Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
Par une requête, enregistrée le 16 août 2022, sous le n°2205342, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 28 novembre 2022 et 1er décembre 2023, M. D... A..., représenté par Me Flynn, demande au tribunal :
d’annuler la décision du 29 avril 2022 par laquelle le maire de la commune de Horbourg-Wihr ne s’est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par Mme C... en vue de la construction d’un mur en limite séparative ouest sur un terrain situé 14 cours Constantin ;
de mettre à la charge de la commune de Horbourg-Wihr une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige méconnait les dispositions des articles R. 431-36 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- elle méconnait les dispositions de l’article AUa1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Horbourg-Wihr dès lors qu’un mur implanté en limite séparative n’est pas assimilable à une clôture ;
- elle méconnait les dispositions de l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme et de l’article 2.3.2.2. du règlement du plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) du bassin versant de l’Ill dès lors que le mur va être construit, pour partie, sur la parcelle 717, située en zone rouge du PPRI ;
- elle méconnait les dispositions de l’article 11.4 du règlement du PLU de la commune de Horbourg-Wihr dès lors que le mur projeté va dépasser la hauteur maximale de deux mètres par rapport au niveau du terrain naturel.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 octobre 2023 et 5 février 2024, la commune de Horbourg-Wihr, représentée par la SELARL Soler-Couteaux & Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A... la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à Mme B... C... qui n’a pas produit de mémoire.
Par une requête, enregistrée le 3 mars 2023, sous le n°2301506, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 1er décembre 2023, 7 mai 2024, 2 janvier 2025 et 13 février 2025, M. D... A..., représenté par Me Flynn, demande au tribunal :
1°)
d’annuler la décision du 3 décembre 2022 par lequel le maire de la commune de Horbourg-Wihr a délivré à Mme C... un certificat de décision de non-opposition à une déclaration préalable de travaux portant sur la réalisation d’une piscine et d’une pergola, l’agrandissement de la terrasse existante et la modification de la clôture sur la limite séparative ouest sur son terrain situé 14 cours Constantin ;
2°)
de mettre à la charge de la commune de Horbourg-Wihr une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige méconnait les dispositions de l’article R. 431-35 du code de l'urbanisme ;
- elle méconnait les dispositions des articles R. 431-36 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- elle méconnait les dispositions de l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme et des articles 2.3.2.2., 2.1.1.2. et 2.4.1.3. du règlement du plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) du bassin versant de l’Ill ;
- elle méconnait les dispositions de l’article UA 1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Horbourg-Wihr ;
- elle méconnait les dispositions de l’article AUa1 du règlement PLU de la commune de Horbourg-Wihr ;
- elle méconnait les dispositions de l’article AU7 du règlement du PLU de la commune de Horbourg-Wihr ;
- elle méconnait les dispositions de l’article 11.4 du règlement PLU de la commune de Horbourg-Wihr.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 octobre 2023 et 5 février 2024, la commune de Horbourg-Wihr, représentée par la SELARL Soler-Couteaux & Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A... la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, Mme B... C..., représentée par Me Maamouri, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A... la somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et du défaut d’intérêt à agir du requérant ;
les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Thibault, rapporteure
- les conclusions de Mme Kalt, rapporteure publique,
- les observations de Me Huck représentant la commune de Horbourg-Wihr,
- les observations de Me Maamouri représentant Mme C....
Considérant ce qui suit :
Le 6 avril 2022, Mme C... a déposé une déclaration préalable pour la réalisation de travaux ayant pour objet la construction d’un mur en limite séparative ouest, sur le terrain situé 14 cours Constantin à Horbourg-Wihr. Le terrain d’assiette du projet est constitué d’une parcelle cadastrée section 20 n°0705 située en zone AUa du PLU de la commune d’Horbourg-Wihr. Par une décision du 29 avril 2022, le maire ne s’est pas opposé à cette déclaration préalable. Puis, le 3 novembre 2022, la pétitionnaire a déposé une nouvelle déclaration préalable pour la réalisation de travaux ayant pour objet la réalisation d’une piscine et d’une pergola, l’agrandissement de la terrasse existante et l’édification du mur en limite séparative ouest en lieu et place de celui autorisé par la décision de non opposition à déclaration préalable du 29 avril 2022. Par une décision du 3 décembre 2022, le maire a délivré à Mme C... un certificat de décision de non-opposition à une déclaration préalable de travaux. Par les présentes requêtes, M. A... demande au tribunal l’annulation des décisions des 29 avril et 3 décembre 2022.
