jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2205428 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | GORGOL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 19 août 2022 et 27 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Gorgol, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Bousbach a refusé de faire droit à sa demande tendant à l'abrogation de la délibération du 8 octobre 2021 approuvant le plan local d'urbanisme, en tant qu'elle classe en zone N les parcelles cadastrées section 2 n°s 107, 108 et 118 à 127 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bousbach le versement d'une somme de 2 300 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le classement en zone N des parcelles cadastrées section 2 n°s 107, 108 et 118 à 127 méconnaît les dispositions de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 août 2023 et 28 août 2023 et un mémoire non communiqué du 4 octobre 2023, la commune de Bousbach, représentée par la Selarl Soler-Couteaux et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car tardive ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- et les observations de Me Erkel, avocat de la commune de Boussach.
M. B n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 17 avril 2015, le conseil municipal de la commune de Bousbach a prescrit l'élaboration de son plan local d'urbanisme. Par une délibération du 8 octobre 2021, le conseil municipal de Bousbach a approuvé le plan local d'urbanisme. M. B a, par un courrier du 12 avril 2022, demandé au maire de la commune d'exclure de la zone N les parcelles lui appartenant. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Bousbach a refusé de faire droit à sa demande tendant à l'abrogation de la délibération du 8 octobre 2021 approuvant le plan local d'urbanisme, en tant qu'elle classe en zone N les parcelles cadastrées section 2 n°s 118 à 127 et une partie des parcelles cadastrées section 2 n° 107 et n° 108.
Sur la légalité de la décision implicite :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".
3. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, d'une part, et les orientations d'aménagement et de programmation et ce projet, d'autre part, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ou les orientations d'aménagement du territoire ne contrarient pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme ou d'une orientation d'aménagement et de programmation à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement, ou cette orientation d'aménagement et de programmation, et ce projet.
4. Il ressort du projet d'aménagement et de développement durables, et notamment de ses orientations n° 2 et n° 3 de son second axe, que les auteurs du plan local d'urbanisme entendent garantir la préservation des zones sensibles et de la biodiversité et protéger et mettre en valeur la ressource en eau de la commune. La prise en compte de ces trames verte et bleue implique en particulier de veiller au maintien du corridor écologique et des zones humides se situant aux abords du réseau hydrographique de la commune, et spécialement du cours d'eau du Buschbach. Outre ces objectifs de préservation des spécificités écologiques du territoire de la commune, le projet d'aménagement et de développement durables prévoit, en vertu de l'orientation n° 1 du premier axe, de lutter contre l'étalement urbain, ce qui implique notamment de privilégier une extension urbaine à proximité du centre urbain de la commune.
5. Or, il ressort des pièces du dossier que les parcelles de M. B sont entourées de parcelles densément végétalisées et se trouvent au sein du secteur identifié comme étant une zone humide, ou en sont à proximité immédiate, et dans laquelle se trouve le cours d'eau à préserver du Buschbach, dont aucun élément du dossier ne permet de démontrer, ainsi que le soutient le requérant, qu'il aurait été procédé à une modification du tracé. Les parcelles du requérant se trouvent, en outre, à l'extrémité du territoire bâti de la commune et non, comme cela est soutenu par le requérant, à proximité de l'une des deux zones du territoire de la commune devant être ouvertes à l'urbanisation. Quant à la circonstance que l'intéressé ait, sous l'empire du précédent règlement d'urbanisme, été autorisé à édifier une maison d'habitation sur certaines des parcelles objet du présent litige et qu'il ait procédé au raccordement aux réseaux des autres parcelles, elle ne suffit pas à démontrer que la zone revêtirait un caractère urbanisé. Est de même sans incidence sur l'appréciation de la cohérence du classement en litige avec le projet d'aménagement et de développement durable, le fait, à le supposé avéré, qu'il ait été incité à construire une seconde maison d'habitation dans le secteur afin que la construction d'ores et déjà édifiée ne soit pas isolée. Dans ces conditions, et eu égard aux orientations du projet d'aménagement et de développement telles que rappelées au point précédent, visant notamment à préserver les trames verte et bleue et à limiter l'étalement urbain, le classement en zone N des parcelles cadastrées section 2 n°s 118 à 127 et d'une partie des parcelles cadastrées section 2 n° 107 et n° 108 n'est pas susceptible d'attester d'une incohérence entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, à l'échelle du territoire ou même du secteur en cause. Par suite, le moyen tiré de ce que les éléments constitutifs du plan local d'urbanisme seraient incohérents entre eux, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme, doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ".
7. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage déterminant les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
8. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5 du présent jugement et compte tenu de la localisation et des caractéristiques des parcelles de M. B, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que le classement en zone N des parcelles cadastrées section 2 n°s 118 à 127 et d'une partie des parcelles cadastrées section 2 n° 107 et n° 108 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par la commune.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Bousbach qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. B demande au titre des frais liés au litige.
11. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de M. B le versement à la commune de Bousbach d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Bousbach une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Bousbach.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Perabo-Bonnet, première conseillère,
Mme Eymaron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
La rapporteure,
A.-L. EYMARON
La présidente,
A. DULMET
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026