mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2205533 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | CABINET MONHEIT-ANDRE-MAI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 août 2022, Mme A C veuve B, représentée par Me Weiss, demande au tribunal :
1°) d'ordonner une expertise médicale ;
2°) de lui réserver le droit de conclure après le dépôt du rapport d'expertise médicale ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Colmar la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de dire ce que de droit quant aux entiers frais et dépens.
Elle soutient que la responsabilité du centre hospitalier de Colmar est engagée pour défaut d'entretien normal du regard d'eaux pluviales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2023, le centre hospitalier de Colmar, représenté par Me Mai, conclut au rejet de la requête, à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme C veuve B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à ce que les entiers frais et dépens soit mis à sa charge.
Il soutient que :
- aucun défaut d'entretien normal de l'ouvrage public en cause ne peut être reproché au centre hospitalier de Colmar ;
- Mme C veuve B et/ou son chauffeur ont commis une faute exonératoire.
Par un mémoire, enregistré le 6 juin 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Bas-Rhin, agissant au nom et pour le compte de la CPAM du Haut-Rhin, demande au tribunal d'ordonner que le rapport d'expertise lui soit communiqué.
Par une ordonnance du 5 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 juillet 2024.
Un mémoire complémentaire, enregistré le 3 juillet 2024, présenté pour Mme C veuve B, n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Klipfel,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- les observations de Me Demarche, représentant les hôpitaux civils de Colmar.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C veuve B a chuté le 10 mai 2022 alors qu'elle circulait dans sa chaise roulante poussée par un chauffeur de taxi sur le parking du centre hospitalier de Colmar et qu'une roue de son fauteuil s'est bloquée sur un regard d'eaux pluviales. Par une lettre du 24 mai 2022, Mme C veuve B a adressé au centre hospitalier de Colmar une demande préalable tendant à l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de sa chute. Par une lettre du 20 juin 2022, le centre hospitalier de Colmar a rejeté sa demande indemnitaire préalable. Par sa requête, Mme C veuve B demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Colmar à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de sa chute.
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve, soit de l'entretien normal de celui-ci, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime, soit encore d'un cas de force majeure.
3. Il n'est pas contesté qu'une roue du fauteuil roulant de Mme C veuve B s'est bloquée dans un regard d'eaux pluviales, qu'elle est tombée et s'est blessée à la suite de cet incident. S'il résulte de l'instruction et notamment des photos produites datées de juin 2022, que la grille du regard d'eaux pluviales était en place, que ledit regard ne présentait pas d'anomalies apparentes, que les interstices de la grille étaient indispensables pour l'évacuation des eaux pluviales, que sa présence ne constituait pas un obstacle anormal pour les usagers de la voie publique et que le rapport des services techniques de l'hôpital, établi postérieurement à l'accident de Mme C veuve B par un ingénieur en chef, mentionne que " le caniveau d'évacuation des eaux est conforme aux normes de sécurité en vigueur " et qu'" aucune défectuosité de l'ouvrage " n'est constatée, la circonstance que la roue d'un fauteuil roulant puisse se coincer dans la grille d'un regard d'eaux pluviales présent sur une voie spécialement aménagée pour personnes à mobilité réduite se rendant à l'hôpital est de nature, à elle seule, à révéler l'existence d'un défaut d'entretien normal de la voie publique. Il s'ensuit que Mme C veuve B est fondée à rechercher la responsabilité du centre hospitalier de Colmar sur ce fondement.
4. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. (). ".
5. L'état du dossier ne permet pas au tribunal d'apprécier les préjudices subis par Mme B en raison de sa chute. Il y a ainsi lieu d'ordonner, avant-dire droit, une expertise aux fins précisées ci-après.
D E C I D E :
Article 1 : Il sera, avant de statuer sur le surplus des conclusions de la requête de Mme B, procédé par un expert, désigné par le président du tribunal, à une expertise avec mission de :
1°) prendre connaissance de l'entier dossier médical de Mme B et se faire communiquer l'ensemble des éléments qu'il estimera utiles au bon accomplissement de sa mission ; procéder à l'examen médical de Mme B ;
2°) indiquer la date de consolidation de l'état de santé de Mme B suite à sa chute ;
3°) indiquer les préjudices de toute nature subis par Mme B et présentant un lien direct et certain avec sa chute ; indiquer les éléments permettant d'évaluer ces préjudices ;
4°) fournir au tribunal tous éléments utiles à la solution du litige.
Article 2 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre Mme B, le centre hospitalier de Colmar et la caisse primaire d'assurance maladie du Bas-Rhin.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant le greffier en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par le président du tribunal dans sa décision le désignant.
Article 4 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.
Article 5 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C veuve B, au centre hospitalier de Colmar et à la caisse primaire d'assurance maladie du Bas-Rhin. Copie en sera adressée à l'expert requis.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
Mme Bronnenkant, première conseillère,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
La rapporteure,
V. KLIPFEL
Le président,
C. CARRIER
La greffière,
S. SIAMEY
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2205533
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026