vendredi 4 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2206043 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (2) |
| Avocat requérant | GAUDRON |
Vu les procédures suivantes :
I.- Par une requête enregistrée le 15 septembre 2022, sous le numéro 2206043,
Mme D A, représentée par Me Gaudron, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 août 2022 par laquelle le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des articles
L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
Mme A soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- son droit d'être entendu a été méconnu ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la Convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur le délai de départ volontaire :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur le pays de renvoi :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle se fonde sur une décision illégale ;
- elle méconnaît les articles 3 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3-1 de la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle se fonde sur une décision illégale ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de la CEDH et l'article 3-1 de la Convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II.- Par une requête enregistrée le 15 septembre 2022, sous le numéro 2206048, et un mémoire enregistré le 14 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Gaudron, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 août 2022 par laquelle le préfet de la Moselle lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des articles
L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- il se fonde sur un vice d'incompétence ;
- la décision est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen ;
- le préfet n'apporte pas la preuve de l'existence de l'avis du collège des médecins de l'OFII ;
- la régularité de la composition du collège des médecins de l'OFII n'est pas établie ;
- l'avis est irrégulier faute de se prononcer sur les soins dans le pays d'origine ;
- la décision du directeur général de l'OFII fixant la composition du collège n'est pas établie ;
- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la Convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- son droit d'être entendu a été méconnu ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la Convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur le délai de départ volontaire :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur le pays de renvoi :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle se fonde sur une décision illégale ;
- elle méconnaît les articles 3 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3-1 de la Convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle se fonde sur une décision illégale ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de la CEDH et l'article 3-1 de la Convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant ;
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés par cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boutot, magistrat désigné ;
- les observations de :
- Me Carraud, substituant Me Gaudron, qui rappelle le parcours des requérants et la situation de M. A, notamment sur le plan médical ;
- M. et Mme A, assistés d'une interprète en langue albanaise, qui soulignent qu'ils ne sont pas en sécurité dans leur pays d'origine.
Le préfet de la Moselle n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes nos 2206043 et 2206048 ayant fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement.
Sur le moyen tiré du vice d'incompétence des décisions contestées :
2. Par un arrêté du 31 décembre 2020 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 4 janvier 2021, le préfet de la Moselle a donné délégation à M. Delcayrou, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer tout arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de
M. E, signataire des décisions contestées, manque en fait et doit être écarté.
Sur le refus de titre de séjour de M. A :
3. Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger conteste une décision portant obligation de quitter le territoire fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 et une décision relative au séjour intervenue concomitamment, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin statue par une seule décision sur les deux contestations ". M. A ayant fait l'objet d'une décision portant refus de titre de séjour prise concomitamment à une obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement de l'article L. 611-1 (4°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision relative au séjour.
4. En premier lieu, la décision comportant les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, elle est, dès lors, régulièrement motivée, et il ne résulte d'aucun des termes de la décision contestée que celle-serait entachée d'un défaut d'examen.
5. En deuxième lieu, le préfet de la Moselle produit en défense l'avis émis
le 25 mai 2022 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), de sorte que le moyen tiré de son inexistence manque en fait et doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'avis du 25 mai 2022 a été établi par les Drs. M, D-C et N, et que le rapport médical préalable a été établi par le
Dr. S.-A En outre, par une décision du 7 juin 2021 modificative de la décision
du 17 janvier 2017, publiée sur le site de l'OFII, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a désigné le collège des médecins à compétence nationale de l'OFII, qui comprend lesdits médecins. Par suite, le moyen tiré de la composition irrégulière du collège auteur de l'avis manque en fait et doit être écarté.
7. En quatrième lieu, dès lors que le collège des médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il n'était pas tenu de se prononcer sur l'existence de soins appropriés dans le pays d'origine. Le moyen doit être écarté.
8. En cinquième lieu, ainsi qu'il vient d'être dit, l'avis du 25 mai 2022 mentionne que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Pour contester cet avis, le requérant se prévaut notamment des certificats médicaux des 2 septembre 2020 et 22 novembre 2021, qui indiquent que le requérant nécessite une prise en charge spécialisée avec des séances d'ergothérapie et kinésithérapie. Compte tenu de la nature de cette prise en charge, qui consiste pour l'essentiel dans des soins de rééducation, il n'est pas établi que le collège aurait inexactement apprécié l'état de santé du requérant. Par suite, la circonstance, à la supposer même établie, que le requérant ne pourrait bénéficier d'une prise en charge adaptée en Albanie, est sans incidence. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. En sixième lieu, M. A invoque la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la Convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant. Toutefois, son entrée en France, en novembre 2019, est récente, son épouse est également en situation irrégulière, et le requérant n'apporte pas d'éléments suffisamment probants de nature à établir une intégration particulière. Il n'établit pas davantage être isolé dans son pays d'origine, ni que ses enfants ne pourraient reprendre dans leur pays d'origine leur scolarité peu avancée. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.
10. En sixième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est assorti d'aucun élément spécifique et ne peut dès lors qu'être écarté pour les mêmes motifs qu'aux points 8 et 9.