Les requêtes n°2205342 et n°2301506 se rapportent à un même projet de construction. Elles présentent à juger des questions identiques et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense à l’encontre de la requête n°2301506 tenant à la tardiveté de celle-ci et à l’absence d’intérêt à agir du requérant :
En premier lieu, aux termes de l’article R. 600-2 du code de l’urbanisme : « Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. » Par ailleurs, aux termes de l’article R. 424-15 du même code : « Mention du permis (…) doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l’extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l’arrêté (...) Cet affichage mentionne également l’obligation, prévue à peine d’irrecevabilité par l’article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l’auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. ».
Contrairement, à ce que font valoir la pétitionnaire et la commune de Horbourg-Wihr, aucun élément du dossier ne permet de démontrer que la décision de non-opposition à une déclaration préalable du 3 décembre 2022 aurait fait l’objet d’un affichage régulier à compter de sa date de délivrance. Par suite, les fins de non-recevoir opposées en défense par la pétitionnaire et la commune de Horbourg-Wihr tirées de ce que les conclusions formées par M. A... à l’encontre de la décision du 3 décembre 2022 dans des écritures enregistrées auprès du greffe du tribunal le 3 mars 2023, seraient tardives, doivent être écartées.
En second lieu, aux termes de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme : « Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l’article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ».
Il résulte de ces dispositions qu’il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d’un recours pour excès de pouvoir tendant à l’annulation d’un arrêté de non-opposition à déclaration préalable, d’un permis de construire, de démolir ou d’aménager, de préciser l’atteinte qu’il invoque pour justifier d’un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d’affecter directement les conditions d’occupation, d’utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s’il entend contester l’intérêt à agir du requérant, d’apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l’excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu’il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l’auteur du recours qu’il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu’il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d’un intérêt à agir lorsqu’il fait état devant le juge, qui statue au vu de l’ensemble des pièces du dossier, d’éléments relatifs à la nature, à l’importance ou à la localisation du projet de construction.
Il ressort des pièces du dossier que M. A... est propriétaire de la parcelle cadastrée section 20 n° 706, jouxtant immédiatement le terrain d’assiette du projet. Au surplus, eu égard à la nature de ce projet, qui vise notamment à l’édification d’un mur de clôture plein d’une hauteur de 2 mètres au droit de la limite séparant la parcelle de Mme C... de celle de M. A... et la construction d’une piscine qui sera à l’origine de nuisances sonores en période estivale, ce dernier justifie, en l’espèce, d’un intérêt à agir suffisant. Il s’ensuit que la fin de non-recevoir opposée en défense par la pétitionnaire tirée du défaut d’intérêt pour agir doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne la légalité du certificat de décision de non-opposition du 3 décembre 2022 :
Quant aux moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du règlement du plan de prévention des risques inondation (PPRI) du bassin versant de l’Ill :
Aux termes de l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ».
Contrairement à ce que soutient Mme C..., il ressort des pièces du dossier que le terrain d’assiette du projet litigieux se situe en partie sur la parcelle 705, qui jouxte la voie publique et servant d’assiette à la maison d’habitation de Mme C..., située en zone jaune du PPRI et correspondant à un secteur inondable en cas de rupture de digue, à risque modéré et pouvant être ouvert à l’urbanisation, et en partie sur la parcelle 717, ouverte sur un espace naturel à l’arrière de la maison, situé en zone rouge du PPRI et correspondant à une zone de non-édification. À ce titre, la piscine et la terrasse projetées sont toutes deux situées à cheval sur les deux parcelles de Mme C..., pour partie en zone jaune, et pour partie en zone rouge du PPRI applicable.
S’agissant de la partie des constructions implantée en zone jaune :
L’article 2.3.2.1 du même règlement relatif à la section 2.4.1 concernant les biens et activités existants, indique que sont admis sous conditions en zone jaune : « Les extensions des bâtiments existants, à condition que la cote de plancher soit supérieure à la cote de référence. (…) ». L’article 2.4.2.1 du même règlement, concernant les biens et activités futurs, indique que sont interdits en zone jaune : « La construction de tout niveau d’habitation en dessous de la cote de référence. » L’article 2.4.2.2 du même règlement, concernant les biens et activités futurs, indique que sont admis sous condition en zone jaune : « Les constructions non interdites à l'article 2.4.2.1. et respectant les dispositions constructives et diverses de l'article 2.4.2.3. » L’article 2.4.2.3. dispose que : « La cote de plancher du rez-de-chaussée des constructions sera fixée à un niveau supérieur au terrain naturel et à la cote de référence. Ces dispositions ne s'appliquent pas aux constructions annexes : abris de jardin, piscines, terrasses, mais s'appliquent aux constructions à usage de garage. »
Il ressort de ces dispositions et notamment de l’article 2.4.2.3 du PPRI que la piscine et la terrasse ne sont pas au nombre des constructions devant être édifiées au-delà de la côte de référence. Le moyen tiré de ce que le projet méconnait les dispositions du PPRI applicable à la zone jaune doit dès lors être écarté.
