code de l'environnement, en ce que l'avis de la mission régionale d'autorité environnementale du 18 décembre 2020 n'a pas été joint au dossier d'enquête soumis au public et que le dossier d'enquête publique ne mentionnait pas les textes qui régissent l'enquête publique ;
- le rapport d'enquête publique est entaché d'insuffisance au regard des dispositions de l'article R. 123-9 du code de l'environnement, dès lors qu'il ne comporte pas de synthèse des observations du public ;
- les modifications apportées au projet de plan local d'urbanisme intercommunal intervenues postérieurement à l'enquête publique présentent un caractère substantiel et ont ainsi porté atteinte à l'économie générale du plan local d'urbanisme ;
- le rapport de présentation est incomplet au regard des dispositions des articles L. 151-4 et R. 151-2 du code de l'urbanisme ;
- le classement, en zone agricole des parcelles cadastrées section 2, n°179 et 180, et section 3, n° 221 et 222, en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de fait.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 septembre et 22 novembre 2023, la communauté de communes de la Doller et du Soultzbach, représentée par Me Cereja, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Léa Perabo Bonnet,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Bizzarri, avocat de M. A ;
- les observations de Me Bohner, substituant Me Cereja, avocat de la communauté de communes de la Vallée de la Doller et du Soultzbach.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 19 février 2020, la communauté de communes de la Vallée de la Doller et du Soultzbach (ci-après CCVDS) a prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal. L'enquête publique s'est déroulée du 15 février au 19 mars 2021 et le commissaire enquêteur a rendu son rapport le 7 mai 2021. Par une délibération du 15 juin 2022, le conseil communautaire de la CCVDS a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal. M. A, propriétaire des parcelles cadastrées section 2 n° 179 et 180 et section 3 n° 218, 220, 221 et 222 sur le ban de la commune de Rimbach-près-Masevaux, demande au tribunal d'annuler cette délibération.
Sur la légalité externe de la délibération du 15 juin 2022 :
En ce qui concerne l'enquête publique :
2. Aux termes de l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 153-8 du code de l'urbanisme : " Le dossier soumis à l'enquête publique est composé des pièces mentionnées à l'article R. 123-8 du code de l'environnement et comprend, en annexe, les différents avis recueillis dans le cadre de la procédure. / Il peut, en outre, comprendre tout ou partie des pièces portées à la connaissance de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ou de la commune par le préfet ". Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'environnement, applicable au litige : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. / Le dossier comprend au moins : / 1° Lorsqu'ils sont requis, l'étude d'impact et son résumé non technique, le rapport sur les incidences environnementales et son résumé non technique, et, le cas échéant, la décision prise après un examen au cas par cas par l'autorité environnementale mentionnée au IV de l'article L. 122-1 ou à l'article L. 122-4, l'avis de l'autorité environnementale mentionné au III de l'article L. 122-1 et à l'article L. 122-7 du présent code ou à l'article L. 104-6 du code de l'urbanisme, ainsi que la réponse écrite du maître d'ouvrage à l'avis de l'autorité environnementale ; () 3° La mention des textes qui régissent l'enquête publique en cause et l'indication de la façon dont cette enquête s'insère dans la procédure administrative relative au projet, plan ou programme considéré, ainsi que la ou les décisions pouvant être adoptées au terme de l'enquête et les autorités compétentes pour prendre la décision d'autorisation ou d'approbation ; () ".
4. La méconnaissance des règles relatives à l'enquête publique n'est de nature à vicier la procédure et donc à entraîner l'illégalité de la décision prise à l'issue de l'enquête publique que si elle a pu avoir pour effet de nuire à l'information de l'ensemble des personnes intéressées par l'opération ou si elle a été de nature à exercer une influence sur les résultats de l'enquête et, par suite, sur la décision de l'autorité administrative.
5. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qui est soutenu, l'avis de la mission régionale d'autorité environnementale du 18 décembre 2020 était joint au dossier d'enquête soumis au public. Par ailleurs, la notice d'enquête publique cite l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme, lequel renvoie aux dispositions pertinentes du code de l'environnement. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir la procédure d'enquête publique est irrégulière en ce que l'avis de la mission régionale d'autorité environnementale n'a pas été mis à la disposition du public et que le dossier d'enquête publique ne mentionnait pas les textes qui régissent l'enquête publique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 123-8 du code de l'environnement doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport d'enquête publique, que ce document fait état de l'intégralité des observations faites par le public au cours de l'enquête, lesquelles sont reprises dans un tableau exhaustif, et que les conclusions motivées de la commission d'enquête reprennent de façon résumée les principales remarques émises. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le rapport d'enquête publique ne comporte pas de synthèse des observations du public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance dispositions de l'article R. 123-9 du code de l'environnement doit être écarté.
En ce qui concerne les modifications postérieures à l'enquête publique :
8. Aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à la majorité des suffrages exprimés après que les avis qui ont été joints au dossier, les observations du public et le rapport du commissaire ou de la commission d'enquête aient été présentés lors d'une conférence intercommunale rassemblant les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale ; () ".
9. Il résulte de ces dispositions que le projet de plan ne peut subir de modifications, entre l'enquête publique et son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.
10. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment du tableau présenté dans le rapport d'enquête publique, qui recense de façon exhaustive, ainsi qu'il a été dit au point 7, les observations formulées au cours de l'enquête et pour chaque observation, la personne qui en est l'auteure, le commentaire de la CCVDS et l'avis de la commission d'enquête, que les modifications apportées au projet suite à l'enquête publique procèdent de celle-ci.
11. D'autre part, M. A soutient que ces modifications, de par leur nombre et leur importance, ont altéré le parti d'urbanisme défini par les auteurs du PLUI et ont ainsi porté atteinte à l'économie générale du projet.
12. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du document intitulé " Synthèse des modifications apportées depuis l'arrêt du projet de PLUi ", qu'à la suite de l'enquête publique, le projet de plan local d'urbanisme a été modifié avant d'être approuvé par la délibération attaquée, afin de prendre en compte les avis des personnes publiques associées. Les modifications ont été regroupées sous quatre thématiques. La première a trait à la consommation foncière, laquelle n'a pas été augmentée postérieurement à l'enquête publique, et regroupe des évolutions qui permettent globalement une meilleure prise en compte des objectifs du PLUi. Concernant la deuxième thématique relative à l'environnement, les modifications apportées aux périmètres et aux possibilités de construire dans les zones agricoles et naturelles portent sur une superficie d'environ 1,5 % seulement de l'ensemble du territoire concerné par le plan local d'urbanisme intercommunal, tandis que celles apportées aux secteurs de taille et de capacité d'accueil limités en représentent 0,3%. Les autres modifications concernant l'environnement concourent à une meilleure mise en œuvre de l'orientation n° 9 de " préservation et d'amélioration d'espaces et fonctionnalités écologiques " du projet d'aménagement et de développement durables (PADD). En ce qui concerne la troisième thématique, relative aux risques, elle a fait principalement l'objet de l'ajout d'une orientation d'aménagement et de programmation " Risques et santé ", dont le contenu est majoritairement incitatif et a vocation à attirer l'attention des habitants sur des risques déjà identifiés par les divers plans de prévention. Cette modification s'inscrit dans l'objectif défini par l'orientation n° 13 du PADD tendant à la réduction des risques et à la protection de la ressource en eau, et notamment son point b) sur la prévention des risques d'inondation. Enfin, les modifications relatives au patrimoine et le paysage, à certaines activités et zones économiques et aux mobilités visent à améliorer, respectivement, l'atteinte des orientations du PADD, à savoir, respectivement, l'orientation n° 10 de préservation et de mise en valeur des qualités paysagères de la vallée, l'orientation n° 9 précitée, et l'orientation n°12 de développement des mobilités douces. En outre, si le requérant soutient, sans apporter aucune précision, que le PADD aurait été modifié, ces modifications ne ressortent nullement des pièces du dossier.
