mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2205899 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ASSFAM – GROUPE SOS SOLIDARITÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 et 13 septembre 2022, M. A E demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2022 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'incompétence de son signataire ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée de défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète a porté une atteinte disproportionnée au principe de liberté de circulation dans l'espace Schengen ;
- la décision portant interdiction de retour est disproportionnée au regard de sa durée ;
- elle méconnaît le droit constitutionnel de solliciter l'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, magistrat désigné,
- les observations de Me Bohner, avocat de M. E, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens et soutient, en outre, que M. E n'a pas été destinataire de la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 18 mai 2022, la notification ayant été faite à son ancienne adresse, de sorte que la préfète du Bas-Rhin ne pouvait prendre à son encontre une décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;
- les observations de M. E, assisté de M. F, interprète en langue géorgienne.
La préfète du Bas-Rhin n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. En premier lieu, le requérant fait valoir qu'il n'a pas été destinataire de la décision portant obligation de quitter le territoire français en date du 18 mai 2022. Il ressort des pièces du dossier que cette décision a été présentée à la dernière adresse connue du requérant, à savoir le SPADA 67 de Strasbourg, le 19 mai 2022, par lettre recommandée, et est revenu à la préfecture avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Si l'intéressé soutient qu'il est désormais domicilié au CCAS de Saverne, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il en aurait informé la préfecture du Bas-Rhin avant l'édiction de la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Par suite, le moyen tiré du défaut de notification de ladite décision ne peut qu'être écarté.
2. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français devrait être annulée, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, s'agissant des motifs d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français en cause. Dès lors, un tel moyen ne peut qu'être écarté.
3. En troisième lieu, la préfète du Bas-Rhin a, par un arrêté du 4 mars 2022, donné délégation à M. B C à l'effet de signer ou de viser tous actes, décisions et pièces relevant des attributions du directeur des migrations et de l'intégration. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué, signé par M. B C, serait entaché du vice d'incompétence doit être écarté.
4. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, tenir compte des critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Par ailleurs, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
5. Pour justifier l'adoption d'une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. E pendant une durée d'un an, la préfète du Bas-Rhin a tenu compte de son maintien sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, de l'absence de liens personnels et familiaux en France stables, anciens et intenses, et du fait qu'il ne justifie d'aucune circonstance humanitaire empêchant le prononcé d'une interdiction de retour. La décision attaquée, quand bien même elle ne viserait pas expressément l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni une mention de ce que la préfète estime que l'intéressé ne constitue pas une menace pour l'ordre public, comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
6. En cinquième lieu, compte-tenu de ce qui a été dit au point 5, le moyen tiré de ce que la préfète du Bas-Rhin aurait entaché la décision attaquée d'erreur de droit en ne prenant pas en compte les quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut qu'être écarté.
7. En sixième lieu, compte-tenu des éléments sur lesquels la préfète du Bas-Rhin s'est fondée, rappelés ci-dessus, et en se bornant à soutenir qu'en sa qualité de ressortissant géorgien il peut en principe circuler dans l'espace Schengen sans justifier d'un visa, le requérant n'établit pas qu'en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, la préfète du Bas-Rhin aurait porté une atteinte grave et disproportionnée au principe de liberté de circulation ou entaché sa décision d'erreur d'appréciation en retenant une durée d'interdiction de retour sur le territoire français d'un an.
8. En dernier lieu, si le requérant soutient que la décision attaquée méconnaît le droit de solliciter d'asile, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a déjà fait l'objet de deux décisions portant obligation de quitter le territoire français auxquelles il s'est délibérément soustrait, qu'il n'a jamais entrepris de démarches tendant à la régularisation de sa situation en France et qu'il n'établit pas avoir effectué une demande d'asile en France. Par suite, le moyen qui n'est d'ailleurs pas assorti de précisions suffisantes et tiré de la méconnaissance du droit de solliciter l'asile ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète du Bas-Rhin en date du 9 septembre 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Prononcé en audience publique le 20 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
M. DLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026