S’agissant de la partie des constructions implantée en zone rouge :
L’article 2.3.1.2 du règlement du PPRI du bassin versant de l’Ill, concernant les biens et activités existants, indique que sont interdites en zone rouge : « Toute extension de plus de 20 mètres carrés de l’emprise au sol de toute construction ou installation, cette mesure ne s’appliquant qu’une fois et étant donc non cumulable, (…) ». L’article 2.3.1.3 du même règlement, concernant également les biens et activité existants, précise que sont autorisés seulement : « L’extension de bâtiments existants, dans la limite de 20 mètres carrés, à condition que la cote de plancher de l’extension soit supérieure à la cote de hautes eaux répertoriées sur le plan de zonage, cette mesure ne s’appliquant qu’une fois et étant donc non cumulable. (…) ». L’article 2.3.2.1 du règlement du PPRI du bassin versant de l’Ill, relatif à la section 2.3.3 concernant les biens et activités futurs, indique que sont interdites en zone rouge : « Toute construction, installation, dépôt et activités de quelque nature que ce soit, à l'exclusion des réseaux enterres, des occupations et utilisations du sol visés à l’article 2.3.2.2. suivant et des travaux d'entretien des ouvrages existants. (…) ». L’article 2.3.2.2 du même règlement, concernant également les biens et activités futurs, précise que sont autorisés seulement : « Les travaux et installations destinés à réduire les conséquences du risque d'inondation, à condition de ne pas aggraver les risques par ailleurs. Ils ne pourront donc être envisagés qu'après études préalables, dans le respect de la législation en vigueur et après autorisation du Préfet. /La construction de locaux techniques non habités d'une surface inférieure à 20 m2. / Les travaux d`infrastructure publique et les occupations et utilisations du sol qui y sont liées, ainsi que les constructions, installations et équipements strictement nécessaires au fonctionnement des services publics, et qui ne sauraient être implantés en d’autres lieux. / Les espaces verts, les aires de jeux et de sports, à condition que le matériel d'accompagnement soit démontable ou fixé de façon à ne pas être emporté par les eaux. /Les parkings extérieurs, à condition que la topographie naturelle du terrain ne soit pas modifiée et que ces parkings ne soient pas situés dans une dépression. ».
Il ressort de ces dispositions que la piscine, qui constitue un bien futur au sens et pour l’application du PPRI, fait partie des constructions interdites en zone rouge. Par ailleurs, la terrasse, qui doit être regardée comme un bien existant, est également interdite dans cette zone dès lors qu’elle fait l’objet, en zone rouge, d’une extension dont l’emprise au sol est supérieure à 20 m2. Il en résulte que M. A... est seulement fondé à soutenir que la partie du projet située en zone rouge méconnaît les dispositions précitées du règlement du PPRI.
Quant aux moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d’urbanisme (PLU) de la commune d’Horbourg-Wihr :
En premier lieu, aux termes de l’article AUa 1 du règlement du PLU de la commune d’Horbourg-Wihr relatif à la zone AUa indique que sont interdites : « Toutes occupations et utilisation du sol autres que celles visées à l’article AUa 2, et notamment la construction de tout niveau d’habitation en dessous de la cote de référence (fixée par le PPRI du bassin du versant de l’Ill). ». L’article AUa 2.1. du même règlement précise que sont autorisées : « Dans l’ensemble de la zone : /(…) – l’extension des bâtiments existants à la date d’approbation du présent PLU sous réserve de ne pas compromettre les opérations visées aux paragraphes suivants. ».
Il résulte de ces dispositions et ainsi que le soutient le requérant, les constructions projetées, qui ne sont pas des bâtiments existants, ne peuvent pas être autorisées sur le fondement des dispositions précitées du règlement du PLU. Le projet litigieux n’entre dans aucun des autres cas visés à l’article AUa 2.1 autorisant, à titre dérogatoire, l’implantation de certaines constructions. Dans ces conditions, M. A... est fondé à soutenir que les constructions projetées méconnaissent les dispositions précitées du règlement du PLU.
En second lieu, aux termes de l’article AUA 11.4 du règlement du PLU de la commune d’Horbourg-Wihr : « (…) La hauteur totale de la clôture [sur limite séparative] ne pourra excéder 2 mètres par rapport au niveau du terrain naturel au point le plus bas des 2 propriétés. (…) ».