13. Dans ces conditions, si les modifications apportées au plan local d'urbanisme postérieurement à l'enquête publique sont nombreuses, elles s'inscrivent dans le parti d'aménagement retenu par les auteurs du projet, dont l'économie générale n'est pas remise en cause. Dès lors, le moyen tiré de ce que les modifications apportées au projet de plan après l'enquête publique ont remis en cause l'économie générale de ce projet doit être écarté.
Sur la légalité interne de la délibération du 15 juin 2022 :
En ce qui concerne les insuffisances du rapport de présentation :
14. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. / (). / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités () ". Aux termes de l'article R. 151-2 du même code : " Le rapport de présentation comporte les justifications de : () 2° La nécessité des dispositions édictées par le règlement pour la mise en œuvre du projet d'aménagement et de développement durables et des différences qu'elles comportent, notamment selon qu'elles s'appliquent à des constructions existantes ou nouvelles ou selon la dimension des constructions ou selon les destinations et les sous-destinations de constructions dans une même zone ; () / 5° L'institution des zones urbaines prévues par l'article R. 151-19 () / 6° Toute autre disposition du plan local d'urbanisme pour laquelle une obligation de justification particulière est prévue par le présent titre. / Ces justifications sont regroupées dans le rapport. ".
15. En premier lieu, M. A soutient que le service de covoiturage " Illicov ", dont la CCVDS fait la promotion sur son site internet et qui constitue un espace de stationnement mutualisé des véhicules, de même que les bornes de recharges électriques présentes dans trois communes du territoire, n'ont pas été inventoriés dans le rapport de présentation, en méconnaissance des dispositions précitées. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le service de covoiturage a été mis en service postérieurement à l'approbation du PLUi. De même, le requérant n'établit ni n'allègue que les bornes de recharge étaient existantes avant l'approbation du projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme doit être écarté.
16. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la partie du rapport de présentation intitulée " F. Les règles écrites et graphiques pour mettre en œuvre chacune des orientations générales du PADD ", que sont précisées, pour chacune des 13 orientations du projet d'aménagement et de développement durables, les règles du plan local d'urbanisme intercommunal qui permettent de les atteindre, ainsi que les orientations d'aménagement et de programmation pertinentes. Il résulte de ces éléments que le rapport de présentation comporte des justifications suffisantes des choix opérés par le plan local d'urbanisme intercommunal. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation doit être écarté.
En ce qui concerne le classement des parcelles litigieuses en zone agricole :
17. Aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / () ". Aux termes de l'article R. 151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
18. D'une part, une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
19. D'autre part, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer, en conséquence, le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation peut être censurée par le juge si elle repose sur des faits matériellement inexacts ou si elle est entachée d'une erreur manifeste. Par ailleurs, pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
20. En l'espèce, il ressort de l'orientation n° 8 du projet d'aménagement et de développement durables, de " développement de l'agriculture et de l'exploitation forestière ", que les auteurs du PLUi ont eu notamment pour objectif de " valoriser le potentiel agro-économique des espaces agricoles, notamment dans les secteurs enchâssés dans les espaces forestiers et autour des villages " et de " faire en sorte que les exploitations agricoles disposent des surfaces et des bâtiments nécessaires à leur viabilité économique " ainsi qu'à " préserver les espaces agricoles ayant une valeur agronomique et/ou un intérêt paysager et environnemental ". Par ailleurs, le rapport de présentation du PLUi souligne que, dans les zones de montagne, dont relève la commune de Rimbach-près-Masevaux, il y a lieu de préserver les terres nécessaires au maintien et au développement des activités agricoles, pastorales et forestières. Ce rapport indique qu'au regard des dispositions précitées de l'article L. 122- 10 du code de l'urbanisme, " ont été inscrites en zone agricole :/ () les terres peu pentues et bien exposées ; / les terres indispensables à la pérennité des exploitations agricoles ". Enfin, les points c) et e) de l'orientation n° 10 de " préservation et mise en valeur des qualités paysagères de la vallée " du projet d'aménagement et de développement durables visent à " améliorer la valeur écologique et paysagère " et à " maintenir les coupures vertes / d'urbanisation identifiées en s'appuyant sur les éléments naturels existants ".