Sur les obligations de quitter le territoire français :
11. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et
L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ".
12. En premier lieu, les décisions contestées sont régulièrement motivées en droit comme en fait et il ne résulte d'aucun des termes de celles-ci qu'elles seraient entachées d'un défaut d'examen. Le moyen ne peut qu'être écarté.
13. En deuxième lieu, Mme A soutient que son droit d'être entendue a été méconnu. Toutefois, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise après que la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du défaut de reconnaissance de cette qualité ou de ce bénéfice. L'étranger qui présente une demande d'asile ne saurait ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, il pourra, si la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui a été définitivement refusé, faire l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire français, et le cas échéant, d'une interdiction du territoire français. Il lui appartient, lors du dépôt de sa demande d'asile, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur à la préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles, et notamment celles de nature à permettre à l'administration d'apprécier son droit au séjour au regard d'autres fondements que celui de l'asile. En l'espèce, Mme A, qui a sollicité son admission au séjour en qualité de demandeur d'asile, a ainsi à l'occasion de cette demande été amenée à préciser à l'administration les motifs pour lesquels elle demandait son admission au séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est intervenue en méconnaissance du droit d'être entendue. Le moyen doit être écarté.
14. En troisième lieu, il n'est établi par aucun élément que le préfet de la Moselle se serait cru en situation de compétence liée pour adopter les décisions contestées.
15. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède qu'il n'est pas établi que M. A devrait se voir reconnaître de plein droit un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme A n'établit quant à elle par aucun élément qu'elle serait éligible à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code. Le moyen doit être écarté.
16. En cinquième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 8 que le moyen soulevé par M. A et tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 (9°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
17. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la Convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant, en l'absence d'éléments spécifiques et en dépit des efforts de Mme A dans l'apprentissage de la langue française, ne peuvent qu'être écartés pour les mêmes motifs qu'au point 9.
18. En septième lieu, en l'absence d'éléments spécifiques, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté pour les mêmes motifs qu'aux points 8, 9 et 17.
Sur le pays de renvoi :
19. En premier lieu, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est dès lors régulièrement motivée, notamment sous l'angle des risques encourus dans le pays d'origine.
20. En deuxième lieu, il ne résulte d'aucun des termes des décisions contestées que celles-ci seraient entachées d'un défaut d'examen.
21. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité des obligations de quitter le territoire français doit être écarté.
22. En quatrième lieu, les requérants, dont la demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, reprennent le récit déjà produit devant cette instance sans apporter d'éléments nouveaux. Si, à l'audience, les requérants insistent sur le fait qu'ils ne sont pas en sécurité dans leur pays d'origine, ces déclarations ne peuvent être regardées comme établies, faute de preuve objective, et alors même que l'OFPRA a estimé que les déclarations des requérants étaient peu étayées et peu circonstanciées Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
23. En cinquième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la Convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant, en l'absence d'éléments nouveaux, ne peuvent qu'être écartés pour les mêmes motifs qu'aux points précédents.
Sur les interdictions de retour sur le territoire français :
24. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français.
Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
25. En premier lieu, les décisions contestées ont égard à la durée de présence des requérants en France, mentionnent l'absence de liens stables sur le territoire, l'absence de circonstances humanitaires, le fait qu'ils ne représentent pas une menace à l'ordre public et qu'ils n'ont pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Dans ces conditions, les décisions contestées sont régulièrement motivées au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit être écarté.
26. En deuxième lieu, il ne résulte d'aucun des termes des décisions contestées qu'elles seraient entachées d'un défaut d'examen.
27. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé du caractère exécutoire de cette décision et de ce que la durée pendant laquelle il lui est interdit de revenir sur le territoire commence à courir à la date à laquelle il satisfait à son obligation de quitter le territoire français ". Le moyen tiré de la méconnaissance de cet article, relatif aux conditions de notification des décisions contestées, doit être écarté comme inopérant.
28. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité des obligations de quitter le territoire français doit être écarté.
29. En cinquième lieu, il n'est établi par aucun élément que le préfet de la Moselle aurait méconnu l'étendue de sa compétence. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
30. En sixième lieu, les requérants n'établissent disposer d'aucun lien susceptible de protection ni ne justifient d'une quelconque intégration. Dans ces conditions, ils ne justifient d'aucune circonstance humanitaire au sens de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et il n'est pas non plus établi qu'en fixant à un an sur les deux possibles, le préfet de la Moselle aurait pris à leur encontre une décision emportant des conséquences disproportionnées par rapport aux buts poursuivis.
31. En septième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la Convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant, et de l'erreur manifeste d'appréciation, en l'absence d'éléments spécifiques, ne peuvent qu'être écartés pour les mêmes motifs qu'aux points 8, 9 et 17.
32. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par
M. et Mme A à fin d'annulation doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1 : Les requêtes de M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, M. B A,
à Me Gaudron et au préfet de la Moselle.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public, par mise à disposition au greffe, le 4 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
L. C
Le greffier
N. EL ABOUDI
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Nos 2206043,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026