LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2205669

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2205669

jeudi 7 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2205669
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantCEREJA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 20 août 2022, 10 août 2023, 13 octobre 2023 et 21 octobre 2023, M. C B et M. A B doivent être regardés comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 15 juin 2022 par lequel le conseil communautaire de la communauté de communes de la Doller et du Soultzbach a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal de son territoire, en tant qu'il s'applique à la commune de Wegscheid ;

2°) d'enjoindre à la communauté de communes de la Vallée de la Doller et du Soultzbach de supprimer l'espace boisé classé mis en place sur la parcelle n° 353/96 et de la classer dans sa totalité en zone urbaine prioritaire ;

3°) de mettre à la charge de la communauté de communes de la Vallée de la Doller et du Soultzbach une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leurs observations n'ont pas été sollicitées en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-27 et R. 341-25 du code de l'urbanisme ;

- aucune information graphique concernant l'espace boisé classé présent sur leur parcelle n'a été mise à disposition du public dans le cadre de l'enquête publique, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 151-31 du code de l'urbanisme ; l'insertion de cet espace dans le PLUi doit être regardée comme une modification substantielle postérieure à l'enquête publique ;

- la division en vue de construire de leur unité foncière, qui a abouti à la création de la parcelle en litige, a fait l'objet d'un arrêté de non opposition à déclaration préalable du 8 octobre 2020, qui leur confère des droits acquis ;

- la parcelle n°353 remplit les critères pour être classée en zone urbaine de sorte que son classement en zone agricole et comportant un espace boisé classé relève d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le classement d'une partie de leur parcelle en espace boisé classé est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et porte atteinte eu droit de propriété ;

- le classement de leur parcelle en zone agricole porte atteinte au principe d'égalité de traitement, eu égard au classement en zone urbaine d'autres parcelles ;

- la procédure d'élaboration du PLUi est entachée de partialité et témoigne d'un détournement de pouvoir ;

- le classement de leur parcelle en zone agricole avec un espace boisé classé leur cause un préjudice de 78 510,09 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 juillet et 19 septembre 2023, la communauté de communes de la Vallée de la Doller et du Soultzbach, représenté par Me Cereja, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les moyens tirés de ce que certaines dispositions du PLUi sont entachées d'incohérences par rapport à l'avis de la mission régionale d'autorité environnementale et de ce que la gestion d'une forêt communale aurait été menée de façon contraire aux priorités écologiques fixées par le PLUi sont inopérants ;

- en application des dispositions de l'article L. 105-1 du code de l'urbanisme, les conclusions indemnitaires des requérants, qui n'ont pas fait l'objet d'une demande préalable, sont irrecevables ;

- les autres moyens soulevés par MM. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution, et notamment son préambule ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Léa Perabo Bonnet,

- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,

- les observations de Me Bohner, substituant Me Cereja, avocat de la communauté de communes de la Vallée de la Doller et du Soultzbach.

MM. B n'étaient ni présents, ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 19 février 2020, la communauté de communes de la Vallée de la Doller et du Soultzbach (ci-après CCVDS) a prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal. L'enquête publique s'est déroulée du 15 février au 19 mars 2021. Par une délibération du 15 juin 2022, le conseil communautaire de la CCVDS a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal. MM. B, propriétaires riverains de la commune de Wegscheid, demandent au tribunal d'annuler cette délibération, en tant que le PLUi s'applique à la commune de Wegscheid.

Sur la légalité externe de la délibération du 15 juin 2022 :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence d'avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites :

2. Les requérants soutiennent qu'en application des dispositions de l'article L. 121-27 du code de l'urbanisme, le classement de zones en espaces boisés par le plan local d'urbanisme intervient après consultation de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites, et que dans ces conditions, ils auraient dû être invités à présenter leurs observations, en qualité de personnes intéressées, en application des dispositions de l'article R. 341-25 du code de l'environnement. Toutefois, ainsi qu'il ressort de la sous-section 3 " Dispositions spécifiques aux documents d'urbanisme des communes littorales " du titre II du livre Ier du code de l'urbanisme, l'article L. 121-27 est applicable aux seules communes littorales. Il est constant que la commune de Wegscheid n'est pas une commune littorale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance du dossier soumis à enquête publique :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-31 du code de l'urbanisme : " Dans les zones U, AU, A et N, les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : " 1° Les espaces boisés classés définis à l'article L. 113-1 () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'environnement : " Le dossier d'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme () ".

4. MM. B soutiennent que le projet de plan local d'urbanisme intercommunal, tel qu'arrêté par délibération du conseil communautaire de la CCVDS en date du 19 février 2020 et soumis à enquête publique, ne comprenait pas le périmètre de l'espace boisé classé (EBC) concernant leur parcelle, de sorte qu'ils n'ont pas été mis en mesure de formuler des observations à ce sujet.

5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la zone EBC contestée aurait été créée antérieurement à l'enquête publique et que la collectivité aurait sciemment omis d'en informer le public. Dès lors les requérants ne sont pas fondés à soutenir que cette zone, instaurée postérieurement à l'enquête publique aurait dû figurer parmi les pièces du dossier soumis au public. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 123-8 du code de l'environnement doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à la majorité des suffrages exprimés après que les avis qui ont été joints au dossier, les observations du public et le rapport du commissaire ou de la commission d'enquête aient été présentés lors d'une conférence intercommunale rassemblant les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale ; () ".