Il ressort des pièces du dossier que le mur d’une hauteur de deux mètres a vocation à être construit au niveau du jardin de la cour de la pétitionnaire, situé 28 centimètres au-dessus du terrain naturel de sa parcelle, terrain naturel qui est le point le plus bas de sa propriété. Il s’ensuit que M. A... est fondé à soutenir que la réalisation du mur méconnaît les dispositions précitées du règlement du PLU de la commune d’Horbourg-Wihr.
Pour l’application de l’article L. 600-4-1 du code de l’urbanisme, aucun autre moyen n’est, en l’état de l’instruction de nature à justifier l’annulation des décisions attaquées.
Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander l’annulation de la décision du maire de la commune de Horbourg-Wihr du 29 avril 2022.
En ce qui concerne la légalité de la décision de non-opposition à déclaration préalable de travaux du 29 avril 2022 :
Quant au moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du règlement du plan de prévention des risques inondation (PPRI) du bassin versant de l’Ill :
D’une part, l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose que : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ». D’autre part, l’article 2.3.2.1 du règlement du PPRI du bassin versant de l’Ill, relatif à la section 2.3.3 concernant les biens et activités futurs, indique que sont interdites en zone rouge : « Toute construction, installation, dépôt et activités de quelque nature que ce soit, à l'exclusion des réseaux enterres, des occupations et utilisations du sol visés à l’article 2.3.2.2. suivant et des travaux d'entretien des ouvrages existants. (…) ».
Il ressort des pièces du dossier que la construction projetée du mur a vocation à s’implanter à cheval sur la parcelle n°705, située en zone jaune du PPRI du bassin versant de l’Ill, et la parcelle n°717, située en zone rouge du même PPRI. Il résulte des dispositions précitées que toutes constructions, de quelque nature que ce soit, sauf exceptions dont le projet de la pétitionnaire ne fait pas partie, ne peuvent être édifiées dans la zone rouge du PPRI. Le mur, pour sa partie construite en zone rouge, est donc illégal. Par suite, M. A... est fondé à soutenir que la construction en zone rouge du mur méconnaît les dispositions précitées du code de l’urbanisme et du règlement du PPRI.
Quant au moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d’urbanisme (PLU) de la commune d’Horbourg-Wihr :
Pour les mêmes motifs qu’exposés au point 13 du présent jugement, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée méconnait les dispositions de l’article AUa 11.4 du règlement du PLU de la commune d’Horbourg-Wihr.
Pour l’application de l’article L. 600-4-1 du code de l’urbanisme, aucun autre moyen n’est, en l’état de l’instruction de nature à justifier l’annulation des décisions attaquées.
Lorsqu'une autorisation d’urbanisme a été délivrée en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l’autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'une autorisation modificative dès lors que celle-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Elle peut, de même, être régularisée par une autorisation modificative si la règle relative à l’utilisation du sol qui était méconnue par l’autorisation initiale a été entretemps modifiée ou si cette règle ne peut plus être regardée comme méconnue par l’effet d’un changement dans les circonstances de fait de l’espèce. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l’autorisation initiale.
Contrairement à ce qui est soutenu en défense, les moyens tirés de la méconnaissance du PPRI et des dispositions de l’article AUa 11.4 du règlement du PLU de la commune d’Horbourg-Wihr ne sont pas inopérants dès lors que la décision de non-opposition à déclaration préalable du 3 décembre 2022 est illégale. Elle ne saurait dès lors régulariser les vices de la décision en litige.
Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander l’annulation de la décision du maire de la commune de Horbourg-Wihr du 29 avril 2022.
Sur les frais liés au litige :
Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A..., qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Horbourg-Wihr et Mme C... demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Horbourg-Wihr une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A... et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1 :
Les décisions du maire de la commune de Horbourg-Wihr des 29 avril et 3 décembre 2022 sont annulées.
Article 2 :
La commune de Horbourg-Wihr versera à M. A... la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :
Les conclusions de la commune de Horbourg-Wihr et de Mme C... présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 :
Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.
Article 5 :
Le présent jugement sera notifié à M. D... A..., à Mme B... C... et à la commune de Horbourg-Wihr. Copie en sera adressée au procureur de la république près le tribunal judiciaire de Colmar.
Délibéré après l’audience du 17 novembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Iggert, président,
Mme Malgras, première conseillère,
Mme Thibault, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 28 novembre 2025.
La rapporteure,
V. THIBAULT
Le président,
J. IGGERT
La greffière,
S. BILGER-MARTINEZ
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,