lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2205555 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | SELARL SANDRINE MARIÉ |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 25 août 2022, le magistrat désigné du tribunal administratif de Nancy a transmis au tribunal la requête de la communauté de communes des Portes de Meuse en application des articles R. 351-3 et R. 761-5 du code de justice administrative.
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2022, la communauté de communes des Portes de Meuse, représentée par la SELARL CL avocats, demande au tribunal :
1°) de réformer l'ordonnance de taxation d'expertise du 22 juillet 2022 par laquelle le vice-président du tribunal administratif de Nancy a mis à sa charge les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. B A en application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative ;
2°) de mettre à la charge, selon la répartition des responsabilités définies dans le rapport d'expertise, de la SARL Pierron Architecture, de la société Viot Architecte, de la société Egis bâtiments Grand-Est, de la SAS Apave parisienne et de l'entreprise Fevre et fils, la somme de 10 560 euros correspondant aux frais et honoraires de l'expertise en cause.
Elle soutient que :
- la communauté de communes est légitime pour solliciter l'expertise concernant les infiltrations et écoulements d'eau dans sa maison de santé ;
- l'expertise est claire sur le fait que la problématique d'infiltration et d'écoulement d'eau qui engendre des dégradations au niveau du hall d'entrée de sa maison de santé résulte pour 60% de l'absence de dispositif d'étanchéité au sol et pour 40% de l'absence de talonnettes en béton au pied des murs, que ces défauts de conception sont imputables à la SARL Pierron Architecture, à Viot Architecte, à la société Egis bâtiment Grand-Est, à la SAS Apave parisienne et à l'entreprise Fevre et fils et qu'en conséquence, il n'est ni logique ni équitable que la communauté de communes ait à prendre en charge les frais de cette expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2022, M. B A s'en remet à la sagesse du tribunal.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2022, la SAS Apave parisienne, représentée par la SELARL Sandrine Marié, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de conclure au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, de limiter la somme mise à sa charge et sa part de responsabilité à 5% ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes des Portes de Meuse la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les frais et honoraires peuvent être supportés par le demandeur de la mesure d'instruction dès lors que l'expertise a été ordonnée dans son intérêt ;
- fixer une répartition de la responsabilité reviendrait à statuer au fond ;
- le juge administratif n'est pas lié par les conclusions de l'expert ;
- les dommages sont imputables pour partie à l'entreprise investie des travaux de reprise et à des entreprises liquidées, non mises en cause par le rapport d'expertise ;
- la charge définitive des frais d'expertise peut être discutée dans l'instance au fond ;
- eu égard à ses missions de contrôleur technique, sa part de responsabilité ne saurait excéder 5 %.
La requête a été communiquée au tribunal administratif de Nancy, à la SARL Pierron Architecture, à la SAS Viot Architectes, à la société Egis bâtiment Grand-Est, et à la SARL Fèvre et Fils, qui n'ont pas produit d'observations.
Vu :
- l'ordonnance n°2100114, par laquelle le vice-président du tribunal administratif de Nancy a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise réalisée par M. A à un montant de 10 560 euros ;
- vu le code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Carrier,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- les observations de Me Marié, représentant la SAS Apave parisienne.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance du 3 juin 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Nancy a ordonné une expertise sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et par une seconde ordonnance du 9 novembre 2021, il a ordonné d'étendre la mission de l'expert. Par une ordonnance du 22 juillet 2022, dont la communauté de communes des Portes de Meuse demande l'annulation, le vice-président du tribunal administratif de Nancy a taxé et liquidé les frais des expertises réalisées par M. A à un montant de 10 560 euros et les a mis à la charge de la communauté de communes des Portes de Meuse.
2. Aux termes de l'article R. 621-11 du code de justice administrative : " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. / / Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. / () / Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement, ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert. ". Aux termes de l'article R. 621-13 de ce même code : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions de l'article R. 621-11 et R. 671-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R.761-5. / Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance. (). ". Aux termes de l'article R. 761-1 de ce même code : " Les dépens comprennent () les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ". Aux termes de l'article R. 761-4 du même code : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par ordonnance du président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement ou, en cas de référé ou de constat, du magistrat délégué. / Au Conseil d'Etat, la liquidation est faite par ordonnance du président de la section du contentieux. ". Enfin aux termes de l'article R. 761-5 du même code : " Les parties, l'Etat lorsque les frais d'expertise sont avancés au titre de l'aide juridictionnelle ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance. Sauf lorsque l'ordonnance émane du président de la juridiction à un tribunal administratif conformément à un tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux. / Le président de la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux est appelé à présenter des observations écrites sur les mérites du recours. / Le recours mentionné au précédent alinéa est exercé dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance sans attendre l'intervention de la décision par laquelle la charge des frais est attribuée. ".
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, dérogeant sur ce point à l'article R. 761-1 du même code, que la répartition des frais et honoraires de l'expert entre les parties intervient, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu notamment de l'utilité de l'expertise pour ces parties, sans que cette répartition soit déterminée par la seule circonstance qu'une de ces parties l'a demandée ou, à l'inverse, en a contesté le bien-fondé. Ces dispositions permettent au président du tribunal d'apprécier au regard tant de la situation personnelle des parties que des éléments relevés par l'expert dans son rapport ou de tout autre élément tiré des circonstances particulières de l'espèce, à quelles parties il y a lieu de faire supporter la charge provisoire de ces frais.
4. En l'espèce, l'expertise dont la répartition des frais correspondants est contestée a été sollicitée par la communauté de communes des Portes de Meuse et présente un caractère utile pour lui permettre d'engager, le cas échéant, une action en responsabilité. Par ailleurs, la communauté de communes ne peut utilement se prévaloir, au soutien de sa requête, des conclusions de l'expertise concernant les éventuelles responsabilités pour remettre en cause la répartition de la charge des frais d'expertise par l'ordonnance de taxation en litige. Il s'ensuit, qu'en l'absence de circonstances particulières invoquées, les conclusions de la requête de la communauté de communes des Portes de Meuse présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-5 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SAS Apave parisienne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la communauté de communes des Portes de Meuse est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la SAS Apave parisienne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la communauté de communes des Portes de Meuse, au tribunal administratif de Nancy, à M. B A, à la SARL Pierron Architecture, à la SAS Viot Architectes, à la société Egis bâtiment Grand-Est, à la SARL Fèvre et Fils, et à la SAS Apave parisienne.
Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le président-rapporteur,
C. CARRIER
L'assesseur le plus ancien,
T. GROS
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026