7. Il résulte de ces dispositions que le projet de plan ne peut subir de modifications, entre l'enquête publique et son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.

8. En l'espèce, il n'est pas contesté que l'espace boisé classé litigieux couvre une superficie restreinte, de moins de trois kilomètres carré alors que le périmètre du PLUi en couvre cent soixante, et que l'insertion de cet EBC dans le PLUi découle de la prise en compte de la recommandation formulée par la mission régionale d'autorité environnementale postérieurement à l'enquête publique et préconisant d'améliorer la protection des secteurs concernés par la trame verte et bleue. Ainsi, la création de cet espace boisé classé constitue un ajout mineur qui ne remet pas en cause l'économie générale du plan local d'urbanisme et qui procède de l'enquête publique.

9. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier soumis à enquête publique était entaché d'insuffisance.

Sur la légalité interne de la délibération du 15 juin 2022 :

En ce qui concerne le classement de la parcelle en litige en zone agricole :

10. Aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / () ". Aux termes de l'article R. 151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".

11. Une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.

12. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation peut cependant être censurée par le juge administratif au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou reposerait sur des faits matériellement inexacts.

13. D'une part, la circonstance que la parcelle en litige est issue d'une division d'une unité foncière en vue de construire ayant fait l'objet d'un arrêté de non opposition à déclaration préalable en date du 8 octobre 2020 est sans incidence sur la légalité du PLUi contesté. Elle ne saurait à elle seule faire obstacle au classement de la parcelle en zone agricole dès lors que le propriétaire n'a pas de droit acquis au maintien d'un classement.

14. D'autre part, MM. B soutiennent que le classement en zone A de la parcelle cadastrée section 2 n° 353 sur le ban de la commune de Wegscheid est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'un tel classement contribue à créer une dent creuse au sein d'une zone à vocation urbaine, que cette parcelle est dépourvue de tout potentiel agricole.

15. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle appartenant aux requérants est partiellement boisée et non bâtie. Les terrains situés à l'est de cette parcelle sont directement affectés à une exploitation agricole, de même que ceux situés de part et d'autre des deux voies de circulation bordant la parcelle n° 353. Si la parcelle des consorts B est située en périphérie d'une zone urbanisée et desservie par les réseaux, elle s'insère dans un secteur à dominante rurale et de caractère agricole. Par ailleurs, ainsi que le prévoit l'orientation n° 8 du projet d'aménagement et de développement durables, traitant du " développement de l'agriculture et de l'exploitation forestière ", les auteurs du PLUi ont eu pour notamment pour objectif de " valoriser le potentiel agro-économique des espaces agricoles, notamment dans les secteurs enchâssés dans les espaces forestiers et autour des villages ", de " faire en sorte que les exploitations agricoles disposent des surfaces et des bâtiments nécessaires à leur viabilité économique " ainsi que de " préserver les espaces agricoles ayant une valeur agronomique et/ou un intérêt paysager et environnemental ". Le classement en zone agricole de la parcelle litigieuse s'inscrit dans cette orientation, et répond également aux objectifs de l'orientation n° 9 de préservation et d'amélioration d'espaces et fonctionnalités écologiques. En outre, au regard de la faible densité d'habitations dans ce secteur, la parcelle en litige ne peut pas être qualifiée de dent creuse. Enfin, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de l'avis favorable de la commission d'enquête au classement de la parcelle n° 353 en zone urbaine, dès lors que cet avis ne lie pas la CCVDS Dans ces conditions, et alors même qu'une superficie couvrant environ un quart de la parcelle est classée en zone urbaine, le classement contesté de la parcelle n° 353 en zone agricole n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne le principe d'égalité :

16. Dès lors que le classement de la parcelle cadastrée section 2 n° 353 n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation, les requérants ne sauraient utilement se prévaloir de la circonstance, à la supposer avérée, que des parcelles présentant des caractéristiques similaires voire plus sensibles sur le plan environnemental ont été classées en zone constructible. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le classement de leur parcelle en zone agricole crée une différence injustifiée de traitement entre les habitants de la commune de Wegscheid. Dès lors, le principe d'égalité de traitement n'a pas été méconnu.

En ce qui concerne le classement en espace boisé classé (EBC) d'une partie de la parcelle en litige :

17. Aux termes des dispositions de l'article R. 151-31 du code de l'urbanisme : " Dans les zones U, AU, A et N, les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : / 1° Les espaces boisés classés définis à l'article L. 113-1 ; () ". Aux termes de l'article L. 113-1 du même code : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements ".

18. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le terrain sur lequel a été institué l'espace boisé classé en litige, qui comporte plusieurs arbres ainsi qu'une haie, s'insère, ainsi qu'il a été dit, dans un secteur à dominante rurale et agricole. Il est situé entre deux espaces écosystémiques importants, à savoir d'une part à l'Ouest et au Sud, un site Natura 2000 et une ZNIEFF de type 1 et, d'autre part à l'Est, le cours d'eau du Soultzbach. Ces espaces sont identifiés comme constituant des éléments de la trame verte et bleue de la collectivité. Ainsi, l'EBC litigieux procède de la recommandation formulée par la mission régionale d'autorité environnementale de renforcer la protection des secteurs concernés par cette trame. Par ailleurs, l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme ne subordonne pas la possibilité de créer un espace boisé classé à la condition que le boisement existant présente un caractère remarquable ou une richesse écologique particulière. Les circonstances que, selon les requérants, leur parcelle est constituée d'un éboulis de pierres, de ronces, et d'un boisement pauvre et de mauvaise qualité ne fait ainsi pas obstacle à un tel classement. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la situation du terrain des requérants, non artificialisé et végétalisé, aux marges d'un espace agricole et d'un espace urbanisé, décline le point f) l'orientation n° 10 du projet d'aménagement et de développement durables tendant à la préservation et mise en valeur des qualités paysagères de la vallée, en ce qu'il permet de traiter la lisière construite de la commune de Wegscheid et de soigner la transition paysagère avec les espaces agricoles attenants. Il en décline également le point c) visant à " maintenir le rôle de couloir naturel, agricole et paysager de la Doller et de sa zone alluviale " du fait de sa proximité avec plusieurs cours d'eau et zones humides. Par conséquent, il apparaît que l'espace boisé classé querellé contribue à matérialiser le parti d'aménagement retenu par la communauté de communes et à préserver les fonctionnalités écologiques des cours d'eau et sites identifiés aux alentours.

19. D'autre part, les dispositions citées au point 17, qui n'emportent aucune privation du droit de propriété mais se bornent, sans interdire toute construction, à apporter des limites à son exercice, ne méconnaissent pas l'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Les restrictions apportées à l'exercice du droit de propriété, justifiées par l'intérêt général qui s'attache à la création ou à la préservation d'espaces boisés, ne concernent que les changements d'affectation ou les modes d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création de boisements. Par suite, le classement d'une partie de la parcelle litigieuse en espace boisé classé ne porte pas atteinte au droit de propriété de leurs propriétaires, dont ceux-ci ne sont pas privés.

20. Dans ces conditions, le classement partiel de la parcelle des requérants en espace boisé ou espace vert à protéger n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne les détournements de pouvoir :

21. En premier lieu, MM. B soutiennent que l'ancien maire de la commune de Wegscheid aurait tiré profit de sa fonction d'édile pour faire une parcelle lui appartenant classée en zone constructible et que le classement de sa parcelle en zone agricole avec une partie en espace boisé classé traduit la volonté de l'ancien maire et de son premier adjoint de nuire aux intérêts des requérants. Toutefois, MM. B n'apportent aucun élément de nature à établir que l'ancien maire de la commune de Wegscheid et son premier adjoint, qui ont occupé ces fonctions jusqu'en 2020, auraient pris une part active aux débats relatifs à l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal. Il n'est ni établi ni même allégué qu'ils auraient participé à la séance du conseil communautaire de la CCVDS au cours de laquelle le PLUi a été adopté. Dans ces conditions, la seule circonstance qu'une parcelle appartenant à l'ancien maire de la commune de Wegscheid a été classée en zone constructible alors qu'elle se situe en dehors du temps zéro du schéma de cohérence territoriale et en zone Natura 2000 ne suffit pas à caractériser un détournement de pouvoir ni à établir que le classement en zone agricole du terrain des requérants procède d'une discrimination à l'encontre de MM. B.

22. En second lieu, la circonstance alléguée selon laquelle que l'ancien maire de la commune de Wegscheid aurait procédé à une gestion de la forêt communale contraire aux principes environnementaux défendu dans le PLUi en litige est sans incidence sur la légalité de ce document.

23. Il résulte de ce qui précède que les détournements de pouvoir allégués ne sont pas démontrés.

En ce qui concerne le préjudice :

24. En se bornant à soutenir que le classement de leur parcelle en zone agricole incluant un espace protégé en application des dispositions des articles L. 153-1 et suivants du code de l'urbanisme leur a causé un préjudice financier, MM. B, qui ne peuvent être regardés comme présentant, par cette seule mention, des conclusions indemnitaires, n'établissent pas l'illégalité dudit classement.

25. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par MM. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

26. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".

27. L'exécution de ce jugement n'implique pas le prononcé de mesure d'injonction. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais du litige :

28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes de la Vallée de la Doller et du Soultzbach, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par MM. B au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de MM. B la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la communauté de communes de la Vallée de la Doller et du Soultzbach et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de MM. B est rejetée.

Article 2 : MM. B verseront la somme totale de 1 500 (mille cinq cents) euros à la communauté de communes de la Vallée de la Doller et du Soultzbach en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à M. A B et à la communauté de communes de la Vallée de la Doller et du Soultzbach.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Dulmet, présidente,

Mme Malgras, première conseillère.

Mme Perabo Bonnet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 novembre 2024.

La rapporteure,

L. Perabo Bonnet

La présidente,

A. Dulmet

La greffière,

J. Brosé

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions