jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2205471 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 23 août 2022, le 14 novembre 2022, le 16 janvier 2023 et le 24 février 2023, M. et Mme D, représentés par Me Wurth, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 avril 2022 par lequel le maire de Colmar a accordé un permis de construire à la SCCV Noehlen pour la construction d'un bâtiment de 19 logements collectifs, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux du 30 mai 2022 ;
2°) de mettre solidairement à la charge de la commune de Colmar et de la SCCV Noehlen une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de statuer ce que de droit sur quant aux frais et dépens de la procédure.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable ;
- le dossier demande de permis de construire est entaché de plusieurs insuffisances dès lors que, en premier lieu, le numéro de SIRET n'est pas renseigné sur le formulaire CERFA en méconnaissance de l'article R 431-5 a du code de l'urbanisme, qu'en deuxième lieu, le projet mentionne de façon contradictoire la création de 38 places de stationnement puis de 37 places, qu'en troisième lieu, le plan de masse, en l'absence de cotations, ne permet pas de vérifier le respect de l'article 13 UC du règlement, en dernier lieu, le dossier contient des incohérences sur l'existence de la clôture ;
- les avis recueillis auprès des services compétents l'ont été sur la base d'un dossier incomplet ;
- l'arrêté méconnait le préambule du chapitre 3 du règlement du plan local d'urbanisme en raison de la carence dans la capacité des équipements publics existants en méconnaissance notamment de l'article R.111-5 du code de l'urbanisme et de l'article 4 de l'arrêté du 31 janvier 1986 ;
- l'arrêté méconnait les articles 7 UC, 9 UC ,10 UC et 13 UC du règlement du plan local d'urbanisme ;
- l'arrêté méconnait l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d'habitation collectifs et des maisons individuelles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, la commune de Colmar conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 octobre 2022, le 12 décembre 2022 et le 13 janvier 2023, la SCCV Noehlen, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un courrier du 17 février 2023, le tribunal a informé les parties de ce qu'il était susceptible de soulever d'office le moyen tiré de ce que les conclusions dirigées contre le permis de construire contesté sont tardives et irrecevables compte-tenu de la connaissance acquise du permis manifestée par le recours gracieux, lequel n'a pas été régulièrement notifié au pétitionnaire.
Par un mémoire, enregistré le 23 février 2023, les requérants ont présenté leurs observations en réponse au courrier du tribunal du 17 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d'habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction ;
- l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B C,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Schmitt substituant Me Wurth, avocat de M. et Mme D,
- les observations de Me Gillig, avocat de la SCCV Noehlen.
Considérant ce qui suit :
1. La SCCV Noehlen a déposé une demande de permis de construire portant sur la construction d'un immeuble de 19 logements collectifs sur un terrain situé Noehlen weg à Colmar. Par un arrêté du 5 avril 2022, le maire de Colmar a délivré le permis de construire sollicité. Par la requête susvisée, M. et Mme D demandent l'annulation de cet arrêté ainsi que du rejet de leur recours gracieux.
Sur la légalité de l'arrêté du 5 avril 2022 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : / a) L'identité du ou des demandeurs, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; / () ".
