mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2205430 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SONNENMOSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 août 2022, Mme D B et M. C A, représentés par Me Pasquier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Dinsheim-sur-Bruche a accordé à la société Neo's Real Estate Immoneov un permis de construire portant sur la construction d'un bâtiment collectif de vingt-trois logements, d'une surface de plancher de 1 633,75 mètres carrés, sur un terrain situé rue du général de Gaulle, à Dinsheim-sur-Bruche, ainsi que la décision du 20 juin 2022 par laquelle le maire de la commune de Dinsheim-sur-Bruche a rejeté leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Dinsheim-sur-Bruche la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête n'est pas tardive ;
- la décision attaquée ne vise pas le permis d'aménager ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière ;
- le dossier de permis de construire est entaché d'insuffisances ;
- l'article 12 IAU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Dinsheim-sur-Bruche est méconnu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, la société Neo's Real Estate Immoneov, représentée par la Selas Olszak et Levy, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en toute hypothèse, à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge solidaire de M. A et de Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;
- ils ne justifient pas de ce qu'ils ont notifié leur recours gracieux ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2022, la commune de Dinsheim-sur-Bruche, représentée par Me Sonnenmoser, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de Mme B et de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G E,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public
- les observations de Me Sonnenmoser, avocat de la commune de Dinsheim-sur-Bruche,
- les observations de Greze, avocat de la société Neo's Real Estate Immoneov.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 23 décembre 2021, la société Neo's Real Estate Immoneov a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la construction d'un bâtiment collectif de 23 logements, pour une surface de plancher de 1 633,75 mètres carrés, sur un terrain situé rue du général de Gaulle à Dinsheim-sur-Bruche. Par un arrêté du 11 avril 2022, le maire de la commune de Dinsheim-sur-Bruche a accordé le permis de construire sollicité. Par un courrier reçu en mairie le 14 juin 2022, les requérants ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté qui a été rejeté par une décision du maire de la commune de Dinsheim-sur-Bruche du 20 juin 2022. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 avril 2022 ainsi que la décision du 20 juin 2022.
Sur la légalité de l'arrêté du 11 avril 2022 :
2. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que celle-ci fait état de ce que le lotissement " Le jardin des Rives " a été autorisé le 19 avril 2021. La circonstance qu'elle n'ait pas visé expressément l'arrêté autorisant ce lotissement sous la forme d'un permis d'aménager est sans incidence sur sa légalité. Dans ces circonstances, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision attaquée est intervenue sans viser le permis d'aménager qui devait la précéder et leur moyen sur ce point, tel qu'il est articulé dans leurs écritures, ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des éléments figurant dans le formulaire cerfa et la notice descriptive du projet, que le nombre et les caractéristiques des places de stationnement du projet sont précisés. Ces places de stationnement figurent, par ailleurs, au plan de masse joint au dossier de demande de permis de construire. Enfin, le plan de situation du 15 février 2022 produit par la société pétitionnaire dans son complément de pièces apporté au dossier de demande et visé par l'arrêté en litige, définit les modalités de calcul ayant permis d'arrêter le nombre de places de stationnement en fonction des caractéristiques des logements créés. Par suite, eu égard à l'ensemble de ces éléments, le service instructeur a été en mesure d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable et le moyen tiré de ce que les insuffisances du dossier de permis de construire ont entaché la décision attaquée d'illégalité doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 12 IAU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Dinsheim-sur-Bruche : " Obligations en matière de stationnement des véhicules / Dispositions générales : / Le stationnement des véhicules et cycles correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors du domaine public, sur des emplacements aménagés. / La surface minimale à prendre en compte pour le stationnement d'un véhicule est de 12,5 m2 (soit 5 mètres x 2,5 mètres), accompagnée sur le terrain de la surface permettant l'accès sécurisé et les manœuvres de manière satisfaisante. / La surface minimale à prendre en compte pour le stationnement d'un vélo est de 2m2 (soit 2 mètres x 1 mètre), accompagnée sur le terrain de la surface permettant l'accès sécurité et les manœuvres de manière satisfaisante. A noter que les emplacements extérieurs doivent être équipés de dispositifs permettant d'attacher les vélos (arceaux). / Normes de stationnement (critère qualitatif) : / Le nombre de place est arrondi à l'unité inférieure si la décimale n'excède pas 0,5 et à l'unité supérieure dans le cas contraire / () / Pour les opérations engendrant la création de plus de deux logements, il est exigé que plus de 50 % des places soient extérieures et non-closes. / La desserte de chacun des emplacements doit être assurée par un accès suffisant. Une place de stationnement extérieure ne peut constituer un accès à une autre place. / Normes de stationnement (critère quantitatif) : / Logement : / Dans le cas des nouvelles constructions et des extensions entraînant la création d'au moins un logement, il est exigé la création d'au moins : / 1 place par logement créé dont la surface de plancher est inférieure à 50 m2 / 2 places par logement créé dont la surface de plancher est supérieure ou égale à 50 m2 / A partir de 5 logements créés, il est exigé la création d'1 place supplémentaire pour les visiteurs par tranche entamée de 5 logements / Pour les opérations entraînant la création de plus de 15 places de stationnement, il est exigé la création d'1 emplacement vélo par tranche de 3 places entamées. (). ".
5. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des éléments non contestés figurant dans le plan de situation du projet, que ce dernier porte sur la création d'un total de vingt-trois logements, dont sept ont une superficie inférieure à 50 mètres carrés et seize logements une superficie supérieure à 50 mètres carrés. Dans ces circonstances, en prévoyant un total de quarante-quatre places de stationnements, le projet attaqué satisfait aux exigences posées par les dispositions précitées de l'article 12 IAU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Dinsheim-sur-Bruche. Par suite, à supposer qu'il ait été soulevé, le moyen tiré de leur méconnaissance doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de M. A et Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Dinsheim-sur-Bruche et de la société Neo's Real Estate Immoneov qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, le versement de la somme que les requérants demandent au titre des frais liés au litige.
8. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge des requérants le paiement d'une somme globale de 1 000 euros respectivement à la commune de Dinsheim-sur-Bruche et à la société Neo's Real Estate Immoneov.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A et de Mme B est rejetée.
Article 2 : M. A et Mme B verseront à la société Neo's Real Estate Immoneov une somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. A et Mme B verseront à la commune de Dinsheim-sur-Bruche une somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, Mme D B, à la commune de Dinsheim-sur-Bruche et à la société Neo's Real Estate Immoneov.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Kalt, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
A.-L. E
Le président,
M. F
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026