21. M. A soutient que le classement en zone agricole inconstructible des parcelles cadastrées section 2 n° 179 et 180 et section 3 n° 220, 221 et 222 sur le ban de la commune de Rimbach-près-Masevaux, est entaché d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que son terrain n'inclut aucune zone humide, comporte deux annexes d'habitation qui n'ont pas été prises en compte, et n'a aucune vocation agricole.
22. En premier lieu, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que les auteurs du PLUi auraient omis de tenir compte des deux constructions légères à usage d'annexe, situées sur les parcelles section 2 n° 179 et section 3 n° 220. D'autre part, l'unité foncière du requérant, qui est partiellement boisée, en particulier la parcelle n° 220 accueillant une ripisylve, est implantée entre deux cours d'eau, le Seebach au sud-ouest et le Kerbach à l'est, aux abords desquels une végétation diffuse s'est développée. Les parcelles en litige sont traversées au sud-est et jouxtées à l'est par des zones humides. Par suite, compte tenu de l'environnement immédiat des parcelles précitées, dont il ressort l'existence d'une zone humide, et alors que les annexes qu'elles comportent ont été prises en compte par les auteurs du PLUi, le moyen tiré de l'erreur de fait ne peut qu'être écarté.
23. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que les parcelles appartenant à M. A sont situées aux marges nord-est du bourg de Rimbach-près-Masevaux, dont l'urbanisation prend fin à hauteur de la parcelle cadastrée section 3 n° 218, soit celle supportant la maison d'habitation de l'intéressé. Ces parcelles sont non bâties, à l'exception des deux constructions légères à usage d'annexes, situées sur les parcelles section 2 n° 179 et section 3
n° 220, et sont ainsi majoritairement non artificialisées. Elles s'ouvrent à l'est et au nord/nord-est sur un vaste espace agricole exploité, auquel elles s'insèrent. En outre, l'unité foncière du requérant est traversée au sud-est et jouxtée à l'est par des zones humides et se situe aux abords d'un corridor écologique identifié comme étant dans un état insatisfaisant. Ainsi, le classement en zone agricole inconstructible des parcelles litigieuses permet de maintenir le rôle de couloir agricole du Seebach, en cohérence avec l'orientation n° 8 du PADD, ainsi qu'avec celles du rapport de présentation, qui porte une attention particulière à la préservation du potentiel agricole situé en zone de montagne, et contribue à améliorer la valeur écologique et paysagère des bords du Kerbach et de l'Erlenmattbaechle. Dès lors, compte tenu des caractéristiques des parcelles en litige, la circonstance qu'elles ne fassent pas l'objet d'une exploitation agricole et supportent l'implantation de deux annexes de caractère modeste ne sont pas suffisantes pour établir que leur classement en zone agricole inconstructible, qui est cohérent avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, procèderait d'une appréciation manifestement erronée.
24. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetée.
Sur les frais du litige :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes de la Doller et du Soultzbach, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la communauté de communes de la Doller et du Soultzbach et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à la communauté de communes de la Doller et du Soultzbach en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la communauté de communes de la Doller et du Soultzbach.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Malgras, première conseillère.
Mme Perabo Bonnet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 novembre 2024.
La rapporteure,
L. Perabo Bonnet
La présidente,
A. Dulmet
La greffière,
J. Brosé
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026