3. Les requérants allèguent que le numéro de SIRET n'était pas présent sur le formulaire Cerfa de demande initiale de permis de construire et que la demande d'immatriculation de la SCCV Noehlen a été déposée postérieurement à la demande. Toutefois, un tel moyen présenté plus de deux mois à compter de la communication du premier mémoire en défense, le 5 octobre 2022, est irrecevable en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier et que le formulaire Cerfa de demande de permis de construire complété le 28 février 2022, soit préalablement à l'arrêté contesté, comportait l'indication du numéro Siret de la société pétitionnaire. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de demande de permis est incomplet sur ce point.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. Tout d'abord, les requérants font valoir une incohérence dans le dossier de demande eu égard au nombre de places de stationnement prévu par le projet entre le formulaire CERFA qui indique la création de 37 places de stationnement alors que la notice descriptive en évoque 38. Toutefois, la notice descriptive explique également de façon détaillée le nombre de places envisagées par le projet à savoir la réalisation 34 places conformément aux dispositions de l'article 12UC du règlement auxquelles s'ajoutent 3 places complémentaires réservées pour les visiteurs. Ces informations sont ensuite corroborées par le plan de masse parking qui présente sans aucune ambiguïté les 37 places stationnement prévues soit 19 garages et 18 places extérieures dont 2 places en PMR. Par suite, et en dépit de la mention erronée figurant dans le formulaire, il ressort des pièces du dossier que l'autorité administrative a été suffisamment éclairée pour apprécier le nombre de places de stationnement et la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. Ensuite, il ressort des pièces du dossier que si le plan de masse parking ne présente pas de cotations, ces dernières sont présents sur le plan de masse toiture, y compris en ce qui concerne les espaces qui seront traités en espaces vert. De plus, la notice descriptive explique clairement que la superficie du terrain est de 1983 m², qu'en application des dispositions de l'article 13 du règlement, la superficie qui doit être traitée en espace vert doit correspondre au minimum à 594,90 m² d'espaces verts et que le projet présente 612,87 m² d'espaces verts plantés. Il est aussi précisé que, quand bien même les places de stationnement sont végétalisées, elles ne sont pas comptabilisées dans le calcul des espaces verts. Par suite, les requérants, qui n'apportent aucun élément pour démontrer que les calculs du pétitionnaire sont erronés, ne sont pas fondés à soutenir que les autorités administratives n'ont pas pu apprécier la conformité du projet eu égard à l'article 13 du règlement.
8. Enfin, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'il existe une incohérence dans le dossier eu égard à la clôture dès lors que la notice explicative précise que côté rue, seuls les espaces communs resteront sans clôture alors qu'à contrario, les espaces privés seront eux pourvus d'une clôture d'une hauteur de 1,20 mètres. La mention du muret et de la clôture doublée d'une haie vive figure d'ailleurs tant dans la partie c) " Traitements " de la notice que sur le " plan de masse toitures ".
9. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable aurait été faussée en raison d'incohérence ou d'insuffisances du dossier de demande de permis de construire et le moyen correspondant doit être écarté en toutes ses branches.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".
11. M. et Mme D soutiennent que la demande du permis de construire a été complétée le 28 février 2022, soit postérieurement aux avis rendus par certains services et notamment les services du droit des sols de la mairie, de sorte, qu'ils ne se seraient pas prononcés en toute connaissance de cause sur l'ensemble du dossier. Toutefois, les requérants ne démontrent pas, par leur argumentation d'ordre général et, ainsi que le soutient la défense sans être sérieusement contredite, que les éléments figurant dans les pièces complémentaires auraient été de nature à exercer une influence sur le sens des avis rendus et que l'autorité administrative n'aurait pas été en mesure de statuer en toute connaissance de cause sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Par suite, le moyen tiré de ce que les services compétents se seraient prononcés sur la base d'un dossier incomplet doit être écarté.
12. En quatrième lieu, les requérants se prévalent de la " carence dans les équipements publics existants " et font valoir plus précisément, à l'appui de ce moyen, que Vialis a exigé la pose d'un transformateur électrique, ce qui permet de déduire selon eux que le projet ne répond pas aux exigences réglementaires des zones UC précisées au chapitre III du règlement du plan local d'urbanisme pour l'application de l'article R.151-38 du code de l'urbanisme et que la voie de desserte ne respecte pas les dispositions de l'article R.111-5 du code de l'urbanisme ni celles de l'article 4 de l'arrêté du 31 décembre 1986.
13. Le préambule du règlement est par lui-même dépourvu de portée normative, alors qu'en l'espèce, les règles d'urbanisme applicables à la desserte d'un projet par la voirie et par les réseaux ont été ensuite précisées aux articles 3 et 4 du règlement du plan local d'urbanisme propre à la zone. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du préambule du chapitre III est inopérant.
14. Par ailleurs, les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, sont accordées sous réserve du droit des tiers ainsi qu'il est rappelé à l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme s'agissant des mentions d'un permis de construire. Dès lors, les requérants ne sauraient utilement se prévaloir du fait que le transformateur, qui est implanté conformément au règlement du plan local d'urbanisme, va créer des nuisances sonores ou environnementales.
