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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2205400

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2205400

mardi 23 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2205400
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantABENA OWONO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 août 2022, Mme D G, représentée par Me Abena Owono Guy, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus de délivrance d'un passeport pour son fils mineur, née du silence gardé à la suite de sa demande du 7 janvier 2022 ;

2°) d'enjoindre au préfet de délivrer un passeport biométrique à son enfant, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que son fils se trouve dans une situation d'incertitude prolongée, qu'il est empêché de se déplacer et que ses déplacements sont compliqués dans l'espace Schengen ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir, aux droits fondamentaux des usagers, à l'obligation de statuer sur une demande de passeport dans des délais raisonnables, au droit d'accès à un tribunal et à un recours effectif.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C, en qualité de juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme G, de nationalité camerounaise, a présenté une demande de passeport le 7 janvier 2022 au nom de son fils mineur, F, E A. Si la requête de Mme G porte l'entête " recours pour excès de pouvoir ", elle doit être regardée, eu égard aux conclusions qu'elle présente, comme demandant au juge des référés, de suspendre le refus implicite de délivrance de passeport et d'enjoindre au préfet, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de délivrer le passeport à son enfant.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. En l'espèce, la requérante se borne à soutenir qu'en l'absence de délivrance de passeport, son fils se trouve dans une situation d'incertitude et que cela complique ses déplacements. En se bornant à faire état de ces éléments, Mme G ne justifie pas qu'elle satisfait à la condition d'urgence mentionnée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il s'ensuit, et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de sa requête en référé, que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent pas être accueillies.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D G.

Fait à Strasbourg, le 23 août 2022.

Le juge des référés,

J. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

M. B

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