15. Ensuite, il ne ressort pas des pièces du dossier que la voie Noehlen Weg, d'une largeur minimum de 3,20 mètres et qui dessert déjà un logement collectif et une maison pavillonnaire, ne permet pas la desserte du projet et l'accès aux véhicules de secours dans de bonnes conditions de sécurité. Par ailleurs et en dépit de l'absence de trottoirs ou d'enrobage des bas-côtés, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette voie soit particulièrement dangereuse ou accidentogène. Par suite, les requérants n'établissent en tout état de cause pas la méconnaissance de l'article 3 UC du règlement du plan local d'urbanisme, à supposer qu'ils s'en prévalent à l'appui de leur moyen tiré de la " carence des équipements publics ".
16. Enfin, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir à l'encontre du permis contesté des dispositions de l'article R.111-5 du code de l'urbanisme, compte-tenu de l'article R.111-1 du même code et de l'existence d'un plan local d'urbanisme en vigueur à Colmar, ni de l'arrêté du 31 décembre 1986 susvisé.
17. Il résulte de ce qui a été dit aux points 12 à 16 que le moyen tiré de la méconnaissance du préambule du chapitre III et de la carence des équipements publics doit être écarté en toute ses branches.
18. En cinquième lieu, aux termes de l'article 7 UC du règlement : " 7.4. Les constructions ou parties de construction n'excédant pas 3.50 mètres de hauteur peuvent être implantés soit sur la limite séparative, soit à une distance au moins égale à 3 mètres. Toutefois, la longueur sur limite séparative ne peut excéder 10 mètres sur une limite ou 17 mètres mesurés sur toutes les limites séparatives. / 7.8. Les constructions doivent être isolées des limites séparatives de telle sorte que la distance d'isolement (L) de tout point de la construction au point de la limite parcellaire qui en est le plus proche soit au moins égale à la moitié de la hauteur de la construction (H) sans pouvoir être inférieure à 3 mètres ".
19. Il ressort des termes mêmes des dispositions précitées que la distance de tout point du bâtiment par rapport à la limite séparative doit être appréciée en prenant en compte la hauteur maximale du bâtiment à ce point. Ainsi, il ressort des pièces du dossier que la construction en litige est implantée, dans la bande des 16 mètres, sur la limite séparative nord, à une hauteur de 3,45 mètres, puis pour sa partie constituant de deuxième niveau est implantée à une distance de 5,03 mètres de la limite et à une hauteur de 9,13 mètres, enfin, s'agissant du dernier niveau composé par l'attique au minimum à 6,91 mètres de la limite et à une hauteur maximale de 12,90 mètres. Il résulte de ce qui précède que le point le plus haut de la construction, à savoir 12,90 mètres, se situe à une distance minimale de 6,91 mètres de la limite séparant le terrain d'assiette de celui des requérants, soit une distance supérieure à la moitié de la hauteur maximale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7UC doit être écarté.
20. En sixième lieu, si les requérants soulèvent que l'autorité administrative n'a pas été en mesure de vérifier la conformité du projet et qu'il subsiste un doute quant au respect des dispositions 9 UC relative à l'emprise au sol des constructions, ils n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bienfondé. Par suite, le moyen doit être écarté.
21. En septième lieu, aux termes de l'article 10 UC du règlement : " 1. Les modalités de calcul de la hauteur sont précisées aux dispositions générales du présent règlement. / 2. La hauteur maximale des constructions est limitée à : - 9 mètres à l'égout du toit ou au brisis, - 11 mètres au sommet de l'acrotère, - 13 mètres au point le plus haut de l'attique, - 15 mètres au faitage. / 3. Toutefois, si l'harmonie avec le paysage urbain environnant justifie de retenir une hauteur différente à celle fixée à l'alinéa ci-dessus, la hauteur maximale de la construction sera appréciée par rapport à la hauteur des constructions existantes à proximité immédiate du terrain d'assiette du projet ". De plus, le lexique de l'article 3 des dispositions générales du règlement dispose que " un niveau en attique correspond au dernier niveau d'une construction, dont les façades sont implantées en recul par rapport à celles des niveaux inférieurs de la construction. Pour être considéré comme un attique*, la toiture devra respecter les dispositions cumulatives suivantes, à l'exception des éléments techniques : / - Retrait minimal de l'étage en attique* de 1.80 m par rapport au plan de façade. Ce retrait pourra être ramené à 1 mètre sur un linéaire de 30 % de la façade, - Retrait minimal de la casquette de 1 mètre par rapport au plan de façade ".
22. D'une part, si les requérants soutiennent que le projet, qui atteint quasiment 13 mètres de hauteur, a été autorisé en méconnaissance de l'alinéa 3 de l'article 10 UC, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'harmonie avec le paysage urbain environnant justifie de retenir une hauteur différente de celle fixée au deuxième alinéa en l'absence d'harmonie prévalant dans le paysage urbain de la zone, à supposer même que l'on puisse y détecter son ancien caractère maraicher et en dépit de sa proximité avec la forêt du Neuland et de la présence majoritaire de maisons pavillonnaires. Il ressort d'ailleurs des pièces du dossier que le paysage urbain de la zone ne fait l'objet d'aucune orientation d'aménagement et de programmation, ni d'aucune protection particulière dans le plan de zonage du plan local d'urbanisme. De plus, la zone comporte déjà des bâtiments collectifs d'une hauteur d'au moins 11 mètres à proximité immédiate du projet et plusieurs bâtiments achevés ou en cours de type R+2+C ou R+3 dans le paysage environnant. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne limitant pas à 11 mètres la hauteur maximale du projet afin de préserver l'harmonie du paysage urbain environnant.
23. D'autre part, les requérants allèguent que le dernier niveau du projet contesté ne peut être considéré comme un attique en raison de sa toiture à pans et que, dès lors, la construction dont l'égout du toit est à 11,97 mètres méconnait les règles de hauteur maximale fixées à l'alinéa 2 de l'article UC 10 précité. Toutefois, il ressort des termes du lexique, en vigueur à la date de l'arrêté et reformulé à la suite de la modification du plan local d'urbanisme approuvée le 24 septembre 2018, que la définition de l'attique doit s'entendre comme le dernier niveau d'une construction, indépendamment de l'aspect de la toiture, dès lors que les deux conditions cumulatives précitées au point 21 sont respectées. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du " plan de masse/plan d'attique ", que le dernier niveau de la construction est situé en retrait d'au moins 1,80 mètres par rapport au plan de façade. Il en résulte que, quand bien même la toiture n'est pas une toiture plate, le dernier niveau de la construction peut être considéré comme un attique. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la construction d'une hauteur maximale de 12,90 mètres méconnait l'article 10 UC du règlement qui fixe une limite de 13 mètres au point le plus haut de l'attique.
24. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 10 UC doit être écarté en toutes ses branches.
25. En septième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse toitures et de la notice descriptive, dont le contenu n'est pas sérieusement contesté sur ce point, ainsi que des explications données en défense, que plus de 30% de la surface du terrain d'assiette est laissée libre et traitée en espaces verts et arborés conformément aux exigences de l'article 13 UC. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, à le supposer invoqué, ne peut dès lors qu'être écarté.
26. En huitième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique ". D'autre part, à l'exception des travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public, qui sont soumis au régime d'autorisation préalable prévu par l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, les travaux prévus aux articles L. 111-7 et suivants du même code ne font pas l'objet d'une autorisation préalable, notamment à l'occasion de la délivrance du permis de construire.
27. Les requérants font valoir que le projet ne respecte pas les exigences de l'arrêté du 24 décembre 2015 visé ci-dessus, dont les dispositions sont prises, s'agissant des bâtiments d'habitation collectifs, pour l'application des articles R. 111-18 à R. 111-18-2 du code de la construction et de l'habitation alors en vigueur. Toutefois, le projet litigieux ne prévoyant pas la réalisation de travaux conduisant à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de cet arrêté du 24 décembre 2015 ne peut être utilement invoqué à l'encontre du permis contesté.
28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. et Mme D doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige:
29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Colmar et de la société SCCV Noehlen qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, le versement de la somme que les requérants demandent au titre des frais liés au litige.
30. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge globale des requérants le paiement d'une somme de 2 000 euros à la SCCV Noehlen.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. et Mme D verseront à la SCCV Noehlen une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, M. B D, à la commune de Colmar et à la SCCV Noehlen.
Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Kalt, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La première assesseure,
L. KALT
Le président rapporteur,
M. C
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026